III
ment de ce travail, et le début de l'artiele que je préparais. La rapide succession des événements, et de tristes circonstances ne me permirent pas de donner suite à ce dessein. J'y ai d'autant moins de regret que c'était, dans l'état des esprits, enfoncer une porte ouverte. L'éditeur du prospectus des associations bretonnes poursuivi à Rouen, fut acquitté à l'unanimité. De même, à Paris, sur le même chef, les éditeurs du Journal du commerce.
J'avais, dès lors, autre chose à penser.
En nous établissant à Broglie pour le reste de l'année, nous avions espéré goûter, avant l'orage qui grondait à l'horizon, un dernier intervalle de repos et de félicité domestique. Ma belle-sœur était venue nous rejoindre avec son tout jeune fils. C'était l'espoir du nom qu'il portait et le lien de nos deux familles; rien ne nous donnait lieu de craindre pour lui. A peine avait-il passé quelques jours avec nous, qu'il fut atteint d'une maladie rare à cet âge, et qui se développa avec une telle rapidité, que nous fûmes obligés d'envoyer précipitamment à Paris chercher Lerminier. Il vint surle-champ et trouva le mal assez grave pour demander que l'enfant fût transporté à Paris. Samère l'y conduisit, et bientôt après, le mal s'étant aggravé,
\ de plus en plus, ma femme l'y rejoignit et je la suivis de près.
Nous le perdîmes le 7 novembre.à l'âge d'un an, onze mois et vingt-sept jours.
Les restes de ce dernier reste d'une famille à jamais illustre furent reconduits à Coppet, et déposés au pied de son père par sa mère infortunée. Ma femme l'y accompagna et ne revint à Paris, où j'allai l'attendre avec mes enfants, que vers la fin de novembre.
Ces derniers mois ont été, pour moi, trop pleins de préoccupations douloureuses pour qu'il en reste autre chose dans mon souvenir. Je ne pris aucune part aux agitations politiques qui continuèrent à se développer dans l'intérieur de la France. L'année fut féconde, à l'extérieur, en événements dignes d'intérêt : la fin, glorieuse pour la Russie, de sa guerre avec la Turquie, la résolution prise par le cabinet du duc de Wellington de se ranger enfin à l'émancipation catholique en signalèrent le cours ; c'était bien la peine de se révolter contre l'avènement de M. Canning, de hâter la fin de cet homme illustre et généreux, de l'abreuver d'amertume, pour venir chanter la palinodie sur son tombeau. Mais je n'ai rien su de ces événements que ce qui se trouve partout.