II
dépend. Les plus beaux souvenirs de la race humaine se rattachent à ces époques glorieuses où ■ les peuples qui ont civilisé le monde, et qui n'ont point consenti à passer sur la terre en s'ignorant eux-mêmes, comm e des instruments inertes dans les mains de la Providence, ont brisé leurs fers, attesté leur grandeur morale, et laissé à la postérité de magnifiques exemples de liberté et de vertu. Les plus belles pages de l'histoire sont consacrées à célébrer ces généreux citoyens qui ont affranchi leur pays; et, lorsque des hauteurs où cette pensée nous transporte, on abaisse ses regards sur l'état actuel de l'Europe, lorsqu'on songe que ce sont ces mêmes cabinets que nous avons vus pendant trente ans si complaisants envers tous les gouvernements nés de notre Révolution, qui ont successivement traité avecla Convention, recherché l'amitié du Directoire, brigué l'alliance du dévastateur du monde, lorsque l'on songe que ce sont ces mêmes ministres, que nous avons vus si empressés aux conférences d'Erfurlh, qui viennent maintenant gravement, de leur souveraine science et pleine • autorité, flétrir de noms injurieux la cause pour laquelle Ilampden est mort au champ d'honneur et lord Russell sur l'échalaud, en vérité le sang monte
au visage; on est tenté de se demander : Qui sontils enfin ceux qui prétendent détruire ainsi d'un trait de plume nos vieilles admirations, les enseignements donnés à notre jeunesse, et jusqu'aux notions du beau et du juste ? A quel titre oseraientils nous dire, comme le pontife du Très-Haut disait au Sicambre qui s'est assis le premier sur le trône des Gaules : « Brûle ce que tu as adoré, et adore ce » que tu as brûlé. »
Si je transcris tout au long des fragments d'un discours désormais oublié comme son sujet et son auteur, ce n'est point par vanité; j'en ai eu dans mon temps tout comme un autre; j'en ai peutêtre encore à mon insu; mais ici ce que je veux faire voir, c'est jusqu'où pouvait ail er, en pleine Restauration, que dis-je! en pleine réaction royaliste, dans une Chambre en grande partie composée d'émigrés, de gens de cour et de gens d'Église, la liberté de la parole, lorsque l'orateur était dans le vrai, et ne pouvait être soupçonné d'arrière-pensée. J'avais été aussi loin qu'aucun orateur dans le parlement d'Angleterre à aucune époque ; j'avais été beaucoup plus loin que n'aurait été Manuel ; non que j'eusse plus de courage; personne n'en pouvait avoir plus que lui ; mais parce qu'il était suspect, à
justetitre, et qu'ajuste titre, moi, je ne Tétais pas.
Je poursuivis, et, venant au point scabreux qui lui avait porté malheur : « On s'efforce, repris-je, de nous représenter la révolution d'Espagne sous les couleurs les plus sinistres, comme un assemblage monstrueux de tous les genres de violences, comme souillée ou prête à se souiller de tous les crimes, faisant ruisseler le sang par torrents, nourrissant dans l'ombre le régicide, qui lève déjà sa tête hideuse.
» Si ces assertions étaient fondées ; si notre expédition en Espagne n'avait d'autre but que d'arrêter l'effusion du sang humain; surtout si l'invasion étrangère n'était pas infiniment plus propre à redoubler de tels malheurs qu'à les prévenir, j'y réfléchirais.
» Mais, quand on nous dépeint la révolution d'Espagne sous des couleurs si horribles, de quels crimes nous parle-t-on? Est-ce de ceux qu'elle aurait déjà commis, ou de ceux que, selon nos adversaires, elle est destinée à commettre un jour?
» Si c'est des derniers, je proteste. Je ne connais à nul homme, sur la terre, le droit d'imputer à des liommes, ses semblables, des forfaits abominables, parce que, dans les préoccupations ou les préven-
lions de son esprit, il présume que, de tels crimes, ces hommes les commettront quelque jour.
» Je ne reconnais à nul homme sur la terre le droit d'accabler des hommes, ses semblables, des noms les plus odieux, uniquement parce qu'il conjecture, que de tels noms, ces hommes les mériteront à l'avenir.
ï Quoi ! parce que vous croyez remarquer quelques rapprochements entre la constitution des Corlès et celle de 1791, parce que vous trouvez quelque ressemblance entre deux ou trois événements plus ou moins marquants de notre Révolution, et deux ou trois autres événements de celle d'Espagne, vous vous croyez en droit de conclure que le règne de la Terreur va commencer en Espagne, et y étaler toutes ses atrocités ! Et que diriezvous si des esprits pervers signalant entre la restauration de France et celle d'Angleterre quelque analogie plus ou moins frappante, osaient en induire que les excès qui ont souillé les dernières années du règne de Stuart nous sont réservés ; que nous verrons quelque jour la liberté civile et religieuse étouffée, les échafauds dressés dans toutes nos provinces, les Jefferies et les Kirkes insultant à leurs victimes, avant de les immoler!
Vous repousseriez avec indignation une semblable prophétie; vous auriez raison; je ferais comme vous ; mais ne tombez pas dans la même faute.
•» J'ai lu, dans un document officiel qui porte le nom d'un ministre du roi, cette phrase qui, je l'avouerai, m'a confondu : Je ne veux pas calomnier les Espagnols, mais je ne veux pas les estimer plus que mes compatriotes. La France révolutionnaire enfanta une Convention nationale; pourquoi V Espagne révolutionnaire ne produirait-elle pas la sienne ? Quel incroyable abus de l'antithèse ! quel étrange emploi de la similitude et de l'induction!
» Et moi aussi, je suis Français, non pas meilleur, sans doute, mais aussi bon que le ministre auteur de celte sentence; mais je suis homme avant tout, et je ne désespère point de mes semblables ; je ne les crois pas destinés à tourner éternellement dans un même cercle de fureurs et de forfaits; mais je suis citoyen d'un pays libre, et à ce titre je proleste, non sans quelque émotion, contre cette proposition inouïe: « Parce queje présume, bien ou > mal à propos, que tu commettras un jour quelque » crime, je suis nedroit, moi qui n'ai sur toi aucune » autoiilé moi a qui tu n'as faitaucun mal, moi qui
> le suis étranger, de te saisir et de l'exterminer dès » à présent. »
» J'ajouterai que si, ce dont nous préserve le Ciel! les pressentiments de nos adversaires étaient fondés, si les jours du roi d'Espagne étaient réellement en danger, si sa personne était effectivement livrée à des hommes aussi violents, aussi emportés, aussi exaltés dans leurs passions qu'on nous les représente, je ne connaîtrais rien déplus imprudent ni de plus immoral que de faire retentir sans cesse ces horribles mots de régicide et de parricide; je ne connaîtrais rien de plus imprudent ni de plus immoral que d'accabler ces hommes des épithèles de traîtres et de scélérats; que de les représenter à eux-mêmes comme placés sous le joug d'une aveugle fatalité et entraînés vers l'abîme par une pente irrésistible. Xh\ gardez-vous, si vos appréhensions sont sincères, de façonner ainsi leurs oreilles à ces noms abominables ; gardez-vous d'étouffer dans leur cœur ce frémissement involontaire que l'aspect du crime inspire toujours chez l'homme qui ne l'a pas encore résolu; gardez-vous surtout de déguiser à leurs yeux fascinés, sous les idées de danger, de résistance et d'indépendance nationale, sous ces idées qui ne sont jamais sans quelque grandeur,
l'épouvantable idée d'un épouvantable forfait! » Ces dernières paroles furent accueillies avec une approbation unanime. C'était pourtant à peu près celles qu'on avait violemment étouffées dans la bouche de Manuel.
Je descendis de la tribune sans avoir été interrompu par le moindre signe d'improbation; la Chambre m'avait écouté avec ce frémissement involontaire et continu qu'on éprouve en regardant un homme marcher sur une rive escarpée; lorsque l'impression de mon discours fut demandée, selon l'usage, le président la mit aux voix en balbutiant; pas une main ne se leva pour la refuser, M. de Chateaubriand remit sa réponse au lendemain. Celte réponse, il ne m'appartient point de l'apprécier, mais il m'est permis de rappeler qu'à tort ou à raison, elle fut trouvée, d'un commun aveu, faible, vague et désulloire ; j'ajouterai, ce qui est caractéristique, que, de toutes les attaques dirigées par moi contre sa politique, c'est-à-dire contre la politique dont il était le principal auteur et l'organe officiel, une seule parut l'avoir touché au défaut de la cuirasse; c'était le reproche d'employer des phrases sonores et des arguments de rhéteur. Je m'empressai, comme il convenait, de
panser la plaie, en désavouant un peu ironiquement toute allusion personnelle ; il en prit acte V et fit insérer ce certificat de bon langage dans une note insérée au pied de son discours, et soigneusement reproduite dans ses œuvres complètes.
La discussion finit là et fut reprise le mois suivant dans les deux Chambres à l'occasion d'une loi sur le rappel des vétérans, loi qui ne fut point contestée dans la Chambre des députés, veuve de toute opposition, mais qui le fut dans celle des pairs par M. Mole; c'était un discours préparé pour la précédente discussion et resté en portefeuille.
Tout étant désormais dit, redit, contredit, le gant jeté de ce côté-ci des Pyrénées ayant été résolument relevé de l'autre, restait à passer de la parole à l'action. Le jour même du vote définitif, à l'instant où le président, du haut de son fauteuil, en faisait sonner le chiffre à haute voix, M. de Ghauvelin, qui assistait à la séance en simple amateur, se tournant vers ses voisins de droite : — Messieurs, leur dit-il, maintenant la parole est aux événements. Il n'avait que faire de le dire, chacun le sentait au fond de l'âme; chacun voyait bien qu'il y allait du tout de tout, pour la maison de
Bourbon et pour ses adversaires; chacun voyait que c'était jouer à pairou non, quitte ou double. >Le dauphin était parti de Paris dans les premiers jours de mars. Arrivé à Bayonne, il avait trouvé l'armée d'expédition, cette armée dont la formation datait de l'année précédente, en plein désarroi; la défiance dans tous les corps; la trahison dans quelques-uns; rien de prêt; point d'approvisionnements disponibles; point d'équipages attelés ; en face des avant-postes, une petite armée de Condé révolutionnaire, dirigée par Garrel et par Fabvier, tendant les bras à ses frères d'armes, et répandant à profusion dans leurs casernes une indigne chanson de Béranger; enfin, pour^ coup de grâce, la police de Paris, installée au beau milieu du quartier général, faisant arrêter à grand fracas le premier aide de camp du chef de l'état-major, et le ministre de la guerre lui-môme, accourant au bruit, sans savoir où donner de la tête, ni auquel entendre.
Bien en prit au roi Louis XVIII d'avoir donné le commandement de cette armée à l'aîné de ses neveux plutôt qu'au cadet, et, en vérité, plutôt qu'à tout autre. Un instant d'hésitation, tout étaity perdu ; l'armée échappait à son chef; elle suivait
l'indigne provocation du chansonnier; elle faisait ïîemi-tour et marchait sur Paris.
\Le bon sens et l'honnêlelé du dauphin, sa présence d'esprit, sa fermeté et sa décision furent admirables; le mot n'est pas trop fort; c'est à la résolution qu'il prit sur-le-champ et que lui seul, par caractère autant que par position, pouvait prendre, c'est à la résolution hardie de renvoyer, sans l'entendre, le ministre de la guerre; de confier le trésor de l'armée et la direction de tous les services au génie aventureux mais fécond en ressources d'Ouvrard; de se confier lui-même à la fidélité des officiers généraux qu'on lui dénonçait, et à la puissance qu'exerce l'honneur du drapeau sur le soldat même ébranlé, que fut dû le succès de l'entrée en campagne, et, par là, celui de la campagne elle-même.
Je eviendrai sur ce sujet en parlant de l'occasion qui s'est offerte à moi un peu plus tard, de rendre à la conduite du dauphin, en tout ceci, une éclatante justice, occasion que je saisis avec empressement, afin de séparer, autant qu'il dépendait de moi, ma cause de celle des révolutionnaires, dont je ne partageais ni les haines implacables, ni les coupables menées.
Le début de la campagne ayant pleinement réussi, la contre-émigration s'étant dispersée sans coup férir, les populations recevant nos soldats à bras ouverts et notre argent à mains plus ouvertes encore, le terrain de la discussion était devenu très mauvais pour nous. Mieux nous aurait valu faire le mort pendant quelque temps et laisser naître les difficultés avant de revenir à la charge; mais, en politique, l'opposition propose et le ministère dispose; le 5 avril, le ministère jugea convenable d'appeler sous les drapeaux la classe de 1823, laquelle, aux termes de la loi du recrutement ne devait l'être qu'en 1824; la loi présentée à la Chambre des députés le 10, y passa le 23 à peu près sans discussion, et nous fut portée le 25.
Que faire?
Devions-nous imiter le silence de l'opposition dans l'autre Chambre, sans avoir la même excuse? Devions-nous, au contraire, accepter le cartel, et renouveler l'attaque, au risque certain d'être vaincus numériquement, au risque presque certain d'être abandonnés par l'opinion, qui nous avait soutenus jusque-là, par celte opinion béate et badaude qui se règle sur le succès du moment. Stullissimiis rerum htimanarum judex eventus.
Tout bien pesé, nous jugeâmes qu'il y allait de notre honneur de persévérer, sauf à changer un peu de thème, et à diriger nos efîorts vers le côté faible de l'ennemi.
Les documents déposés récemment, en Angleterre, sur le bureau de la Chambre des communes, nous suggérèrent ce thème nouveau, en nous mettant sur la voie des questions posées et des engagements pris à Vérone, engagements qui nous autorisaient à conclure que, dans notre expédition d'Espngne, les armées del'Auiriche, de laPtusseet de la Russie formaient, en quelque sorte, l'arrièregarde de la nôtre. Nous vîmes là, et notre erreur, si toutefois c'en était une, n'avait rien que de naturel, nous vîmes là, dis-je, se dérouler ce plan d'asservissement universel dont la Sainte-Alliance semblait être le prélude et le programme, ce plan d'assurance mutuelle entre les grandes puissances contre les puissances de second ordre et contre leurs propres sujets, qui n'allait à rien de moins que faire de l'Europe une monarchie universelle en nom collectif; nous y vîmes, d'avance, en cas de revers pour nos armes, les armées étrangères traversant, occupant la France, sous prétexte de lui prêter main-forte.
C'est en ce sens que M. Mole ouvrit le feu par une argumentation habile et vigoureuse, qui, bientôt après, reproduite et commentée par M. de Barante, contraignit M. de Montmorency à venir s'expliquer, tant bien que mal, sur ce qui avait été dit et fait, demandé et obtenu au congrès de Vérone; bref, à nous régaler sur ce sujet d'une version toute nouvelle et qui ne cadrait pas trop avec celle de son successeur, moins encore avec celle du ministère britannique.
Cette contradiction, qui trahissait la diversité des vues et des conduites, ne permit pas à M. de Chateaubriand de garder le silence; il s'y était attendu, d'ailleurs; car il avait son discours en poche; mais, comme il arrive presque toujours en pareil ca% ce discours préparé d'avance, n'ayant pas prévu les incidents du moment et ne répondant guère aux objections nouvelles, parut froid, embarrassé, décousu, ne satisfit personne et me fit beau jeu.
Je n'en profitai que trop bien, car j'allai trop loin; trop, veux-jc dire, quant au tempérament de la Chambre qui m'écoutait, et quant à l'intérêt actuel de ma cause; car, du reste, je ne dis rien qui dépassât les limites d'une discussion légi-time,dans un pays libre et sous un gouvernement régulier.
J'acceptai de grand cœur et de prime abord tous les défis qu'on nous portait; j'éventai en quelque sorte tous les pièges en les mettant à nu, en nommant hommes et choses de leur propre et vrai nom; je pris pied, en rendant coup pour coup, sur tous les terrains où l'on faisait mine de nous attirer.
Au reproche d'appeler de nos vœux la paix, en refusant au gouvernement des hommes et des subsides pour la conquérir, je répondis que, la guerre étant injuste et absurde, le vrai moyen d'y couper court, c'était de la rendre impossible, et, par là, de renverser une administration dont la guerre était l'œuvre, l'intérêt pressant, la condition d'existence.
Au reproche de réduire la France à l'isolement en Europe, de la priver désormais de tout allié, aii cas qu'elle rompît les engagements pris à Vérone, je répondis qu'à Vérone nous étions allés chercher des maîtres et non des alliés; qu'on y avait; fait de notrearmée l'avant-garde, le porte-drapeau, ' le héraut d'armes de la Sainte-Alliance; qu'un pas' de plus, elle allait cesser d'être aux ordres du roi pour passer aux ordres d'auxiliaires qui la feraient marcher et combattre bon gré, mal gré, l'cpée dans les reins.
Et ce que j'avançais, je le prouvais pièces en main.
M. de Montmorency avait souscrit les engage- - ments de Vérone, ou plutôt il les avait provoqués, de son chef et contre ses instructions formelles. Le roi, le cabinet l'avaient désavoué; il avait dû se retirer; on s'était efforcé de faire bande à part et d'entrer dans une voie séparée : peine perdue; il avait fallu y renoncer et déclarer la guerre à son corps défendant.
« L'avenir est écrit là, disais-je.
» Si nous étions jamais contraints par la fortune à rouvrir avec le gouvernement des Gortès quelques négociations, à traiter, en- un mot, avec la révolution espagnole, il faudrait, pour me servir des expressions fameuses de M. le président du conseil, nous préparer à la défendre sur le Rhin.
» Serait-il temps alors de répondre à ceux qui demanderaient avec une douloureuse anxiété : « Les > étrangers vont-ils traverser la France? » serait-il temps, dis-je, de leur répondre avec la confiance que vient d'exprimer M. le ministre des affaires étrangères « Jamais ! » Et comment la France pourrait-elle recevoh' en Espagne les secours matériels
qu'elle a demandés à ses alliés, sans leur ouvrir un passage ? Il faudrait donc se résigner à les voir s'échelonner sur notre territoire, établir leurs lignes de communication dans nos départements, tenir garnison dans nos villes, Paris devenir à son tour le siège du congrès et la Chambre y délibérer désormais sous les yeux des souverains avec ce degré de liberté dont ont joui de 1772 jusqu'à 1795 les diètes de la Pologne ! »
» Dès lors, où en sommes-nous?
» Nos ministres n'appellent pas les armées étrangères à Dieu ne plaise! ils se mettront môme en mesure de s'opposer à leur venue; mais que leur diront-ils pour les arrêter? Invoqueront-ils le principe sacré de l'indépendance des États? Qu'en auront-ils fait, de ce principe? N'auront-ils point établi en point de doctrine et réalisé en fait cette abominable maxime que, sitôt qu'un gouvernement aperçoit au sein d'un autre État quelques symptômes de désordres, quelque agitation qui décèlent les progrès de l'esprit novateur ou la violence des factions, il est en droit d'envahir cet État à main armée, de bouleverser ses institutions, et de l'occuper militairement?
» Essayeront-ils de résister? Mais où seront leurs