‹ Souvenirs, 1795-1866:Chapitre 122 sur 223 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Nommé à Palerme. — Visite d'adieu au roi de Prusse. — J'expose à Frédéric-Guillaume IV mes idées sur l'esprit public de la Prusse. — Je refuse un titre prussien de comte. — Aux eaux de Kissingen. — Le docteur Maas. — Le baron de Marshal. — A Neuilly. — Entretien avec Mme la duchesse d'Orléans. — Encore M. Guizot. — Curieux propos du roi de Prusse. — Ce que m'a dit le comte de Bûlow des projets d'entrevue de Frédéric-Guillaume IV et de Louis-Philippe. — Susceptibilités du gouvernement prussien.

Kissingen, 26 juin 1845.

Nommé consul général à Palerme, par ordonnance royale du 12 mars, j'ai quitté Danzig, le 20 mai, laissant dans cette ville, où j'ai séjourné dix ans,« des regrets tels que nul étranger n'en a jamais fait éprouver », selon la lettre que m'a écrite, à cette occasion, le président de la Régence.

En arrivant à Berlin, j'ai écrit au maréchal de la Cour pour réclamer l'honneur de voir le Roi, avant de quitter la Prusse* Frédéric-Guillaume IV m'a aussitôt fait inviter à dîner à Potzdam. Au débarcadère du chemin de fer, une voiture de la Cour m'attendait pour me conduire au château. Le dîner était de vingt-deux personnes, au nombre desquelles se trouvaient le prince co-régent de Hesse-Cassel, le comte de Westmoreland, ministre d'AngleteiTe, plusieurs généraux, et quatre dames d'honneur de la Reine, dont trois abominablement laides.

La Reine m'a accueilli avec beaucoup de bonté et m'a adressé plusieurs fois la parole avant et après le dîner. Quant au Roi, il a été parfait, et plus bienveillant encore que je n'eus pu le supposer. Après le dîner, il m'a saisi la main et m'a entraîné dans l'embrasure d'une fenêtre du grand salon, du côté des cours du palais. Gardant une main dans la sienne, il m'a,

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