‹ Souvenirs, 1795-1866:Chapitre 149 sur 223 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

C'est ù celte même Mme Flocon qu'on attribue d'avoir dit, en montant dans les voitures de la Cour, dont tous les « austères provisoires » s'étaient emparés : « A présent, c'est nous qui sont les princesses! » Le fait est que, d'être princesses, cela changeait en effet ces dames!...

Le onzième « Sage » fut M. Albert, affectant de se dire ou- VTieT, et qui est maintenant au donjon de Vincennes, pour avoir pris part, le 15 mai de cette année, à l'attentat commis sur l'Assemblée nationale, en compagnie de Blanqui, de Barbes et de Raspail.

Pour satisfaire leurs passions et essayer leurs utopies, tous ces hommes n'ont pas craint de jeter leur pays dans tous les désordres et les déchirements des révolutions, s'associant à des hommes plus déplorables encore par leur exagération ou leurs antécédents.

Mais ce n'est ni l'histoire de mon temps que je veux retracer en détail, ni mes impressions sur les événements généraux; ce sont des souvenirs personnels que j'ai toujours eu pour but de consigner dans ce mémorial. Quand je rouvrirai mon journal, ce sera donc pour retourner à Livourne et pour noter ce qui se rapporte plus particulièrement au séjour que j'ai fait dans cette ville, depuis les derniers jours du mois de novembre 1847 jusqu'à novembre dernier, c'est-à-dire pendant près d'un an.

Avant de poser aujourd'hui ma plume, je veux cependant transcrire ici une anecdote courte et bonne, qui vient de m'être à l'instant contée par le toujours gai et spirituel Tellier de Blanriez, retour de Jersey.

Rencontrant sur une place publique de Saint-Hélier M. de Salvandy, ce dernier lui dit avec fatuité : « Vous voyez, je suis sur mon rocher de Sainte- Hélène!!! »

La bonne fée qui a veillé sur les destinées de M. de Salvandy omit de lui départir le don de la modestie.

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