‹ Souvenirs, 1795-1866:Chapitre 150 sur 223 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Mes relations de Livourne. — Anecdote du prince Napoléon Bonaparte snr la révolution de février. — Anarchie et démagogie à Livourne. — Arrestations de Guerrazzi et de La Cécilia. — Comment je me suis expliqué la crise italienne. — Les idées du marquis Ridolfi. — Pauvre Toscane! — L'odyssée du marquis del Caretto. — Ce qui se passa au consulat général de Livourne à l'annonce de la révolution de Février. — Le petit commissaire Ganneron. — Le sieur Levrault. — Pour les blessés « républicains » de février. — M. de Forbin-Janson. — M. et Mme Benoit- Champy.

Agen, 31 janvier 1849.

Le 26 novembre 1847, j'atteignis donc Livourne et trouvai mon logement préparé à l'hôtel San- Marco où je suis resté plus de trois mois, par suite du très long retard qu'éprouva le bâtiment, le Pompeo, sur lequel j'avais chargé mes meubles et effets à Trieste.

Le capitaine du Pompeo. un Génois, avait enlevé deux jeunes fdles en quittant Trieste. Obligé d'entrer, par suite d'avaries, dans un port de la Dalmatie, et d'y faire un long séjour, le capitaine vit son méfait divulgué et son bâtiment fut mis sous séquestre. Cet homme immoral, mais entreprenant, sut mettre à profit la confusion qu'amenèrent, dans toutes les administrations, les soulèvements de la Lombardie et de Venise — qui, en se déclarant indépendantes, appelaient à elles les anciennes provinces de la Dalmatie — et il profita d'un bon vent pour reprendre la mer. « A quelque chose malheur est bon ! » aije dû dire alors, sans penser que les polissonneries révolutionnaires auraient bientôt pour moi-même un contre-coup néfaste.

Au nombre des visites que j'ai été dans le cas de faire, et des personnes que j'ai connues à Livourne, soit à cette époque, soit depuis, je mentionnerai plusieurs noms.

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