CHAPITRE XXXV
Destitutions dans les corps diplomatique et consulaire. — Ma mise à la retraite. — Népotisme de M. de Lamartine. — Parallèle entre MM. de Chateaubriand et de Lamartine. — Nouvelle édition des œuvres de M. de Lamartine. — Les débuts de M. Sennevier de Jussieu à Livourne. — Je quitte Livourne pour aller me fixer à Agen. — A propos de chevaux de poste. — « Chienne de citoyenne! >> — George Sand et son gendre. — A Agen. — Les Montpezat. — M. de Salvandy. — M. et Mme de Preissac.
Agen. février 1849.
D'après la lettre circulaire du 28 février 1848, de M. de Lamartine (1), on devait croire que ce ministre attendrait, avant de disposer des emplois diplomatiques et consulaires, que les agents auxquels elle était adressée lui eussent fait connaître leur intention de rester au service ou de le quitter. Mais il n'en fut pas ainsi : les destitutions commencèrent à coups de faulx. Quelques ministres et ambassadeurs n'avaient pas attendu et avaient envoyé immédiatement leur démission, notamment, le comte de La Rochefoucauld, et MM. de Flahaut, de Broglie et de Bourqueney. Je ne connais pas, d'ailleurs, de consuls qui aient suivi cet exemple : tous, je crois, attendirent à leur poste la destitution qui vint brutalement frapper un grand nombre d'entre eux. On sait quels choix scandaleux furent faits, en général, pour remplacer les agents destitués : des faillis, des tailleurs, des cochers, des petits employés au National et à la Réforme!... Et, le 22 juin, M. Bastide a eu, à la tribune, l'impudeur de se vanter de ces révocations!... Heureux et satisfait des choix faits pour remplacer les agents diplomatiques et consulaires du
(1) Voir chap. iiuv.