‹ Souvenirs, 1795-1866:Chapitre 16 sur 223 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Au ministère. — Dispute avec le baron de Damas. — Je défends devant lui mes collègues et je lui remets ma démission. — Je suis nommé consul à Bucharest. — Les dires de M. de Moustier. — Ses racontars sur la marquise de Talaru. — Le baron de Belleval. — Ce qu'en pense M. de Rumigny. — La maréchale Lefebvre. — Ses mots. — Lettre de M. de Rayneval. — La garde nationale. — Un olTicier-citoyen à la table du duc de Reggio. — Susceptibilités de l'Autriche au sujet des titres donnés par Napoléon. — Le licenciement de la garde nationale (29 avril 1827). — Détails et anecdotes sur ce grave événement.

Paris, février 1828.

Au bout d'une année de fonctions de sous-chef au ministère, j'avais reconnu, de plus en plus, que M. le baron de Damas m'avait mal servi en m'appelant à la division des consulats. Ce n'est pas moi qu'on voulait : les chefs, MM. Flury et Deffaudis, en me proposant au ministre, poursuivaient, uniquement, le but de faire rétablir la seconde sous-division. Leurs subordonnés leur ont su mauvais gré d'avoir appelé à ce poste un secrétaire de légation, et, à moi, ils m'en ont voulu d'avoir pris une situation qui devait, pensent-ils, revenir à l'un d'eux. Et cette mauvaise disposition a gagné même les employés de la division politique qui, déjà mécontents de l'arrivée de mon collègue Boislecomte comme souschef, ont vu en moi un second usurpateur des droits des employés de l'intérieur. Edouard Pontois, lui-même, cet excellent garçon, m'a longtemps boudé comme les autres. Ferdinand Denois et Axel Renard ont suivi son exemple. Chacun d'eux, pourvu du grade de « rédacteur », aurait désiré devenir sous-chef au Consulat. Je comprends cela, mais pourquoi, mon Dieu! m'en vouloir à moi qui n'ai pas demandé

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