CHAPITRE VIII
Ddpart de Mossènc. — Arcadia. — L'AIphéc. — Pyrgos. — Yisito au préfet. — Arrivée à Olympie.
Le lendemain, nous quittions Messène, et notre première halte se fit sur le bord du Pamisus. Ces noms poétiques, harmonieux, produisaient toujours sur moi un eiïet certain, et je contemplai longtemps un petit ruisseau, auquel, en tout autre lieu, et s'il eût porté un autre nom, je n'aurais accordé qu'un regard disirait.
M. Dubois me chargea, pendant que nous étions dans les environs, d'aller visiter Melagala. Je ne trouvai à la place qu'un village à moitié détruit, et ne vis de curieux que d'immenses cactus qui l'entouraient comme un mur, et qui me firent penser en souriant aux plantes élevées dans de petits pots, et avec tant de soin, par notre jardinier.
Ce jour-là, nous campâmes au khan de Koela. Le lendemain, après avoir traversé une belle forêt de chênes et passé plusieurs ponts, dont un, triangulaire, très-curieux, avait une base de construction hellénique, nous arrivâmes, après six heures de marche, à la ville d'Arcadia. Notre campement, on ne peut mieux choisi, nous offrit une vue charmante de celte ville, bâtie en amphithéâtre j et dont l'acropole, défendue par trois murailles, se détachait, en un beau ton doré, sur le ciel bleu.
D'Arcadia, nous nous dirigeâmes vers Agolinitza, en côtoyant presque toujours la mer. Près du fort Clidi, que nous avions à notre droite, j'aperçus sur la hauteur une tour qui me parut cyclopéenne. J'y montai avec Trézel, qui en fit un dessin pendant que j'allais reconnaître les lieux. J'y vis les traces d'une grande enceinte de ville, les soubassements de plusieurs temples et de tours à moitié détruites, que nous prîmes pour les restes de Phigalé'. Agolinitza, comme toutes les villes que nous
* M. Boblaye, membre de la commission, reconnut depuis Samicum dans ces ruines.