‹ Souvenirs, 1860-1885Chapitre 22 sur 34 · SÉPARATION · texte numérisé non relu

SÉPARATION

Son amour s'est fané plus vite que les roses. Mon bonheur fut un songe, et voici le réveil ; Et mon âme estsemblable aux fleurs à peine écloses Que ilétrit, dès l'aurore, un rayon de soleil.

Lorsque tu m'apparus, un soir, dans la campagne, Comme un oiseau joyeux prend au ciel son essor. Je m'élançai vers toi, saluant la compagne Que j'avais aperçue en mes beaux songes d'or.

Je ne connaissais pas les voluptés impures. Mes yeux n'avaient jamais entrevu la douleur. De tout baiser menteur mes lèvres étaient pures, Et, croyant à l'amour, je croyais au bonheur.

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Ma vie est un sanglot, et c'était un sourire; Mon cœur, bien jeune, hélas ! est maintenant usi. 11 fut comme un jouet dans ta main qui déchire; Tu Tas pris un instant, et puis tu l'as brisé.

Que ne repoussais-tu ma première caresse, 0 toi dont les serments sont si vite oubliés; Dis, pourquoi de mon âme accepter la tendresse, Quand tu devais sitôt la mettre sous tes pieds }

Pourquoi, si tu voulais me ravir la lumière, A la clarté du jour entr'ouvris-tu mes yeux ? Pourquoi, si tu voulais me rejeter sur terre, M'avoir fait, avec toi, m'envoler jusqu'aux cieux ?

Aux consolations quand ta pitié m'invite, Lorsqu'en un simple ami tu veux changer l'amant, Quand tu me tends la main, quand ta bouche hypocrite Veut me sourire encor, tu doubles mon tourment.

Oh! laisse-moi, va-t'en, toi qui brisas mon àmc ! Ton courroux me vaut mieux, je l'appelle à grands cris. Haïr, c'est se venger. Que la haine m'enOamme ! Ote-moi ta pitié, j'aime mieux ton mépris.

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