‹ Souvenirs, 1860-1885Chapitre 3 sur 34 · LA FONTAINE DE VAUCLUSE · texte numérisé non relu

LA FONTAINE DE VAUCLUSE

0 Vaucluse, illustre fontaine, Quand règne le calme du soir, Ta fraîcheur rajeunit la plaine, Et ton cristal est un miroir.

Au bruit divin de tes cascades, Mêlant leurs tendres sérénades Les amants viennent soupirer, Et, promenant ses rêveries, Parmi les fleurs de tes prairies, La jeune fille aime a pleurer.

ri SOUVENIRS

La cascatelle qui murmure, Pétrarque, se souvient de toi.

Ici, tu cliarmais la nature, Poète adoré, parle-moi.

Du haut des célestes rivages, Jette les yeux sur les ombrages Que chérissait ton cœur aimant.

Fais à mon âme qui sommeille Entendre un chant qui la réveille, Et qui la guide au firmament.

Oui, dans cette nuit lumineuse.

Nuit de parfums et de concerts.

Je crois entendre, harmonieuse,

Retentir ta voix dans les airs.

Je sens une divine flamme

Chasser la douleur de mon âme

Et les ténèbres de mes yeux ;

Mon cœur s'embrase, il prend des ailes,

0 Pétrarque, et tu me révèles

Les secrets de l'amour des cieux.

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