‹ Souvenirs, 1860-1885Chapitre 31 sur 34 · AU DUC DE GR.VMONT-CADEROUSSE · texte numérisé non relu

AU DUC DE GR.VMONT-CADEROUSSE

Pauvre ami, terrassé dans la lutte suprême Par cette main de fer qui brise tout orgueil, N'ayant à tes côtés nulle femme qui t'aime, Tu sens déjà grandir les ombres du cercueil.

Oue te reste-t-il donc de ces longues orgies, D'où l'on ne peut chasser l'ennui sombre et profond; Où l'on trouve, au milieu de l'éclat des bougies, 1 .'ivresse au bord du verre, et l'amertume au fond ?

Où sont-elles, hélas! ces belles insensées. Pour qui tu prodiguais ta jeunesse et ton or. Ces femmes sans amour, par l'intérêt poussées, Oui se jetaient sur toi comme sur un trésor ?

Oh ! que la volonlé du Seigneur s'accomplisse ! l'^cmmes, fuyez bien loin de ce lit de douleur, En n'osant point venir vous vous rendez justice, Car vous n'ignorez pas ce que vaut votre cœur.

Pour un agonisant vous n'auriez point de charmes, Et votre souvenir n'est pour lui qu'un remords ; Non, vous ne savez pas, vous dont l'icil est sans larmes, Assister les mourants, ou prier pour les morts.

A toi qui souffrais seul, sans compagne et sans mère. Le ciel vient d'envoyer la sœur de charité. Qui, veillant au chevet de ton lit funéraire. Admire ton courage et ta sérénité.

Tu sens que l'heure sonne, et qu'il faut que tu partes ; Alors tu te repens des fautes que tu fis. Cette main qui tenait la cravache ou les cartes Va pour l'éternité tenir un crucifix.

Oui, tu t'es souvenu de la foi de tes pères; Une larme d'espoir illumina tes yeux,

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