LA MUSE DE LA MÉLANCOLIE
Quand le plomb a brisé son aile, L'oiseau ne dit plus sa chanson.
Quand l'âme a perdu l'étincelle, La lyre ne rend plus de son.
Envolez-vous, ô mes pensées, 0 pauvres feuilles dispersées Loin des beaux arbres que j'aimais.
L'horizon est plein d'épouvante, Disparaissez dans la tourmente.
Envolez-vous, et pour jamais!
Envolez-vous!... Mais loin du monde J'entends comme un écho lointain, Dans mon obscurité profonde Je vois un rayon incertain.
Est-ce la lune au char d'opale Dont la lueur mystique et pâle Argenté le ciel obscurci ?
Toi, si triste et toujours si belle, 0 ma Muse, viens, je t'appelle.
Reste sombre, je t'aime ainsi.
Tu n'es plus cette jeune fille Dont les chants étaient si joyeux, Et dont la robe d'or qui brille Avait des reflets lumineu.K.
Toujours pensive et solitaire, Tu n'as plus, dans ta mise austère.