‹ Souvenirs, 1860-1889Chapitre 15 sur 47 · VINGT-QUATRE HEURES DE PRISON · texte numérisé non relu

VINGT-QUATRE HEURES DE PRISON

çaise, dont le général Mellinet, commandant supérieur de la garde nationale, était Grand-Maître. Massol, avec qui je vivais dans une grande intimité, était au courant de ma situation comme garde national. Il savait que je venais de faire vingtquatre heures de prison et que j'étais menacé de nouvelles peines disciplinaires. Il en avait parlé, riant de ma mésaventure, à M. Thévenot, secrétaire général du Grand-Orient de France. Celui-ci s'était empressé de raconter Taffaire au général Mellinet. Le général était un brave homme, très dévoué, il est vrai, à la dynastie impériale, mais bon et serviable, même pour ses adversaires politiques. Il connaissait mon hostilité au gouvernement qu'il afiectionnait, et il n'hésita point cependant à écrire à mon insu au Conseil de discipline, pour qu'aucune suite ne fût donnée à mon affaire. J'ignore en quels termes fut rédigée sa lettre. Je sui« certain, cependant, connaissant ses sentiments, qu'elle ne devait contenir rien de blessant pour ma dignité. C'est ainsi que je fus complètement dispensé de tout service et que je n'eus plus à gémir sous les verrous de la maison de correction de la garde nationale.

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