‹ Souvenirs, 1860-1889Chapitre 18 sur 47 · DOGMES ET LIBERTÉ 4U · texte numérisé non relu

DOGMES ET LIBERTÉ 4U

dans la plapart des pays latins, la noavelle déclaration fut généralement approuvée par les Francs- Maçons. Il n*en fat pas de même en Angleterre et aux États-Unis.

La Grande Loge d'Angleterre, qui n*avait jamais reconnu officiellement le Grand-Orient de France, qui n'avait jamais échangé de garants d'amitié avec la Maçonnerie française*, se crut autorisée néanmoins à protester et à déclarer qu'elle n'admettrait à l'avenir, comme visiteurs, les maçons français, qu'après qu'ils auraient déclaré qu'ils croyaient en Dieu.

Le journal anglais le Freemason attaqua la décision du Couvent avec les mômes arguments et la même violence que les journaux ultramontains. Les Grandes Loges des Etats-Unis, dont les relations étaient rompues avec le Grand-Orient de France, depuis les conflits soulevés par notre attitude fraternelle à l'égard des Maçons de couleur, se crurent aussi autorisées à nous régenter et à élever la voix contre ce qu'il leur plaisait d'appeler un acte d'athéisme.

* La Grande Loge d'Angleterre ayant décidé, en principe, qu'eUe ne devait reconnaître qu'un pouvoir maçonnique d'un même rite par Etat, ne voulant, pour la France, se prononcer ni en faveur du Suprême-Conseil, ni en faveur du Grand-Orient, n'a, dans aucun temps, reconnu aucun de ces deux pouvoirs.

La Grande Loge du Canada, subissant Tinfluence des Grandes Loges de TUnion, protesta également contre la décision des représentants de la Maçonnerie française, et me retira le mandat qu'elle m'avait donné de la représenter, comme garant d'amitié, auprès du Grand-Orient de France.

Ce fut une tempête assez violente, déchaînée par des Maçons contre la libre-pensée ; tempête qui . montra d'une façon tristement évidente, combien nous étions encore loin de l'unité rêvée par nos pères et combien étaient profondes les différentes manières de concevoir le rôle de la Maçonnerie, selon les mœurs de chaque contrée où elle est établie, selon le caractère particulier de chaque race.

En somme> il fut évident que les déviations du type maçonnique, en ce qu'elles avaient de dogmatique, s'étaient en général plus acclimatées chez les Anglo-Saxons que chez les latins; que la conception de la Maçonnerie comme secte religieuse, exclusive même, convenait mieux aux premiers qu'aux seconds, qu'il faudrait bien des efforts encore pour rendre à la Maçonnerie anglaise et à la Maçonnerie des Etats-Unis, le caractère qui lui est propre.

De 1878 à 1880, aucune question d'une importance capitale ne fut traitée dans les assemblées

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