‹ Souvenirs, 1860-1889Chapitre 24 sur 47 · GASPARD · texte numérisé non relu

GASPARD

Gaspard avait, avec la complicité d'un nommé Mayer, assassiné pour le voler, un marchand de malles, demeurant rue d'Angoulôme, connu dans son quartier sous le nom de a père Delaunay ». C'est dans l'arrière-boutique de ce mallieureux, où les deux bandits l'avaient entraîné, que le crime avait été commis.

Gaspard et Mayer furent condamnés à la peine de mort; mais cette peine fut commuée, pour Mayer, en celle des travaux forcés à perpétuité .

Gaspard n'était âgé que de vingt-trois ans. Son exécution eut lieu le 10 août 1885, à cinq heures du matin, un quart d'heure environ avant celle de Marchandon.

Pour cette double exécution, prévoyant une

grande affluence de monde, j'avais fait apporter

pour la première fois sur la place de la Roquette,

(" \ barrières en bois, mobiles, de 85 à 90 centi-

] ilres de hauteur, destinées à délimiter la place

: servée au public. Ces barrières devaient servir

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au5si bien au public privilégié, qu'au public placé dans le haut et dans le bas de la rue. Elles avaient, outre l'avantage considérable de bien fixer la place que devaient occuper les différents groupes d'assistants, ravantage non moins appréciable de dinninuer, dans une grande proportion, le nombre des agents nécessaires pour maintenir les barrages. M. Deibler, Texécuteur, qui se plaignait sans cesse du voisinage des journalistes et qui paraissait constamment craindre qu'un envahissement de leur part ne vînt le gêner dans sa terrible besogne, devait se trouver satisfait de cette mesure. Les journalistes de leur côté, ayant devant eux un nombre beaucoup moins considérable d'agents, n'ayant rien qui leur masquât la vue, devaient également approuver cette innovation.

Tout le monde, en effet, parut enchanté. Comme je l'avais prévu, la foule fut considérable, les représentants de la presse très nombreux. Quelquesuns d'entre eux très exigeants et trop disposés à croire, malgré la loi qui veut que les exécutions capitales soient publiques, qu'ils doivent seuls avoir accès dans Tenceinte privilégiée, se plaignirent que des individus, inconnus comme reporters, eussent pénétré sur la place. Mais la nouvell" qu'un de leurs collègues venait de tenter d'intrc duire en fraude, une personne étrangère à la pressa

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