PRANZINI
Pendant que les aides de Texécuteur lui lient les bras et les jambes, il renouvelle la plainte qu'il a exprimée dans sa cellule. « J*ai désiré une seule » chose» c'est un sursis de trente jours que j'avais » demandé au Président de la République. Il me Ta » refusé. » Il ajoute après un moment de silence : « Dieu est grand ! Je suis heureux de mourir plu- » tôt que d'obtenir ma grâce et d'aller au bagne. » Apercevant le chef de la sûreté parmi les personnes présentes, il l'interpelle : « Allons, monsieur » Taylor, ne vous cachez pas, vous avez eu des » témoins qui n'étaient pas vrais dans ma cause. » Malheur à celui qui. . . »
Il s'arrête, n'achève pas sa phrase et reprend ensuite : « Je meurs avec mon innocence, c'est fini. » Que Dieu soit avec moi ! »
Quand il traverse, d'un pas aussi assuré que les entraves le permettent, la partie de la place qui sépare la porte de la prison de la guillotine, les aides de l'exécuteur veulent le soutenir et l'aider à marcher : « Laissez-moi », leur dit-il, et il marche seul. Il repousse également M. l'abbé Faure qui veut lui donner des consolations, mais il demande le crucifix qu'il baise avec ferveur.
A cinq heures et deux minutes, tout est terminé. Le courage de Pranzini n'a pas faibli un seul stant.
212 PRÉFECTURB DE POUCE