SCHUMACHER
L'affaire Schumacher, malgré Thorrèur qu'elle devait inspirer, et contrairement à bon nombre d'affaires beaucoup moins tragiques, ne passionna pas le public parisien. La scène dramatique du crime, Tarrestation de l'assassin, le jugement en Cour d'assises, tous ces faits émouvants et terribles, si intéressants d'ordinaire pour une grande partie de la population, passèrent presque inaperçus. L'exécution elle-même ne devait, par suite, attirer que très médiocrement l'attention des habitués de la place de la Roquette.
Schumacher, soldat au 112® de ligne, en congé depuis six mois, à Paris, avait assassiné le 2 mars 1888, une pauvre vieille femme octogénaire, demeurant rue Descartes, qu'il connaissait depuis longtemps et à la<iuelle il rendait souvent visite.
Le vol avait été le mobile du crime. Après avoir étranglé sa victime, et s'être emparé d'une montre, de quelques bijoux et du peu d'argent qu'il avait trouvé, Schumacher s'était retiré tranquillement et était rentré chez son père, rue de la Clé, où il était couché quand on procéda à son arrestation dans la nuit même qui suivit le crime*