‹ Souvenirs, 1860-1889Chapitre 3 sur 47 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

rêvant volontiers au bonheur de tous et à la fraternité des peuples, au triomphe de la raison, et à la morale indépendante, il a gardé ses convictions intactes et pures dans sa vie privée et dans sa vie publique. Aux doctrines politiques modernes si élastiques et si commodes, qui, sous prétexte de contingences opportunes, excluent toute idée générale, il avouait ne rien C3mprendre; non seulement parce qu'elles sont^ théoriquement, parfaitement incompréhensibles, mais encore parce qu'elles choquaient au plus haut point la droiture de son caractère. Républicain et libre-penseur sous Louis-Philippe et sous le second Empire, il avait espéré, après le 4 septembre 1870, voir s'établir en France autre chose qu'une république d'apparat vivant en parfaite intelligence avec le régime du Concordat.

Son espoir a été déçu.

II était politicien trop sentimental pour pouvoir se décider à placer les intérêts particuliers au-dessus de ce que les républicains avaient toujours cru être une vérité indiscutable, et il se retira bientôt de la politique militante, se contentant d'enregistrer sans amertume, mais

Page 1