‹ Souvenirs; (volume 2)Chapitre 5 sur 26 · A M. M G UN 1ER · texte numérisé non relu

A M. M G UN 1ER

Turin, 1" novembre 1832.

Je vais donc venir me rasseoir quelques mois sur vos bancs, au milieu de cette composition honorable mais toute nouvelle qu'on appelle une pairie, et qui n'est qu'une réunion d'honnêtes gens, conversant raisonnablement, sans que personne prenne garde à ce qu'ils disent. Cependant, à la dernière session, la pauvre salle du Luxembourg a encore rendu quelque service en plaçant un ou deux grains de sable devant la roue révolutionnaire.

Je reviens avec tous les miens; j'ai déjà renvoyé mes écoliers à leurs études interrompues pendant un mois. L'aîné commence à se préparer aux examens de l'Ecole polytechnique ; je ne désire pas qu'il suive une des carrières dont elle est le point de départ, mais c'est un bon achèvement d'éducation et une salutaire discipline pour les années de la première jeunesse; on la préserve ainsi de la frivoUté et de la dissipation. Le principal défaut de nos éducations actuelles est une extrême mollesse, et jamais époque ne m'a paru exiger plus impérieusement de l'énergie et de l'indépendance. Nous avons eu à parcourir une route diverse et difficile. Je doute que nos enfants aient le loisir de s'endormir dans la situation que nous leur avons faite.

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