III
en mal, sur sa prospérité ; on n'j' sait pas les nouvelles. Les ultras sont les maîtres, sans beaucoup tourmenter; les libéraux sont à peine du centre gauche et d'une platitude infatigable: ils ne s'avouent pas. A Toulouse, il n'y a de réellement puissants que les prêtres. C'est une ^ille de l'ancien régime, c'est plutôt une "\dlle d'Espagne : on n'y voit que des abbés, sans compter les religieuses et nombre de moines de Catalogne et de Navarre. Il y a une poignée de gens qui crient très fort dans un café fort connu contre M. de Yillèle et son opinion ; mais, en fait, le pays est fier de lui ; la masse des lUjéraux s'y rattache ; la bonne compagnie s'en moque un peu, comme n'étant pas des siens, mais elle est prête à tout faire pour lui. Du reste, il faut lui rendre la justice qu'il a très peu destitué et qu'il n'a presque rien donné à ses parents ni à ses amis.
On assure à Paris qu"il faut compter sur une longue résistance de Cadix. C'est quelque chose de curieux que de voir ainsi un siècle et tout l'avenir de l'Europe acculé et cerné à l'une de ses extrémités, et l'ordre nouveau, comme nous disons, risquant de n'avoir plus qu'à se jeter à la mer, ou peut-être destiné à s'élancer de là, pour reconquérir notre monde. Si pareille chose arrivait, ce seraient cependant dix mille miUciensde Madrid et la bande de Mina qui auraient sauvé l'humanité.
Amen, je ne puis mieux finir.