‹ Souvenirs; (volume 5)Chapitre 14 sur 41 · DU COMTE DE S A 1 NT E -AUL AI RE · texte numérisé non relu

DU COMTE DE S A 1 NT E -AUL AI RE

Vienne, 20 novembre 1838.

Je suis restéseul àVenise (1) assez longtemps avant l'arrivée de l'empereur. Je me suis rappelé les bonnes journées que nous y avonspassées ensemble, mon cher ami. Les souvenirs qui nous sont communs auront toujours beaucoup de charme.

Sur la place Saint-Marc, j'ai retrouvé Thiers, que j'avais aussi rencontré au Corso de Milan. Il ne m'a parlé qu'architecture et je ne demandais pas mieux, mais il me revient qu'il ne m'a pas trouvé pour lui suffisamment empressé, et cela est parfaitement injuste, car de fait et de volonté je l'ai été beaucoup pour lui et tous les siens. S'il m'accuse, c'est qu'il lui convient de me trouver un tort. Au fond, j'ai pour sa personne de l'attrait, de l'admiration pour son talent et je suis persuadé qu'il nous fera une fois beaucoup de mal si on ne lui arrange pas l'occasion de nous faire beaucoup de bien. Quant aux chances de succès contre le ministère actuel, je n'en souhaite ni à lui ni à tel que j'aime encore mieux que lui. Un long séjour à l'étrangee ne me laisse plus souhaiter que la durée de ce qui existe, et, en outre de cette disposition générale en moi, le ministère actuel me semble mieux placé qu'aucun autre pour bien faire nos affaires à l'étranger.

J'espère que nous évacuons Ancône et on le croit ici généralement. Je n'ai du reste pas un mot de Paris à ce sujet. Les ambassadeurs d'Angleterre et de

(1) M. de Sainte-Aulaire s'était rendu en Italie pour le ■couronnement de l'empereur à Milan, c. b.

JANVIER 1838-MARS 1839- iol

Russie sont encore en Italie et cela n'annonce pas une grande activité dans les affaires diplomatiques. Aussi M. de Metternich assure qu'il n'y en a aucune de réelle sur le tapis. Il n'accorde aucune valeur aux prévisions belliqueuses de lord Ponsonby, et soutient qu'une guerre entre la Russie et l'Angleterre est impossible. J'aime à le croire. Quelques-uns cependant regardent comme un mauvais symptôme l'arrivée de l'hospodar de Valachie qui a quitté inopinément Bucarest — parce qu'il est amoureux, selon les uns, malade, selon les autres. — Pour troisième explication on donne qu'il ne se souciait guère d'être chez lui au moment de l'entrée des Russes, et il faut convenir que cette supposition n'est guère moins probable que les deux premières. — Il serait au reste possible qu'il se fût effrayé hors de propos dans la supposition que les Anglais passeraient les Dardanelles, cas auquel les Russes auraient bien pu passer le Pruth, mais la flotte anglaise ayant reçu l'ordre de rentrer à Malte (M. de Metternich l'assure ainsi), rien ne semble plus à craindre pour la saison.

On m'écrit de bien mauvaises nouvelles de notre princesse Marie. Je m'en afflige pour elle et pour toute la famille royale; le grand-duc héritier de Russie est arrivé à Venise très bien portant.

DU COMTE MOLÉ

Paris, 3 décembre 1838.

Mon cher ami, je n'ai pas le temps de vous écrire ni le jour ni la nuit. Je vis avec trois heures de sommeil en ce moment, et le reste consacré aux affaires

et à me défendre. Le vacarme que font mes adversaires doit retentir jusqu'à vous. Ils disent (les doctrinaires) qu'Us nous préfèrent le chaos et qu'ils l'amèneront. C'est ainsi qu'ils ont renversé Martignac. J'espère qu'Us ne me renverseront pas, et si Dieu me conserve force et santé, j'empêcherai, je l'espère, qu'ils ne renversent ou ébranlent notre monarchie de huit années.

Je m'en remets à votre prudence pour la dépêche surCracovie (1). Les traités de 1815 sont é\idemment

(1) L'occupation de Cracovie, représentée comme temporaire en 1836 à l'Angleterre et à la France, qui firent de suite entendre leurs protestations (voirie tome V, chap. v), n'avait pas encore cessé. La garnison autrichienne, réduite au bout de quelque temps à un très faible chiffre, venait même d'être renforcée sousprétexte d'agitation nouvelle. Il n'avait également été tenu aucun compte du voeu de la Chambre des représentants de cette ville libre, demandant l'exécution de la constitution octroyée en 1816. C'est sur cet état de choses qu'une dépèche de M. Mole, en date du 27 novembre 1838, prescrivait à MM. Bresson, de Sainte-Aulaire et de Barante d'appeler l'attention de la Prusse, de l'Autriche etde la Russie, puissances constituées protectrices de la république de Cracovie par des traités dont la France comme l'Angleterre étaient signataires. Cette dépêche était conçue en termes fort vifs, mais au fond les ambassadeurs avaient pour instructions tacites, comme en 1836, de ne pas aller plus loin qu'une manifestation pour la forme. Les trois cours interpellées comprirent à demi-mot; M. de Nesselrode fit prévoir que sa réponse dépendrait de ce qui se passerait à ce sujet à Berlin et surtout à Vienne ; à Vienne on répondit que l'on voulait s'entendre avec Berlin. La balle fut renvoyé de Berlin à Vienne. Bref l'incident en resta là, mais M. Mole put justifier de réclamations

violés, on le dira h outrance dans la discussion de l'adresse. Il nous faut des explications. Si on nous objecte l'utilité ou la nécessité, il faudra qu'on accepte aussi de nous cette réponse, lorsque VutilUé ou la nécessité entraîneront, de notre part, quelque infraction.

Si on voulait m'en croire sur la Belgique, tout serait bientôt terminé. 11 suffirait, pour cela, d'accepter une forte indemnité pécuniaire de la Belgique pour quelques portions de territoire inutiles à la défense. Les États généraux, tout le commerce d'Amsterdam et de Rotterdam sont de cet avis.

AU COMTE MOLÉ

Saint-Pétersbourg, 17 décembre 1838(1).

Monsieur le comte,

Votre Excellence sait que, par une lettre du ."^ septembre dernier, lord Palmerston engagea M. le comte Pozzo a obtenir de son gouvernement l'autorisation nécessaire pour concerter entre les grandes puissances les moyens de prévenir une collision de l'Egypte et de la Turquie. M. le comte de Nesselrode écrivit de Berlin une lettre à M. le comte Pozzo, où, examinant la proposition de lord Palmerston, il disait que les démarches des grandes puissances, sans avoir été positivement concertées, avaient suffi pour arrêter les prétentions et les projets du pacha, qu'ainsi il n'y

énergiques dont la Prusse, l'Autriche et la Russie ne

songèrent pas à se blesser, c. b.

(1) Dépêche officielle N° 9.

avait plus rien à faire; quant à l'avenir on y pourvoirait, selon les occurrences, en se concertant, s'il y avait Ueu.

Lord Palmerston, après cette lettre reçue, a écrit à lord Clanricarde une lettre ostensible, dans laquelle il remarque que M. le comte de Nesselrode n'a semblé voir dans sa proposition qu'une pensée relative à la difficulté heureusement écartée, mais qu'il s'agissait d'une détermination plus générale et plus importante; que les mêmes embarras pouvaient se reproduire plus graves et plus menaçants. Qu'ainsi il fallait songer à l'avenir, et ne point risquer qu'une seule puissance intervint dans les affaires d'Orient en alarmant les autres. Rendant justice à la sincérité des intentions de l'empereur, lord Palmerston ajoutait que les meilleures intentions n'étaient pas une garantie contre les conséquences naturelles etnécessaires delà situation qu'on prenait. Qu'ainsi la Russie avait protesté en 182B qu'elle ne voulait acquérir aucun accroissement de territoire et qu'en 1829 elle avait, par le traité d'Andrinople, conquis des possessions importantes; qu'en 1833, en faisant passer un corps d'armée à Constantinople.'la Russie avait assuré l'Europe de son complet désintéressement et que par le traité d'Unkiar- Skélessi, elle s'était procuré de notables avantages^

La lettre a été communiquée à M. le comte de Nesselrode, qui n'a point semblé plus porté à agréer la proposition d'un concert préalablement convenu, et n'a pas été sans juger un peu blessantes les insinuations de cette lettre relatives aux traités d'Andrinople et d'Unkiar-Skélessi.

Votre Excellence peut se rappeler que plus d'une fois, par pure conversation, j'ai sondé M. le comte de

Nesselrode sur cette hypothèse d'un concert entre les grandes puissances pour les afTaires d'Orient, et qu'il a toujours écarté cette idée. Encore récemment, et avant de savoir que lord Palmerston agissait plus directement, j'ai fait remarquer à M. le comte de Nesselrode combien la situation de la Turquie était chancelante, combien elle donnait peu la sécurité que tous nous devions désirer, comment il importait de prévoir un avenir prochain et des chances siprobables. J'ajoutais que le moyen de dissiper les préventions de l'Angleterre contre l'ambition et le désir de conquête imputés à la Russie, était de s'engager à régler, de commun accord, un statu quo plus durable. M. le comte de Nesselrode, comme auparavant, a cherché doucement des objections contre ce projet, et je l'en ai trouvé aussi éloigné que par le passé.

J'ai su par lord Clanricarde que Sir Frederick Lamb, chargé de sonder M. le prince de Metternich, avait cru remarquer qu'il était favorable à cet accord des grandes puissances pour les affaires de Turquie. Je doute que telles soient les dispositions du prince de Metternich. Il a dit souvent qu'on ne pouvait s'entendre avec lord Palmerston et qu'une conférence et des négociations ne serviraient qu'à augmenter les dissidences en les constatant. Depuis le retour de M. de Ficquelmont, qui arrive de Vienne, j'ai repris ce sujet de conversation et j'ai reconnu cette parfaite quiétude du cabinet de Vienne qui, voyant la Russie contenue et observée de près par la France et l'Angleterre, ne pense pas qu'il y ait urgence de s'en mêler elle-même et de relâcher en rien le nœud qui l'unit à l'empereur de Russie, par une communauté d'opinions et par la préoccupation d'une autre sorte de périls. « Depuis la paix d'Andrinople, » VI. il

me disait M. deFicquelmont, « c'est par ^-ieille habitude » et par vanité que la Russie se croit appelée à dominer » la Turquie et à régler son sort. Au vrai, elle y a » maintenant peu d'intérêt. É\idemment elle ne songe » pas et ne peut songer à conquérir. Elle n'a pas de » commerce extérieur. Au contraire, l'Angleterre, la » France et l'Autriche ont des rapports habituels de » navigation et de commerce avec Constantinople. Le y contact de frontières est même beaucoup moindre » entre la Russie et la Turquie qu'entre l'Autriche et » la Turquie. Peu à peu l'empereur et son gouvernement » s'accoutumeront à ne plus se mêler autant de ce qui » les regarde si peu. Vous voyez que pour ce traité de » commerce, sauf en ce qui concerne ses conséquences » quant à la question d'Egypte, la Russie n'a rien à y » faire ni à y regarder. »

Il y a beaucoup de vérité dans ces paroles de M. deFicquelmont, etj'ai récemment écrit dansle même sens à Votre Excellence : mais cela ne répond pas aux considérations tirées de l'instabiHté de la situation actuelle et de la prudence qui conseille d'y pourvoir. De sorte qu'on peut déduire que cet esprit de délai tient au désir de ménager l'empereur Nicolas et de lui laisser jouer en Europe le rôle que l'Autriche est bien aise qu'il ait pris.

Le point où en sont arrivées les affaires de Belgique est le principal intérêt, la conversation habituelle du corps diplomatique. Sans être complètement rassuré sur ce qui pourrait advenir de l'attitude des Belges, on a généralement l'espoir qu'il ne dépendra pas d'eux de diviser les grandes puissances et d'ébranler la paix de l'Europe. Mais les ménagements que nous gardons pour l'opinion belge, l'espèce de prudence que nous

mettons à attendre qu'elle revienne à la raison, nuisent pour le moment à la force et à la dignité de notre situation. Je comprends, sans qu'on me le dise, qu'on ne se rend pas bien compte de nos circonstances et qu'on est porté à nous trouver timides vis-à-vis des opinions turbulentes de France et de Belgique. J'ai lieu de croire que le roi des Pays-Bas presse l'empereur d'employer son influence en sa faveur et réclame son action. Au fond l'empereur est importuné de ces instances et embarrassé entre son penchant à paraître arbitre suprême et sa disposition d'indifférence pour les affaires de l'Europe.

Il paraît certain que l'empereur a reçu d'assez mauvaises nouvelles du Caucase. Le public ne connaît aucun détail de cette guerre et n'y apporte que peu d'intérêt et même de curiosité, tant est grande l'insouciance des Russes, tant l'esprit public s'éteint lorsque les affaires du pays sont devenues seulement les affaires du souverain dont lui seul se mêle et sur lesquelles personne ne peut rien.

Saint-Pétersbourg, 22 décembre 1838 (1).

Le duc de Leuchtenberg est parti avant-hier au soir. La veille, jour de Saint-Nicolas, il y avait eu réception du corps diplomatique le matin, et le soir un bal à la cour. L'empereur s'est longtemps entretenu avec moi. Il m'a parlé surtout de ce qui l'occupe en ce moment, du mariage de sa fille, La conversation a été amenée sur ce sujet d'une manière assez curieuse. Une circonstance tout à fait indifférente avait rappelé

(1) Dépêche officielle N° 10.

à son souvenir l'année 1831 , si critique pour la Piussie, où la guerre de Pologne, le choléra et la révolte des colonies militaires avaient semblé mettre son gouvernement en extrême détresse. Il me disait que jamais il n'avait désespéré de la Providence ni de son peuple. Je fis alors allusion au courage et à la fermeté qu'il avait montrés en face de l'émeute, du choléra et dans la sédition des colonies.

« On m'a fait de la gloire à bon marché, — m"a-t-il dit, — il n'y a eu là aucun courage et aucun mérite. » Je ne courais point de dangers et je savais qu'il » n'y en avait point. Je connais le peuple russe et je » suis assuré d'être toujours en intelligence avec » lui. Je viens d'en avoir une preuve nouvelle à » propos du mariage de ma fille. A l'étranger, on peut » ne me point comprendre, s'étonner ou me blâmer. » Pour les Russes, je savais bien qu'ils trouveraient » simple qu'un père de famille voulût conserver près » de lui une de ses filles, qu'ils applaudiraient à ma » détermination de lui choisir un mari qui devînt » comme mes enfants, comme moi, un serviteur de )) la Russie. Il fallait voir le contentement du peuple » et des marchands à Moscou. Leur manière de » témoigner leur satisfaction est de faire quelque acte » de charité. Eh bien, à cette occasion, ils ont con- » sacré cinq cent mille roubles à une fondation pieuse. » Les marchands de Saint-Pétersbourg en font autant. » Aussi mon gendre contracte envers eux les mêmes )' devoirs que moi etles miens. Sa position était unique » pour cela, et c'est un des motifs qui m"ont décidé. » Aucun bon de patrie ni de famille ne peut l'empêcher » de devenir Russe. N'est-ce pas un sort bizarre qui ^> me donne pour gendre le petit-fils adoptif de Napo-

» léon à la grande satisfaction de la Russie ! » Puis il m'a parlé de ses souvenirs de 1814, de l'impératrice Joséphine, du prince Eugène, de l'attachement qu'il avait inspiré à l'empereur Alexandre ; dans tout le reste de la conversation, rien n'a eu assez d'intérêt pour être rapporté ici.

Ce que l'empereur dit de l'opinion russe est vrai^ c'est-à-dire que tous ces marchands et ce peuple des rues ont pour lui une sorte d'adoration pieuse et filiale, qu'il excelle à conserver et à émouvoir. Du reste, cette bonne et douce population qu'il aime tant, ne sait pas qui est le duc de Leuchtenberg, ni s'il y a un intervalle quelconque entre lui et un prince de quelque grande famille r(^gnante. C'est un gendre de l'empereur qui se fait Russe, et cela les touche. Si quelque souvenir du nom de Napoléon vient s'y joindre, il en résulte pour eux une idée de grandeur plutôt que de haine.

L'opinion qui blâme ce mariage, et qui sera encore quelque temps sans s'y accoutumer, est une opim'on plus éclairée et plus élevée. Elle est fort générale et assez manifeste. Comme je l'ai déjà dit à Votre Excellence, la vanité nationale en reçoit une vive atteinte et l'on ne saurait approuver que le mariage d'une fllle del'empereursoit étranger à une politique quelconque.

En cette occasion, comme en tant d'autres, l'empereur semble se soucier peu de cette opinion des classes supérieures. Selon lui, sa force réside dans les sympathies populaires, et il lui suffit de les ménager. Ce n'est pas les propriétaires frondeurs ou un peu indépendants qui habitent Moscou, dont il est allé ramener l'approbation. Il croit leur imposer assez en obtenant les acclamations populaires.

Je ne saurais dire s'il a complètement raison. Sans aucun doute, il a une intelligence d'instinct et de sympathie qui fait de lui un habile souverain de la nation russe. Mais si, par un despotisme déraisonnable et excessif, il lui arrivait de pousser à bout cette opinion supérieure qu'il paraît souvent dédaigner, c'est elle qui le détruirait, sans que l'opinion inférieure lui portât aucun secours. Quant à présent, ce danger n'existe point pour lui; son commandement peut être dur, sa volonté absolue et trop prompte, mais il a, plus que tous ceux qui l'entourent, le désir de l'ordre, le goût de la justice, l'amour du pays. Ces sentiments sont parfois mal dirigés. Des préventions obstinées, des opinions mal éclairées, le manque de réflexion et d'examen peuvent prêter souvent à son gouvernement une apparence demi-barbare et tyrannique. L'ensemble de son administration intérieure continue cependant à augmenter la force et la prospérité de son empire, ainsi que le bien-être de ses sujets. Cette administration et les lois qui la régissent ne doivent pas être comparées avec nos États européens. Il faut les examiner en regard de la population russe et du théâtre où elles ont à exercer leur action. Tout y est et y a toujours été si différent de l'Occident, que nous nous tromperions beaucoup en jugeant d'après nos habitudes et nos idées.

Je me suis laissé dériver à ces généralités, et cependant je ne les retranche pas. Elles ne sont peutêtre point tout à fait inutiles. Les vues de l'ensemble, quand elles sont exactes, servent ensuite à éclairer les circonstances particulières et accidentelles. Elles empêchent de trouver contradictoires des informations qui sembleraient parfois données dans des sens

opposés. Expliquer le caractère et la situation d'un souverain de qui tout dépend dans ce vaste empire, n'est pas, je crois, un devoir étranger à ma tâche.

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