‹ Souvenirs; (volume 5)Chapitre 17 sur 41 · VI · texte numérisé non relu

VI

son vieil âge et sa santé ébranlée, il donnait l'exemple de l'assiduité dans ces séances qui finissaient à huit heures et demie du soir.

AU COMTE MOLE

Saint-Pétersbourg, 3 mars 1839 (1).

Monsieur le comte,

Quelques mutations viennent d'avoir lieu parmi les ministres de l'empereur. La mort de M. le comte Spéranski a laissé vacante la place de président du département de la législation au conseil de l'empire. M. Daschkoff, ministre delà justice, lui succède. M. de Bloudoff, ministre de l'intérieur, devient ministre de la justice et le comte Alexandre Stroganoff, gouverneur général de Kharkof, est appelé au ministère de l'intérieur.

Ces choix n'ont aucune signification poUtique, surtout en ce qui touche les relations extérieures. Quant à l'administration intérieure de l'empire, aucun blâme ne s'élèvera contre cette promotion. 11 paraît que M. Daschkoff a désiré des fonctions moins actives et dont l'importance n'est pas moindre. M. de Bloudoff, homme d'esprit et honnête homme, conviendra fort au ministère de la justice. Dans un pays où il n'y a point de corps judiciaire, où la connaissance des lois n'est encore ni une science ni une profession, où une prétendue équité est sans cesse substituée au droit écrit, le département de la justice

(1) Dépêche officielle N° 17.

n'exige pas de magistrature, on n'a point à lui donner un chef.

M. le comte Alexandre Stroganoff atteint de bonne heure les hauts emplois. Il a à peine quarante ans. Sa famille tient ici un rang considérable. Son père, l'ancien ambassadeur, est aimé et honoré de tous. Son frère aîné est curateur de l'Université de Moscou. Il a épousé la tille du prince Kotchoubey, dont la mémoire est fort chère à l'empereur. Tous ces motifs de faveur ont mis en valeur son mérite qui est réel. Il a été longtemps adjoint du ministère de l'intérieur. Outre son expérience des affaires et son esjirit de discernement et de droiture, il passe pour un des hommes les plus capables de dire la vérité à l'empereur et d'éclairer sa souveraine volonté.

La mort de M. Spéranski a produit quelqfue sensation. L'empereur avait pour lui la plus haute estime. 11 venait de le créer comte. Pendant sa maladie, il est allé plusieurs fois le voir, et il a suivi son convoi.

M. Spéranski, fils d'an pauvre prêtre de campagne, avait, jeune encore, gagné toute la confiance de l'empereur Alexandre et semblait appelé à jouer un grand rôle dans son gouvernement, lorsqu'au moment où la Russie se préparait à soutenir la lutte contre l'empereur Napoléon, il fut dénoncé à l'empereur par les chefs du parti antifrançais, comme ayant de secrètes intelUgences avec la France. La délation était calomnieuse, ou du moins fort exagérée. L'empereur .\lexandre, avec chagrin, se crut obligé d'user de rigueur. M. Spéranski fut exilé, mais peu après nommé gouverneur civil de Penza, puis gouverneur général de Sibérie, avec toute latitude pour réformer et régler

l'administration de ce vaste pays. Plus tard il fut appelé au conseil de l'empire et traité avec distinction par l'empereur Alexandre, sans retrouver toutefois la même amitié, la même faveur.

Sous le règne actuel, il accomplit Timportanle tâche qui illustrera son nom en Russie. C'est sous sa direction et par son travail que toutes les lois de de l'empire ont été recueillies, classées, rangées en codes. Cette œuvre qui, dans l'intention de l'empereur, ne comportait aucune innovation, aucune réforme, qui ne devait être qu'une compilation méthodiquement faite, un inventaire retiré du chaos des lois russes pour servir ensuite de point de départ aux améliorations successives, était cependant de toute nécessité un travail législatif. Choisir parmi beaucoup de lois contradictoires, constater la désuétude des dispositions oubliées, rendre parfois général ce qui avait tenu à des circonstances transitoires, et tout cela sans aucun contrôle d'opinion, sans jurisconsultes aptes à éclairer cette besogne par leurs discussions, sans avoir pour guide une jurisprudence établie, sans autres lumières que les consultations de tribunaux ignorants, c'était évidemment donner des lois à la Russie. Le conseil de l'empire le pensa ainsi, et lorsqu'on lui proposa d'homologuer les quinze gros volumes qui venaient de lui être distribués en épreuves, et que pas un membre n'avait lus, U. y eut à peu près unanimité contre le projet d'investir d'un caractère ofQciel et authentique l'œuvre de M. Spéranski.

L'empereur était venu au conseil, s'était fait rapporteur du projet et en prit la défense. 11 parla, et, d'après ce qu'on m'a raconté, avec cette netteté et cette force qui prêtent de la puissance à son langage.

Sans nier la vérité des objections, il fît remarquer qu'une classification méthodique, FéUmination des articles abrogés ou tombés en désuétude, le choix ou l'éclaircissement des textes donneraient au public, aux magistrats, au gouvernement une faciUté plus grande à reconnaître ce qui devait être réformé ou changé. On se perdait auparavant dans un chaos de lois obscures, inconnues, contradictoires. Maintenant la tâche de l'examen, l'action de la critique, l'épreuve de l'expérience se trouvaient déterminées. En parlant de hi législation russe, personne ne savait même de quoi il s'agissait. Désormais la complète publicité et la mise en pratique apporteront successiA'ement des lumières au législateur, et il corrigera ce qui doit l'être. Enfin, à supposer que ce travail ne soit pas encore une amélioration, c'est du moins la meilleure voie pour arriver à des perfectionnements.

Les arguments de l'empereur étaient au moins spécieux et sa volonté semblait décidée. Toutefois il n'aurait pas eu la majorité dans son conseil. Il chercha un moyen terme et proposa de publier le Recueil et de ne lui attribuer le caractère officiel et obligatoire que deux ans après.

Cette déUbération eut Ueu en 1833, Ainsi les codes sont en vigueur depuis trois ans et aujourd'hui tout le monde convient que cette publication a été un grand bienfait, puisqu'elle a porté la lumière et l'ordre dans une honteuse confusion, et qu'elle manifeste la nécessité de certaines réformes qui n'en seront ainsi que plus rapidement amenées et mieux préparées.

Mais, comme le disaient les opposants, il n'en est pas moins vrai que M. Spéranski faisait une législation et que l'acte de choisir et d'éclaircir les textes comportait

une latitude très arbitraire. Aussi les opinions et l'esprit du compilateur se retrouvent, dit-on, dans l'ensemble et les détails de son œuvre.

M. Spéranski appartenait à ce qu'on appelle aujourd'hui le parti unisse. Cette dénomination ne se rapporte plus, en ce moment, à la politique extérieure, à moins quon ne veuille remarquer que dans cette opinion le penchant à ne point se mêler des affaires de l'Occident est encore plus marqué que dans les autres nuances de l'opinion générale. Le parti russe se compose d'hommes qui, tout en honorant la mémoire de l'empereur Alexandre, blâment en lui le goût des innovations empruntées à l'Europe, les essais d'imitation étrangère, un certain dédain pour la barbarie de son empire, ses velléités hbérales et l'estime qu'il accordait si facilement aux lumières ou à la capacité des étrangers.

Conserver l'esprit russe en l'éclairant et le développant, garder les traditions, améUorer ce qui est sans jamais le dénaturer, respecter rehgieusement tout ce qui caractérise la nationalité, n'importer du dehors aucune institution, marcher àla ci\àlisation en prenant pourpoint de départ l'état social actuel, voilà le catéchisme du parti russe, et comme c'est spécialement le symbole de l'empereur Nicolas, on peut dire que le parti 7'usse c'est tout le monde. Il y a sur ce texte des phrases toutes faites que chacun répète avec une affectation de patriotisme. Ce sont les heux communs de la conversation contre lesquels il n'y a rien à objecter, car ils ont un fonds de vérité, et tout dépend delà mesure apportée à leur application.

Soit qu'il y fût naturellement enchn, soit que, malgré son apparence d'austère vertu, M. Spéranski fût inspiré

par le désir de plaire au maître, toujours est-il que nombre d'hommes éclairés lui reprochent d'avoir outré et poussé au dernier terme le respect pour la vieille législation et la tradition russes. On assure qu'il aurait pu se rapprocher beaucoup davantage du droit européen, soit teutonique, soit romain. Les relations internationales avec les États voisins en éprouvent souvent de la gêne et de l'embarras.

Les hommes éclairés de l'aristocratie russe se plaignent aussi de la tendance, non pas démocratique, ce mot n"a ici aucune application, mais de l'esprit de nivellement qu'on peut reconnaître, disent-ils, dans le travail de M. Spéranski. En cela encore, il n'aurait pas été mauvais courtisan.

M. Daschkoff est aussi un homme éclairé, spirituel, plus mêlé aux idées européennes, sachant reconnaître que la justice et la raison y conduisent tout comme l'imitation et qu'on se rencontre habituellement avec les principes de nos législateurs, sans avoir songé à les copier. Mais il ne saura sûrement pas se tenir sur cette route, si une autre lui est indiquée parla A'olonté suprême. Dans tous les cas, aucune réforme ne se fera promptement, toute objection favorable au maintien de l'état actuel des choses paraîtra forte et respectable. Le premier travail que l'empereur ait recommandé, c'est un projet de code criminel comprenant lapénaUté et la procédure. Faire sur ce sujet quelque chose de conforme à ce qui nous semble indispensable pour assurer une bonne justice, serait tellement éloigné de ce qui est, qu'il s'écoulera assurément un très long temps avant qu'on voie se dessiner un résultat.

DU COMTE MOLE

Paris, 19 mars 1839.

Mon cher ami, je me représente tout ce qui doit se passer dans votre esprit et je me persuade que ce ne sera pas un médiocre plaisir que de vous écrire encore une fois et de vous envoyer un dernier courrier. Rien ne peut vous donner la mesure des intrigues, des violences électorales de la coalition pour nous renverser : l'action de ses journaux surtout a été terrible. Les doctrinaires et M. Berryer ont la plus grande part dans la victoire et les moyens révolutionnaires qui l'ont procurée. Je pourrais citer quarante élections qui étaient à nous si M. Berryer n'avait fait voter avec l'extrême gauche des légitimistes qui refusaient le serment depuis 1830.

Mais à peine avions-nous donné nos démissions qu'un spectacle inouï a pris place : C'est rue de la Ferme-des-Mathurins, chez M. Barrot.que M. Thiers et Guizot ont à l'instant transporté le siège du gouvernement. Là on a discuté les candidats ministériels, on a demandé et distribué les portefeuilles. M. Guizot, s'appuyant des conseils et de l'interv'ention de M. de Broglie, a bientôt présenté son ultimatum : l'intérieur pour lui, les finances pour M. Duchâtel. A ce prix il s'engageait à faire porter par tous les amis M. Barrot à la présidence. L'ultimatum fut rejeté par M. Thiers qui proposa M. Duchâtel à l'intérieur (comme je l'avais fait au 15 avril) et M. Guizot à l'instruction publique. La gauche doctrinaire, MM. Duvergier et de Rémusat, étaient d'aAds qu'on acceptât; M. de BrogUe fit refuser et toute la doctrine, dupe et ulcérée, resta sans

aucune part dans le butin; de là le cabinet qui, selon toute apparence, sera demain dans le Moniteur, ainsi qu'il suit : Soult, guerre et présidence; Thiers, affaires étrangères et chef réel du cabinet; Passy, intérieur; Dufaure, commerce; Sauzet, travaux publics; Dupin, justice et cultes; Humann, finances; Villemain, instruction publique.

On annonce beaucoup de secondes places données à la gauche et on irait jusqu'à M. Chambolle, du Siècle, et qui dépasse de beaucoup M. Barrot. Le cabinet est divisé avant d'être formé ; Soult, Dupin et Humann d'un côté (c'est la résistance), et le reste de l'autre. La résistance veut attirer à elle les 25/, réduits à 307 qui me soutenaient, et Guizot s'efforce de se réconcilier avec eux. 11 ne tardera pas à commencer son opposition au nouveau cabinet. Il ne lui reste que Vhonneur sans profit d'avoir mis le roi et le pays dans l'état où ils se trouvent. Il est certain que les nuances du parti conservateur dans la Chambre, si elles se réunissent, auront une majorité de quarante à cinquante voix, mais les doctrinaires vont y remplir leur ofûce ordinaire, leur rôle éternel de dissolvant. Ils vont vouloir tourner au profit de leur orgueil et de leur ambition la guerre, et aussitôt la moitié de notre ancienne majorité leur préférera M. ïhiers et son cabinet. C'est ainsi qu'ils sont les fléaux de notre malheureux pays depuis qu'ils influent sur ses destinées.

N'allez pas croire, cher ami, que je me laisse entraîner par aucun ressentiment personnel. Grâce à Dieu je possède mon âme, et ma conduite le prouvera, je vivrai au milieu de mes amis et entouré de l'estime dont on veut bien me prodiguer tant de témoignages, mais loin de toute intrigue et même en gardant une

réserve et un silence dont je ne sortirai que si l'on m'y force, en attaquant les hommes ou les choses de mon administration. Sans l'inquiétude que je conserve pour la chose puhlique, je jouirais avec déUce des loisirs que je retrouve et de la vie qui m'attend. Celle que je quitte avait des amertumes et des dégoûts dont il vous serait impossible d'apprécier la mesure. Je me demande avec anxiété ce que vous allez devenir. On prétend que M. Thiers veut renouveler le personnel de cinq ambassades; je suis persuadé qu'il n'en fera rien. Sa rare intelUgence lui donnera de meilleurs conseils. C'est l'opposition qui jette cette nature vive et mobile dans les écarts. Au pouvoir je l'ai toujours vu circonspect et mesuré. Il y conserve sa mobiUté, mais il y perd son emportement. Vous savez que j'ai toujours eu du goût pour cet esprit si brillant et si varié, mais je le redoute plus qu'aucun autre appliqué à une sorte d'affaire oii l'on ne se passe pas impunément des seules qualités qui lui manquent.

Mars 1839-Mars 1840(1).

DE LA DUCUESSE D E T A LLE YR AN D .

Paris, 0 avril 1839.

La Chambre s'est réouverte, hier sans roi et pour ainsi dire sans ministère. Elle règne, elle gouverne,

(1) ÉvÉNEMEXTs DE MARS 1839 A MARS 1840. — Le maréchal Soult est chargé de former un cabinet. — Il tente de faire un ministère de grande coalition ; les coalisés ne parviennent pas à s'entendre. — Le maréchal essaye de constituer un ministère de centre gauche. — Cette combinaison échoue au dernier moment (21 mars). — Le duc de Broglie, tout en refusant un portefeuille, cherche à rapprocher M. Thiers et M. Guizot. — Insuccès de cette tentative. — Constitution d'un ministère provisoire avec: M. de Gasparin, ministre de l'intérieur et par intérim du commerce et des travaux publics ; M. Girod (de l'Ain), ministre de la justice et des cultes ; M. le duc de Montebello, des afTaires étrangères; le général Dospans-(Aibières, de la guerre ; le baron Tupinier, de la marine ; M. Parant, de l'instruction publique; M. Gautier, des finances (3 mars). — Désordres à l'ouverture de la session (4, 5, 6 avril). — M. Guizot se rapproche des conservateurs. — M. Passy, leur candidat à la présidence de la Chambre,

elle administre; enfin, il faut le dire, c'est de la révolution adoucie encore, mais qui ne le sera pas long-

l'emporte sur M. Odilon Barrot. — Nouvel échec d'une combinaison centre gauche. — Inquiétude générale. — A Toccasion d'une interpellation de M. Mauguin, explications données à la Chambre par les principaux personnages ayant joué un rôle dans ces dernières crises (23 avril). — M. Passy, chargé de former un cabinet, propose une combinaison centre gauche. — M. Dupin, qui devait en faire partie, se dérobe. — Elle échoue (30 avril). — Autres tentatives sans résultats. — Une proposition d'adresse au roi pour lui demander la constitution d'un ministère définitif est prise en considération par la Chambre. — Émeute du 12 mai. — Elle est réprimée. — Le roi et le maréchal Soult profitent de l'émotion publique pour former un cabinet ainsi composé : le maréchal Soult, duc de Dalmatie, ministre des affaires étrangères et président du conseil; !M. Teste, ministre de la justice et des cultes ; le général Schneider, ministre de la guerre ; f amiral Dupcrré, ministre de la marine ; M. Duchàtel, ministre de Tintérieur; M. Cunin-Gridaine, ministre du commerce; M. Dufaure, ministre des travaux publics; M. Villemain, ministre de l'instruction- publique ; M. Passy, ministre des finances (12 mai). — Le ministère est médiocrement accueilli par la gauche et le centre gauche mécontents de l'échec de la combinaison de coalition, par les conservateurs aux yeux de qui il a le tort d'être composé en grande partie d'adversaires de M. Mole. — M. Gnizot le soutient. — Irritation de M. Thiers. — M. Sauzet est nommé président de la Chambre contre M. Thiers 14 mai}. — Procès des émeutiers du 12 mai. — Calme général. — Faiblesse du cabinet. — Aux approches de la session de 1840, M. Thiers recommence une campagne contre le ministère; il offre son alliance, repoussée par les doctrinaires, à M. Mole qui, sans l'accueillir formellement, ne se montre pas

temps si j'en crois les horribles figures qui barraient hier les communications entre les deux faubourgs. Ils

insensible à ses avances. — La gauche cherche à provo- <iuer un mouvement d'opinion en faveur d'une réforme électorale. — Émiettement de la Chambre. — Discussion de l'adresse. — Débats sur la politique intérieure et extérieure. — Dépôt d'un projet de loi pour la dotation du duc de Nemours, dont le mariage est annoncé aux Chambres (23 janvier 1840). — Vives polémiques dans la presse sur cette proposition. — Le projet est rejeté sans débats -{20 février). — Démission des ministres. — En Angleterre : La situation parlementaire reste la même ainsi que l'impuissance du cabinet sur presque tous les points, — Le ministère mis en échec à la suite de la discussion d'un biU suspendant provisoirement la constitution de la Jamaïque et les pouvoirs de son assemblée législative, se retire (6 mai 1839). — EfTorts infructueux de Sir Robert Peel pour constituer un ministère tory. — Retour aux affaires du cabinet Melbourne. — Effervescence radicale. — Troubles ouvriers. — Les questions sociales agiti^nt virement l'opinion. — A l'extérieur la politique anglaise se montre de plus en plus ambitieuse, méfiante et exclusive. — Discussions successives au Parlement sur les affaires de Belgique, d'Espagne, de Portugal, d'Amérique et d'Orient. — Expédition en Afghanistan. — Entrée des troupes anglaises à Candahar et à Caboul (7 août). — Occupation d'Aden. — Difficultés avec la Chine au sujet du commerce de l'opium. — En Allemagne: La Diète de Francfort adhère au traité conclu entre la Hollande et la Belgique. — Elle répond à la protestation dos villes de Hanovre, en faveur de l'acte constitutionnel de 1833, dans des termes équivoques dont les deux parties peuvent également se prévaloir. — La lutte continue entre le roi de Hanovre et les Etats généraux convoqués de nouveau. — Protestation des magistrats de la capitale. — Tentatives inutiles de conciliation.

injuriaient les voitures des gens bien mis et les armes sur nos carrosses leur ont singulièrement déplu. Yous

— Le pays continue à refuser de payer l'impôt et de procéder à des élections. — En Prusse : Suite du conflit religieux. — Condamnation et déchéance de l'archevêque de Posen. — Sa fuite de Berlin et sa détention dans la forteresse de Kolberg. — Mécontentement des populations catholiques. — Heureuse administration intérieure. — Nombreuses mesures favorables au développement du commerce et de l'industrie et aux intérêts de la classe ouvrière. — En Autriche: Progrès administratifs et industriels. — Difficultés avec la Diète de Hongrie. — En Russie : Continuation de la guerre du Caucase. — Déclaration de guerre au khan de Khiva. — Réunion des grecs-latins à l'Église grecque. — Défense aux évèques catholiques de communiquer avec le Saint-Siège. — En Turquie: Préparatifs de guerre. — Sortie de la tlolte ottomane du Bosphore. — Note du sultan à la Russie et à l'Autriche, dans laquelle il déclare ne pouvoir tolérer plus longtemps les agissements d'un pacha rebelle. — Sommation faite au pacha d'Egypte. — Hafiz-Pacha reçoit le commandement des force? de terre. — L'armée ottomane passe l'Euphrate (21 avril 1839;. — Sortie d'Alexandrie delà flotte égyptienne (juin). — Bataille de >'ezib, Ibrahim remporte la victoire (24 juin). — Mort de Mahmoud (30 juin).

— Avènement d'Ahdul-Medjid son fils. — Défection de la flotte ottomane amenée par Achmet-Feruzi-Pacha dans les eaux d'Alexandrie (14 juillet). — La Porte est disposée à traiter. — Note du 2T juillet signée par les représentants des cinq puissances à Constantinople, détournant la Porte d'un arrangement direct avec le pacha. — Dissentiment croissant entre la France et l'Angleterre sur la question égyptienne. Lord Palmerston ne veut pas d'une Egypte forte qui pourrait être un danger pour l'Angleterre dans la .Méditerranée et qui en afTaiblissant la Porte la jetterait

voyez tout ce qu'il y a de mauvaises réminiscences dans de pareilles dispositions. M. Mole dit tout haut

sous la dépendance de la Russie. — L'Xngleterre demande le concours des autres puissances. — La Russie aux aguets de tout incident susceptible de brouiller la France avec la Grande-Bretagne s'empresse de répondre à son appel. — L'Autriche s'éloigne de nous et se rapproche du tsar. — Le gouvernement français persiste à soutenir les prétentions de Méhémet-Ali. — Mission de M. de Briinnow à Londres pour proposer à lord Palmerston une entente sur la question d'Orient. — Il fait part du désir de l'empereur Nicolas de voir la France laissée en dehors de toute solution (septembre). — Malgré lord Palmerston le cabinet anglais repousse les propositions russes et offre une transaction au gouvernement français (3 octobre). — Celui-ci maintient ses exigences. — M. de Brûunow revient à Londres avec pleins pouvoirs pour conclure une convention relative aux affaires d'Orient ; il déclare que la Russie accepte le principe de l'admission simultanée des pavillons alliés dans les eaux de Constantinople. — Le maréchal Soult exprime sa satisfaction de cette concession (9 décembre), mais il persiste dans son attitude hautement favorable au pacha. — En Grèce : Progrès de la faction russe. — Conspiration pour le renversement du roi Othon. — Sa découverte. — Le ministre de l'intérieur Glarakis, un de ses instigateurs, est destitué. — En Espagne : La guerre civile entre dans une phase plus favorable pour le gouvernement de la reine, grâce aux dissentiments entre eux des partisans de don Carlos. — Défection d'un de ses principaux généraux, Maroto, qui signe avec Espartero le traité de Vergara, stijiulant l'engagement de proposer aux Cortès le maintien, à peu de modifications près, des fueros des provinces Basques et de Navarre, et laissant leurs emplois, grades et décorations aux officiers de son armée (31 août 1839). — Entrée de don

que son ministère a été le ministère Martignac du gouvernement de Juillet, car il faut que vous sacliiez ce qu'on dit tout, tout haut, à tout venant avec une liberté effrayante, ce qui prouve qu'on ne compte plus avec personne et qu'on ne ménage plus rien. Du reste, je ne crois que trop à l'exactitude des propos que je vous citais. Quant à M. Royer, que je vois souvent et avec lequel je parle très tendrement de vous, il dit que la coalition a détroussé le gouvernement. Il est triste, tous les honnêtes gens le sont.

Je serai après-demain dans mon appartement (J). Le 8 nous y signons le contrat de mariage de ma fille (2 -, le 9 elle se marie à la municipalité, le 10 à Saint-Thomas d'Aquin.

Carlos et de sa famille en France '14 septembre'. — Agitation radicale à Madrid et dans les provinces. — Modification dans le ministère où entrent des exaltés et des modérés.

— Dissolution des Cortès (l"^'" juin'. — Les élections semblent donner l'avantage au parti avancé. — Ouverture de la session. Vote de la loi des f lieras \~ octobre\ d'une amnistie. — Adresse hostile au ministère. — Prorogation puis dissolution des Cortès ,31 octobre;. — Espartero semble se prononcer pour le parti avancé. — Les élections donnent la majorité aux modérés. — Ouverture des Cortès.

— Émeute â Madrid (24: février 1840).— Mise de cette villeen état de siège. — En Portugal : Le cabinet, victorieux dans la discussion de l'adresse, est battu sur la question de Taugmentation de l'armée. — Nouveau ministère juste milieu, entre les ultras et les charlistes. — Difficultés sérieuses avec l'Angleterre au sujet de la traité des nègres.

— Découverte d'une conspiration migueliste. c. b. (1) Rue de Grenelle-Saint-Germain, 87. c. b.

(2 Avec Henri de Castellane, fils du général de Castellane et de madame de Castellane, née Greffiilhe. c. b.

Depuis que je suis aux prises avec les préparatifs réels du mariage de Pauline, je suis émue et en larmes tout le jour. Cette vie de jeune fille qui se termine pour faire place à une phase si nouvelle, si différente, si sérieuse, me jette dans une anxiété inexprimable. Puis nous allons bientôt approcher du plus triste anniversaire de ma vie ! Que d'images douloureuses, de souvenirs déchirants, mais aussi quel retour vers vous, mon excellent ami, et vers les consolations intimes que j'ai trouvées dans votre cœur, si bon, si tendre, si ingénieusement bienfaisant pour le mien. Croyez que je n'oublie rien.

Je vois madame de Lieven de temps en temps, mais nous demeurons assez loin l'une de l'autre; moi je suis absorbée par mes soins domestiques; elle ne s'intéresse jamais assez à ses amis pour s'identifier à ce qui les touche dans leur vie privée et je n'ai pas de vie politique. 11 en résulte non pas de la froideur, mais un peu de relâchement dans nos rapports. Je sais qu'elle réunit toujours chez elle tout ce qui peut lui donner des nouvelles et exciter un peu les seules cordes sensibles de son esprit. La mort de son mari n'a rien changé à ses habitudes ni à ses goûts. Elle voudrait se lixer absolument ici, mais il faut auparavant savoir quel sera son revenu et elle attend pour le connaitre le résultat du voyage que ses lîls se proposent de faire en Russie.

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