‹ Souvenirs;Chapitre 24 sur 49 · AU VICOMTE DE HOUDETOT · texte numérisé non relu

AU VICOMTE DE HOUDETOT

Paris, 26 septembre 1817.

Les élections ont produit ici un moment de crise assez curieux. Le calme extérieur a été complet, mais

les alarmes tlu gouvernement ont dépassé les limites raisonnables. Pour avoir couru la chance de quatre députés scandaleux, on croyait tout perdu et l'on pensait déjà à changer de conduite. Peut-être n'est-on pas assez bien remis. En résumé, l'élection de Paris a démontré que le commerce et la Banque sont non seulement malveillants, mais ennemis. Ils ont sur la masse des électeurs une grande influence de position, qui a été fort aidée par un mouvement d'opinion très inattendu du gouvernement. Mais le ministère, bien que pris au dépourvu, a pu en trois jours combattre et vaincre cette hifluence.

Dans les provinces, les élections sont excellentes. Il n'y a donc pas de quoi se désespérer. C'est maintenant qu'il faudrait suivre plus que jamais la marche qu'on a dû se tracer. Le nouveau venu (1) y contribuera de toute sa raison et de toutes ses lumières. Sera-t-il toujours compris et écouté? Je n'en réponds pas.

Au milieu du déluge de pamphlets et d'injures que les élections ont fait naître, M. Constant s'est livré à une méchanceté bien inutile et bien aveugle. Il a, avec tout le venin de son talent, rappelé à propos des reproches qu'on lui faisait, sa communauté de fonctions avec Mathieu pendant les Cent-Jours. Je suis d'avis de ne pas ramasser ce gant et de ne point répondre. Cela n'est pas encore décidé. Celui-ci a tracé un exposé fort simple et fort piquant de sa conduite h cette époque, mais je préfère encore le silence.

(1) M, MoIé, nomme minisLre de la marine, le 15 septembre 1817. c. B.

J'ai raconté plus haut comment M. Constant avait réussi à se préserver de l'exil, mais lorsque la Chambre de 1815 manifesta son ardeur passionnée de réaction et de vengeance, il pensa qu'il était prudent de s'éloigner et de ne pas rester exposé aux mesures de rigueur qu'elle voulait imposer au gouvernement. Il se retira à Bruxelles pour ne rentrer à Paris qu'après l'ordonnance du 5 septembre.

Il y revint dans une disposition assez calme ; il se proposait de ne pas être hostile au gouvernement. Peu après son retour il publia un écrit intitulé : De la politique qui peut réunir tous les partis et en adressa un exemplaire à M. Decazes en lui témoignant une déférence inspirée sans doute par la reconnaissance. Il applaudissait à l'ordonnance du 5 septembre, au projet de la loi électorale et aux intentions libérales qu'annonçait le ministère. Il demandait que, pour concilier tous les partis, le pouvoir ne refusât ni le concours ni les services de quiconque « n'était pas souillé par le crime ». Mais il ne se rendait pas compte du changement que le triste épisode des Cent-Jours avait dû faire dans sa position.

M. Constant, amnistié par le roi, ne l'était pas par tous ses amis ; il ne retrouvait point dans la société où il avait vécu la même familiarité. Il s'aigrissait du blâme qu'il avait encouru, quoique personne ne le lui manifestât. Trop fier, placé trop haut par sa réputation et son esprit, pour accepter l'in-

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diligence, il s'irritait de voir que pour tant d'autres le fait d'avoir servi le gouvernement des Cent- Jours fût à peine remarqué, tandis que pour lui c'était un motif de refroidissement. Il estimait injuste qu'on prit au sérieux les paroles énergiques et solennelles imprimées, la veille du 20 Mars, paroles écrites sans conviction et inspirées par une impression fugitive quoique ardente. Elles n'avaient point dans sa conscience la valeur que leur avait donnée le public. Il n'avait plus l'appui de madame de Staël dont la vie politique avait été constamment mêlée à la sienne ; elle ne s'empressait pas de rentrer à Paris et prolongeait son séjour en Italie. Du reste, de tous les amis de M. Constant, aucun n'avait été moins étonné que madame de Staël de le voir se rallier à Napoléon, Il se trouva donc jeté dans une opposition de plus en plus hostile, non pas seulement au ministère, mais au gouvernement royal : opposition inconciliable, qui, loin de se contenter des libertés constitutionnelles, n'en usait que comme moyen d'attaque.

Nous n'avions pas cessé de nous voir, mais nous ne nous cherchions pas. Jamais une parole amère n'était prononcée entre nous. Je le rencontrais chez madame de Staël qui, revenue malade, donnait de si tristes inquiétudes. Mais il était plus occupé du succès de ses brochures que des souffrances et du déclin de notre amie.

Après qu'elle eut cessé de vivre, il continua à

aller de temps en temps chez madame de Broglie. Bien reçu, par souvenir plus que par goût, M. Constant ne s'y sentait point sur son terrain. Opinions politiques, morales ou religieuses, tout était différent. Il s'était choisi une autre société où il s'entretenait habituellement avec les hommes de son parti. Il passait ses soirées dans les salons de M. Laffitte, de madame Gay ou de madame Gévaudan. Assurément, on n'y goûtait pas aussi bien le charme de sa conversation, l'abondance de ses idées, le mouvement de son imagination, la supériorité de son esprit, que parmi ses amis d'autrefois ; mais il y avait pourtant des succès. On le lisait; il était populaire dans les journaux libéraux et dans le camp ennemi de la restauration Il devint plus considérable encore lorsque, un peu plus tard, il fut député. Sans avoir jamais une réputation de grande éloquence, la Chambre Técoutait avec une vive attention. Ses discours étaient spirituels, incisifs, redoutables à ses adversaires; mais ils ne donnaient à personne l'idée d'un orateur convaincu, d'opinion consciencieuse et sincère. La pratique des affaires, l'expérience qui s'acquiert dans l'administration, la magistrature ou le barreau, lui manquaient complètement. De sorte qu'il avait cette physionomie de littérateur qui, dans les assemblées, établit toujours une prévention défavorable. Son ardeur d'homme de parti était violente sans être vraie. Il le savait et on le savait. La politique animait

sa vie, lui procurait des émotions, faisait battre son cœur blasé, agissait sur lui comme les jeux de hasard, dont il n'avait perdu ni le goût ni le besoin. Il avait des procès, des duels, des discussions personnelles à la Chambre ou dans les journaux. Tout cela lui composait une existence sans vide et sans ennui, mais fiévreuse. Toutefois à travers l'agitation de sa vie, son esprit restait libre, dégagé, spectateur de lui-même. Plus sceptique que jamais, ce qui était pour lui une souffrance plutôt qu'un apaisement, c'était par une impulsion volontaire qu'il se lançait dans les controverses les plus passionnées. Je suis furieux! mais ça m'est égal, est un mot de lui qui le peint tout entier.

Ainsi s'écoula pour M. Constant l'époque de la restauration, à aucun moment il ne se rapprocha des ministres favorable aux opinions libérales ; il semblait même parfois prendre plaisir à déranger leurs mesures, à blâmer les ménagements que la prudence leur imposait, à rendre leur situation difficile, à précipiter leur chute. Quelques-uns de ses anciens amis étaient dans l'administration, il ne s'efforçait que plus vivement à les contrarier. En 1819 et en 1820, lorsque j'étais directeur des contributions indirectes, à lui jusqu'alors très indifférentes, il était de toute la gauche le plus agressif et le plus taquin contre moi. Aussi les pétitionnaires et les dénonciateurs s'adressaient- ils surtout à lui et il n'hésitait pas à présenter, d'ordi-

naire sans raison ni bonne foi, lours doléances à la Chambre des députés.

Malgré l'ardeur de son opposition, il se tint cependant à l'écart des conspirations, dos carhonari et des sociétés secrètes, non par manque de courage mais par bon sens. Tout cela lui paraissait plutôt sottises qu'imprudences. On disait que son opposition s'arrêtait toujours à la limite qui le séparait du procureur du roi.

En 1846, il publia son roman Adolphe, qu'il m'avait communiqué depuis quelques années, et qui eut tant de succès. C'est une peinture colorée et fine de lui-même dans la sphère de ses affections. La situation où il a placé Ellenor est celle d'une personne que je n'ai pas connue, et dont j'ai souvent entendu parler par nos amis communs, car il ne m'a jamais rien confié de ses relations de sentiments. Madame Lindsay était la maîtresse de M. de Lamoignon. J'ai ouï dire qu'en olTet elle avait aimé M. Constant plus peut-être que nulle autre femme. Ce qui est évident, c'est qu'il a voulu peindre l'impatience du joug qu'impose une aflection vive et le besoin d'indépendance en contrariété avec la faiblesse du caractère. On remarque dans Adolphe la crainte de faire de la peine et en même temps un certain goût pour les émotions et les scènes violentes. Telle a dû être l'histoire de toutes les passions de M. Constant.

Il est impossible de lire cette autopsie si bien décrite et ce marivaudage d\ine exaltation mala-

dive sans en être profondément ému. Mais ce qu'il fallait voir, c'était M. Constant lisant son Adolphe avec une émotion déchirante, baigné de larmes et interrompu par ses sanglots, tant le souvenir et l'imagination avaient d'action sur sa mobile sensibilité.

Ce fut vers la fin d'octobre de cette année 1817 que le duc d'Angoulême fit son long voyage en Normandie, en Bretagne et en Vendée. Il allait dans ces deux dernières provinces, surtout, prêcher la paix et la conciliation, ou, comme on disait à cette époque, l'union et l'oubli.

Le ministore avait jugé qu'en faisant entendre aux fanfarons de guerre civile et à tous ceux que leurs vrais ou prétendus services rendaient exigeants, des paroles raisonnables dites par le prince, on réussirait à les calmer. En même temps on voulait montrer à l'opinion contraire que les Bourbons régnaient pour les bleus comme pour les blancs et diminuer ainsi bien des méfiances.

M. le duc d'Angoulême m'avait vu dans ce pays de l'Ouest : il pensait que je le connaissais bien et que je lui donnerais des informations impartiales. Il me fit prier de venir causer avec lui. Lorsque je lui parlai de tout ce qu'il y avait d'exagération dans les vanteries et les prétentions de cette foule de chouans et de Vendéens, pour la plupart fort étrangers aux glorieux faits des premières guerres, au dévouement chevaleresque des Lescure et des La Rochejaquelein; lorsque je

lui rapportai que leur influence sur la population

n'était guère que vaine présomption des uns,

moyen d'intrigue pour les autres, je le trouvai tout

persuadé : c'était ce qu'il croyait, ce qu'il aimait

à croire. Il enchérissait sur ce que je disais, se

moquant des jactances de ces messieurs, qu'il

appelait des « avaleurs de charrettes ferrées ».

Ce fut dans cette conversation surtout que je vis

en lui la crainte et la déplaisance qu'ont souvent

les princes de devoir quoi que ce soit à quelqu'un,

leur antipathie pour toute reconnaissance. Il passa

en revue presque toutes les catégories du parti

royaliste, les arrangeant à peu près de même

sorte. Je ne sais plus à pro|)os de quoi, il me cita

une démarche ou un mot du prince de La Tré-

moïUe, en s'écriant : « Un grand seigneur, par

conséquent un sot! » Quand je le vis lancé ainsi,

sans mesure, sans discernement, la peur me prit

qu'il ne partît en disposition de brutaliser tous les

Vendéens. Un prince de la maison de Bourbon

dur et repoussant pour la Vendée : c'était une idée

choquante, d'autant que M. le duc d'Angouh'^me

n'avait rien qui pût rendre imposante l'expression

de son mécontentement. Ce qu'il eût fallu, ce que je

souhaitais, ce que je tâchais de conseiller, c'était au

contraire un langage bienveillant et sympathique

qui n'aurait pas exclu des conseils raisonnables

donnés avec fermeté. Quant au parti patriote,

la tâche se présentait plus facile; il suffisait de

l'accueillir simplement, sans caresses affectées

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en se montrant impartial dans le partage de ses bonnes grâces. Tout cela était trop nuancé pour M. le duc d'Angoulême, et demandait plus d'esprit, des façons plus nobles plus princières que ne comportaient son naturel et ses habitudes. Ce voyage ne fit aucun bien. Les Vendéens se cabrèrent et ne virent en lui qu'un commissaire ministériel plus gauche qu'un autre. Ce fut à propos de cette mission que les royalistes prétendirent qu'union et oubli signifiaient : oubli de ses amis et union avec ses ennemis. Au reste, le prince plus habile et plus imposant, le résultat eût été à peu près le même. Son voyage était un de ces petits moyens, qu'on essaye parfois sans trop y compter et qui ne changent rien au fond des choses, aux résultats nécessaires d'une situation générale.

M. le duc d'Angoulême persista assez longtemps dans la direction politique qu'il avait semblé adopter à cette époque. Il s'imaginait du centre gauche et faisait froide mine aux royalistes zélés. Le prince marquait une grande confiance à M. Portai, qui nous disait souvent que ce serait un roi tout bourgeois et se portait garant de son règne futur.

La session débuta par la longue et brillante discussion de la loi sur la presse. Le ministère en sortit affaibli. S'il ne cessait d'avoir une majorité, quelques votes lui permettaient de la soupçonner médiocrement solide. Il avait eu lieu d'entrevoir que le groupe des doctrinaires et des

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constitutionnels, son meilleur soutien, pourrait être, dans certaines questions, un adversaire du lendemain.

J'écrivais après ce débat à M. de Montlosier :

Paris, 3 janvier 1818.

On croit généralement que le ministère a couru de très grands risques, moindres toutefois que ne l'ont supposé les ultras, qui se sont regardés comme sûrs d'un plein succès jusqu'au jour où la loi fut divisée. Ce jour-là, éclatèrent des rages et des désespoirs, le château en Espagne croulait. Mais la défaite des uns n'était pas le triomphe des autres, car les ministres se sont tirés de là avec peu de considération. On en craindrait d'autres, voilà leur force et c'en est une. Ils ont été gauches dans cette affaire du jury. Il fallait, trois mois auparavant, comprendre qu'en l'adoptant, ils se rendaient maîtres de la discussion. Leurs amis ont eu des torts, ils ont joué un jeu à les culbuter. Le concordat est une bien plus grande faute encore. Sa conclusion prouve que par ignorance ou par faiblesse on n'a fait nulle acception de l'opinion populaire, et ici opinion veut dire les provinces aussi bien que Paris, les boutiques aussi bien que les salons. Probablement la commission tardera longtemps à faire un rapport (1).

Après la loi du recrutement viendra le budget, la fin de la session, puis, je l'espère, l'heureuse issue de nos négociations avec les étrangers.

(i) La loi ne vint en effet jamais en discussion, c. b.

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C'est alors qu'on abordera une situation qu'on ne considère pas d'avance sans anxiété ni sans une sorte d'effroi. Le gouvernement restera face à face avec une nation tout autrement composée et constituée qu'aucune nation européenne, une nation qui n'a plus évidemment pour mobile que le calcul bien entendu des intérêts généraux, c'est-à-dire de tous les intérêts individuels. C'est un signe de civilisation, corrompue, rétrograde, tout comme vous voudrez, mais on ne change pas l'état d'un peuple en un jour. S'il vit en repos, peut-être se classera-t-il? Peut-être l'habitude créera-t-elle des forces morales pour succéder aux forces matérielles et toutes réelles qui sont aujourd'hui les seuls éléments de la société. Le fils du riche, le fils de l'illustre, se trouveront peutêtre posés naturellement et sans contestation à la place que leur père est, aujourd'hui, obUgé d'acquérir et de conserver par le fait et non par le droit. Mais, en attendant, le repos et le bon ordre seront-ils maintenus par ce mécanisme de discussions Ubres et publiques, ou bien la société n'est-elle susceptible de se réformer suffisamment que sous la compression d'un pouvoir absolu? et, dans ce dernier cas, le pouvoir absolu ailrait-il pour conditions d'être fort par luimême, avisé, impartial, sans préjugés, sans affections; car U ne pourrait lutter contre des gens qui lui demanderaient des garanties et qui, déçus sur ce point jetteraient bas son risible despotisme. Telles sont les questions que chacun se pose.

Devine, si tu peux, et choisis si tu l'oses.

Personne ne devinera, personne ne choisira. Le temps-

et l'événement décideront, car il n'y a plus un nom propre en France; rien ne dépend de personne.

La grande affaire de la session, le point le plus politique quelle dût toucher, était la loi sur le recrutement de l'armée. En ma qualité de membre du conseil d'État, j'avais été fort mêlé à son élaboration par cette assemblée, et, comme commissaire du roi, je fus chargé d'en soutenir les dispositions devant les Chambres (1).

Il n'y avait pas deux opinions possibles sur le rétablissement indispensable de la conscription, manifestement le seul mode d'avoir une armée. Ce n'était point le moment d'y renoncer lorsque l'adoptait toute l'Europe continentale. Aussi l'opposition du parti royaliste ne prétendait-elle pas môme à être de bonne foi sur cette question. Quant aux règles légales imposées à l'avancement, nulle atteinte plus directe et plus profonde ne pouvait être portée, non seulement aux vieilles opinions monarchiques, mais aux scrupules de beaucoup d'hommes raisonnablement attachés à la prérogative royale.

Cependant cette prescription légale était complètement nécessaire. Elle devenait la conséquence inévitable de la conscription et du recrutement forcé. Si dans les pays où ne régnent pas encore

(1) Voir Archives parlementaires, 2« série, t. XX, p. 402 et suiv., 520, 523, 531, 533, 534, 536, 538, 546, 547, 551, 552, 54, 574, 576, 578, 582, 601 et suivantes, c. b.

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les idées d'égalité qui sont la base du symbole politique de la France, il convient de donner une part plus ou moins large aux sous-officiers dans les places d'officiers, comment cette règle n'aurait-elle pas été essentielle à notre armée? Comment espérer l'obéissance, la discipline, le dévouement, si soldats, sous-officiers et officiers ne forment pas un seul ensemble homogène, avec des différences hiérarchiques, mais non pas des différences de classe? D'ailleurs, l'armée n'étaitelle pas à défendre contre l'invasion des promotions de faveur? Ne devait-on pas se garder contre les abus d'autant plus menaçants qu'ils se seraient présentés comme un droit, comme un principe monarchique de l'ancien régime?

Les doctrinaires se firent aussitôt les trompettes du projet que comptait déposer le maréchal Saint- Cyr, et bientôt on lui attribua une importance politique de premier ordre. Tout le système suivi par le ministère, toute la politique constitutionnelle fut engagée dans ce débat, comme l'année précédente dans la loi d'élection. Mais il fallait le caractère du maréchal pour arriver au succès du titre sur l'avancement, objet de toutes les hésitations des autres ministres qu'effrayait la lutte à soutenir contre les opinions monarchiques.

Je ne me rappelle pas avoir rencontré dans les

affaires un homme aussi fixement attaché à son

opinion sur un point déterminé que ne l'était le

maréchal Saint-Cyr. Dans une discussion, c'était

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