II
bons amis et ne nous laissez pas brouiller par les faiseurs de rapports.
Je ne sais pas comment a fini la commission de la Chambre des pairs. Les coryphées delà réunion Maison, vous accorderaient, je crois, les journaux pour un an sans commission, et sous votre responsabiUté. Ils me paraissent en disposition assez bonne pour traiter et concéder.
DU COMTE DECAZES
Paris, jeudi 17 février 1820.
Je me suis plaint, en effet, de vous à votre beaufrère et à votre beau-frère seul. Quand je n'approuve pas mes amis, eux seuls le savent et je ne l'ai dit à M. de Houdetot que pour qu'U vous le dise. Je n'ai pas pu ne pas remarquer, en effet, que nous ne nous voyons pas depuis huit jours; je n'ai point de^'iné vos motifs. Quant à votre situation, je suis loin de la comprendre comme vous. Vos motifs, je ne pouvais présumer qu'ils fussent ceux que a'ous me dites. Je crois vous avoir prouvé ma fidéUté à mes amis, et à vous particulièrement. Ils n'ont jamais eu besoin de m'é^'iter, et je ne sache ni que je les aie jamais fuis, ni que j'aie jamais cessé de les avouer hautement et de les défendre. Votre situation n'est pas telle que vous vous la représentez, et puisque nous parlons principes, ceux du gouvernement constitutionnel ne supposent pas que l'on abandonne ses amis politiques dans les plus grands embarras, qu'on les combatte, qu'on leur nuise, qu'on les renverse; car si je tombe, c'est vous qui m'aurez renversé! Et quel moment choisissez-
VOUS pour passer dans les rangs des ennemis de votre ami et du gouvernement? Celui où votre ami est l'objet des plus lâches attaques, celui où le gouvernement a à défendre le cœur du roi et de sa famille des poignards des assassins. Oui, vous me deviez vos conseils, vos avis, vos remontrances, sans doute, mais votre appui ; membre de l'administration vous en deviez autant au ministère et au roi. Que si quelque chose de plus fort que le devoir et l'amitié, la conscience, vous retenait, vous deviez du moins me condamner en silence et voter de même ! Qu'avez-vous fait, cependant? Je vous ai vu, je vous ai entendu blâmer hautement nos mesures, et en parler, le rire à la bouche, dans les groupes, au milieu de nos ennemis comme de nos amis. Vous nous avez ôté plus de dix voix que votre abandon a décidées. Qui a pu croire au gouvernement et à moi, lorsqu'on vous a entendu attaquer Tun et l'autre? Non dans les personnes, sans doute, mais qu'importent les personnes? S'agit-il d'elles ici? Nous avons perdu la commission de deux voix, la vôtre et celle de Germain. Les coryphées de la réunion Maison nous donneront les journaux, me dites-vous? et vous nous les refusez, vous qui avez été d'avis de la nécessité de prendre de grandes et fortes mesures contre l'anarcliie dès il y a quatre mois, comment pensezvous aujourd'hui qu'il n'y ait rien à faire de plus?
J'ai l'âme brisée, je pleure mes amis, mon pays, le roi, moi-même, vous, mon ami, de qui je devais attendre plus de fidélité poUtique, de qui j'avais mérité plus d'amitié.
404 SOUVENIRS DU BAROiN DE BARANTE.
AU COMTE DECAZES
Paris, vendredi matin 18 février 1820.
Mon cher ami, il y a bien de l'exagération dans tout ce que vous m'écrivez et je jjuis dire même que vous avez mal vu et mal entendu, hier, à la séance. J'attachais et j'attache encore quelque importance à ne pas avoir une commission irresponsable; mais j'ai dit que ma position ne me permettait pas de refuser aux ministres cette censure qu'ils croient nécessaire, lors même que je la crois peu utile. Je A-oulais, je veux encore vous sauver de l'anarchie, elle est menaçante. Le danger est pressant. Je n'estime pas ce que vous faites, bon, fort ni grand, j'ai peut-être tort, mais mon jugement est tout intime. Je n'ai ni le goût ni le talent de la prédication et de la séduction, et mon ardeur est si peu grande que, hier, je suis parti avant les deux derniers scrutins. Je n'ai pas plus parcouru les groupes que je n'ai ri de choses qui me navrent le cœur. Je vous ai écrit qu'il y avait sans doute à traiter, sans vous parler de moi, parce que je suis inhabile à ces sortes de négociations.
Et moi aussi, plus que personne, je pleure tout ce qui se passe. L'idée du roi me déchiie l'âme et votre position est ma pensée de tous les moments. J'irai chez vous voir si vous avez le temps de me recevoir. 11 y a plus de quinze jours que je ne vous ai adressé une parole. Gela était très simple lorsque vous aviez à faire une loi des élections qui me semblait si funeste et à sacrifier le renouvellement intégral. Depuis l'horrible événement de dimanche, j'ai tâché, tous les jours, de vous trouver.
JANVIER d8l9-FÉVRIER 1820. 405
Adieu. Je vous pardonne de grand cœur vos injustices envers moi. Vous avez bien autre chose à voir et à juger que mon caractère, ma conduite et mon amitié.
DU COMTE DE TOURNON
Bordeaux, 22 février 1820.
Que d'e'vénements, mon clier Barante, depuis nos dernières lettres ! et quels événements ! On a besoin de se rapprocher par la pensée de ses amis dans de si graves circonstances. Nous sommes ici à la fois accablés de douleur et soulevés d'indignation. Le mouvement excité par la fatale nouvelle a été admirable dans ce pays-ci et on ne peut décrire ni la consternation ni l'énergie qui se sont successivement manifestées. Il a prouvé quelles profondes racines l'amour de la monarcliie a jetées en France, puisque malgré la Révolution, l'usurpation et la prédication des plus déplorables maximes, cet amour est encore si vivace. Mais le reste de la France est-il ainsi disposé? Paris, qui compte pour à peu près le royaume entier, me parait bien froid. Dans ce cas, qu'espérer? Car ce ne sont pas des lois prohibitives qui sauveront la France de l'anarchie : peut-être avant trois mois cessera-t-on de les appliquer, ou, voulût-on le faire, on les éludera, et tout le monde se prêtera à la fraude. Encore une fois qu'espérer? La loi des élections est conçue dans un esprit monarchique, puisqu'elle donne de l'influence aux grands propriétaires ; mais sera-t-elle admise par les Chambres? Le remède qu'elle offre est d'ailleurs lent et incertain et le danger est immi-
lient. Le ministère, attaqué par les deux partis extrêmes, pourra-t-il agir avec pleine liberté; et s'il se retire, comment former une nouvelle administration qui n'appartienne ni à l'un ni à l'autre de ces extrêmes?
VII (1) Février i820-Janvier 1821.
A M. DE SERRE
Paris, 21 février 1820.
Tout ce qui s'est passé de triste et d'important depuis votre départ vous aura-t-il, malgré votre
(1) Événements DE FÉVRIER 1820 A JANVIER 1821. — M. de Richelieu remplace M. Decazes comme président du conseil et M. Siméon comme ministre de l'intérieur. M. Mounier est nommédirecteur général de radministration départementale et de la police. M. Capelle secrétaire général de l'intérieur. M. Porlalis, sous-secrétaire d'État à la justice. — Retraite de MM. Guizot, de Mirbel et Villemain. — Le nouveau cabinet se met en rapport avec la droite. — Discussion et vote de la loi de censure à la Chambre des pairs. — Majorité très douteuse à la Chambre des députés. — Cependant après une longue et vive discussion, elle vote la loi qui suspend la liberté individuelle. — Révolution d'Espagne. — Ferdinand VII est obligé d'accepter la constitution de 1812. — Joie qu'en éprouve en France le parti libéral. — Irritation du parti royaliste. — Inquiétude du
santé, irrésistiblement poussé à venir; alors cette lettre vous trouvera en route. Mon beau-frère, qui
ministère. — Avènement de George IV au trône d'Angleterre. — Conspiration de Thistlewood contre la vie des ministres et pour le renversement du gouvernement. — Élaboration, par la conférence de Vienne, de l'acte final qui achève de constituer la Confédération germanique. — Communications échangées entre les grandes puissances sur les affaires d'Espagne. — Violences de la presse. — Fermeté du ministère. — Discussion et vote de la loi de censure par la Chambre des députés. — Le parti doctrinaire se déclare formellement en état d'opposition contre le ministère. — Discussion et vote par la Chambre des pairs de la loi suspensive de la liberté individuelle. — Formation d'une association et ouverture d'une souscription pour venir au secours des prétendues victimes de cette loi. — Poursuites judiciaires auxquelles elles donnent lieu. La Minerve, le Conservateur et plusieurs autres feuilles cessent de paraître. — Brochures. — Procès de presse. — Condamnations. — Retrait du projet de la loi électorale présenté par M. Decazes. — On lui substitue un autre projet fondé sur le système de l'élection indirecte au moyen de la candidature. — Discussion et vote de la loi des comptes de 1818. — Pétition de M. Madior-Montjau, dénonçant le gouvernement du parti ultra-royaliste. — Grave débat qu'elle suscite à la Chambre des députés. — Explosion d'un pétard sous un guichet des Tuileries, dans le but supposé de faire avorter la duchesse de Berry. — Agitation du parti libéral dans les départements. — Succès de ce parti dans des élections partielles. — Le gouvernement se rapproche de plus en plus de la droite. — Avances de la gauche à M. Decazes. — Discussion de la loi des élections. — Complots, émeutes. — Débats violents dans la Chambre des députés. — Triomphes oratoires de M. de Serre. — La discussion se termine par une tran-
s'en charge, s'enquerra aA'ec soin si vous ne le croisez pas.
On a dû vous écrire beaucoup, et peut-être d'autres
saction qui substitue au projet de loi du gouvernement, la loi du double vote. — Désordres sur plusieurs points de la France par suite des troubles de Paris. Discussion et vote du budget. — Destitution des conseillers d'État doctrinaires, MM. Royer-Collard, Camille Jordan, Guizot, de Barante. Clôture de la session. — Alliance complète de la droite avec le ministère. — Vains efforts de M. Decazes pour rapprocher les doctrinaires du gouvernement. — Conspiration du 19 août, tramée par des officiers bonapartistes de concert avec de jeunes démocrates et avec le comité directeur où siégeait M. de La Fayette. — Arrestation d'un grand nombre de conjurés. — La Cour des pairs est convoquée pour les juger. — Fureurs de la presse royaliste qui demande des châtiments exemplaires. — Naissance du duc de Bordeaux (29 septembre). — Enivrement du parti royaliste. — Nouvelle oi^ganisation de la maison civile du roi, combinée par M. de Richelieu pour élargir le cadre de la cour et la rendre moins exclusive. — M. de Lauriston, ministre de la maison du roi. — Création d'un conseil royal de l'instruction publique substitué à la commission qui existait depuis 18io. M. Laine en refuse la présidence. — Réorganisation de l'infanterie de l'armée. Élimination d'un grand nombre d'officiers suspects. — M. de Serre se rallie entièrement à la droite. — Importante brochure de M. Guizot : Du gouvernement de la France depuis la Restauration et du ministère actuel. — Autres brochures sur la situation. — Convocation des collèges électoraux pour nommer tous les députés des collèges, de département et ceux du cinquième sortant des collèges d'arrondissements. — Présidents des collèges tous choisis dans la droite et le centre droit. — Nomination d'une foule de membres de la Chambre introuvable. — Exal-
récits auront-ils une autre couleur que le mien. Vous jugerez de chacun selon la confiance que vous accor-
tation des ultra-royalistes. — Commencement de leurs exigences. — Commutation de la peine de mort prononcée contre ceux qui avaient essayé de faire avorter la duchesse de Berry. — M. Madier-Montjau, cité devant la cour de cassation, est censuré par elle pour avoir dénoncé des complots ultra-royalistes sans être en mesure d'en fournir la preuve. — Suite des délibérations des grandes puissances sur la révolution d'Espagne, — Révolution de >'aples, où les carbonari et l'armée imposent au roi la constitution espagnole. — Sur la proposition de la France, appuyée par la Russie, les grandes puissances décident la réunion d'un congrès à Troppau pour aviser aux moyens de la réprimer. — Révolution de Portugal. — Troubles en Angleterre à l'occasion du procès de la reine. — Mécontentement en Pologne, où la Diète rejette des projets de loi proposés par l'empereur Alexandre. — Ouverture du congrès de Troppau. — M. de Mettcrnich amène l'empereur de Russie à renoncer à ses idées libérales et à se détacher de la France. — Protocole par lequel l'Autriche, la Prusse et la Russie posent le principe de l'intervention, même par la force, dans les Étals envahis par la révolution, et en font l'application au ro3aume de IS'aples. — L'Angleterre, tout en poussant l'Autriche à agir seule contre Naples, proteste contre les principes du protocole; la France n'y adhère qu'avec des restrictions, dans l'espérance de modérer l'action des puissances absolutistes. — L'Autriche, la Prusse, la France invitent le roi de Naples à se rendre à Laybach où le congrès va être transféré. — . A Naples, vains efforts du parti modéré pour modifier la constitution dans le sens de la charte française. — Le Parlement ne permet au roi de partir pour Laybach qu'après lui avoir fait promettre de maintenir la constitution. — Longues et difficiles négociations entre M. de Richelieu et MM. de Vil-
dez aux personnes, selon ce que vous savez de leur position et de leurs lumières.
Vous parti, tout espoir de rapprochement et de concert avec le centre gauche s'est évanoui. Certes, il y avait peu de chances ; plusieurs de mes amis s'étaient écartés de vous d'une manière décourageante ; mais enfin il n'y avait pas encore eu de tentatives faites vers la droite. Des démarches de ce genre une fois entamées, on s'y enfonça chaque jour davantage.
Les conseils du cabinet, les conférences, tout montrait que l'on cherchait ce genre d'appui et qu'on y comptait. Dès les premiers symptômes de ce concordat, je me tins complètement à l'écart : il me semblait clair qu'on était dupe. Les ultras mêmes se cachaient peu d'une ruse qui résultait plus encore de la position de leur parti que des projets de leurs chefs. En même temps Decazes était malade; son influence se faisait peu sentir; il ne s'engageait guère avec personne et conséquemment ne recrutait personne. Il était aussi fort visible qu'il voulait se servir de la droite, puis la laisser là. Elle ne s'y méprenait pas.
Sur ces entrefaites arriva cet horrible assassinat : la consternation fut profonde et universelle. Peut-être était-ce le moment de se recomposer sur-le-champ une majorité vers la gauche. Son ardeur d'opposition
lèle et Corbière, qu'il veut faire entrer dans le cabinet. Ils y entrent enfin (22 décembre) comme ministres sans portefeuille, aussi bien que M. Laine; M. Corbière est nommé de plus président du conseil de l'instruction publique, et M. de Chateaubriand, ministre à Berlin. — Ouverture de la session (19 décembre). (D'après les sommaires des chapitres Liv, LV, Lvi, Lvn, LViii, Lix, Lx, Lxi de l'Histoire de la Restauration par M. Louis de Viel-Castel.)
était abattue par la tristesse de l'événement, et elle avait peur du furieux élan qu'allaient prendre les opinions opposées. Cependant cette combinaison était audacieuse et difficile : il eût fallu braver des clameurs bien bruyantes pour contracter de telles alliances à ce moment même. Aussi au plus vite, sans nul concert préalable, on agit dans la supposition que ce déplorable crime devait rendre plus complète et plus prompte l'union ébauchée déjà avec la droite : les lois d'exception furent portées dans cette idée. Je vous répète qu'il eût été facile de les obtenir ou à peu près par la gauche. A peine eurent-elles paru, que les ultras proclamèrent qu'ils voteraient contre, tant qu'elles devraient être confiées à un tel ministère. Il y eut là mensonge et tromperie patente; ce qui était facile à prévoir : jamais piège n'avait été moins caché. En même temps, hors des Chambres, rien ne vous donnerait ridée du degré d'exaltation et de férocité où «talent parvenus les ultras : il n'était question que de massacres, d'assassinats, de vengeance ; on a pu craindre un instant de voir la guerre civile commencer dans les rues de Paris. Ils adoptèrent pour cri d'alarme ■que Decazes était l'assassin du duc de Berry, et l'on eut de cette bêtise tout ce qu'on put souhaiter d'effet révolutionnaire. On s'échauffa sur cette parole, on la crut après l'avoir dite; les femmes ne savaient rien répéter de plus; c'était une réalité pour les gardes du corps. En trois jours de temps, la faction fut aux ordres de Chateaubriand, de Martainville et de tous les coupe-jarrets des cafés de Paris. Le pouvoir de la phrase devint pour les ultras un instrument de pression dont ils usèrent sans relâche sur l'esprit du roi. Cependant ils se montraient par trop absurdes pour
réussir complètement dans leur manœuvre ; quel que fût le désordre du moment, la France ne pouvait être livrée à ce las de fols et de furieux. On s'est donc résigné à un but moins élevé, à un succès moins complet. Tout s'est dirigé exclusivement contre notre pauvre ami, et pour un ministère pareil à celui que vous avez remplacé l'an dernier. On a réussi hier. Aujourd'hui où en sommes-nous? Je l'ignore. Ce ministère-ci a-t-il le droit de compter sur les ultras? Pour les avoir en sa faveur, leur cédera-t-il comme en 1815? C'est ce que chacun se demande. Les hommes les moins clairvoyants n'aperçoivent là aucun moyen d'aller. Cette impossibiUté se manifestera-t-elle tout de suite, ou tardera-t-elle un peu?
Pendant qu'on travaillait à renverser M. Decazes, lagauche, effrayée, se rapprochait de lui et s'apprêtait à le soutenir. S'il servait h quelque chose de faire des reproches on eût pu s'en faire de part et d'autre ; cependant il y avait possibilité de s'entendre.
Que ferez-vous, mon cher ami? Vous êtes important dans tout ceci. Je n'ai point de résolution h indiquer à un homme tel que vous. Si vous restez, vous pourrez soutenir ce ministère, l'empêcher de verser à droite, le réconcilier avec le centre gauche, vous ferez du bien. Mais vous serez dans une position incomplète ; vous aurez, comme on l'a eu jusqu'ici, à ramasser de côté et d'autre, une majorité mobile qui, bon gré, mal gré, vous entraînera aussi à quelque mobihté. Si vous quittez, c'est à vous qu'on recourra tout d'abord, lorsque ceci ne marchera plus. Mais c'est une carrière plus hasardeuse, et où l'on procédera par crises; si elle vous mène à bien, ce qui est possible, vous vous trouverez dans toute votre force et complet comme
VOUS aimez à l'être. Choisissez pour vous et pour nous. Adieu. Il n'y a dans cette gazette que la substance des faits. Faites causer Anisson; il vous donnera des détails.