‹ Souvenirs;Chapitre 5 sur 49 · DU COMTE DE SESMAISONS · texte numérisé non relu

DU COMTE DE SESMAISONS

Paris, samedi 11 mars 1815.

On est fort alarmé et vous sentez, mon cher Barante, que j'ai peu le temps d'écrire. La nouvelle la plus importante est une dépêche télégraphique du préfet de Lyon, en date du 10, et parvenue dans la matinée. Elle porte peu de mots, ce sont ceux-ci : « Le prince va quitter au premier moment. »

Nous ne savons à quoi tient ce mouvement du prince. On disait Lyon bon. Si d'autres troupes ne lui passent pas, si Lyon lui a résisté, U n'y a encore rien de bien mal. Ce sera la guerre civile, mais on pourrait en voir l'issue. De plusieurs parts, il y a de bons chefs, de bons corps.

Les maréchaux sont arrivés, et on va savoir l'effet de leur présence. Les Chambres, assemblées ce matin, vont montrer une grande vigueur. On laissera tout pouvoir au roi.

Pendant ce temps-là, la maison du roi se concentre ici, et sera une bonne cavalerie pour employer avec la garde nationale. La demeure de Cambacérùs n'a pas désempli cette nuit. Tous les partis qui ne forment que des nuances se réunissent. M. Benjamin a écrit un article excellent. Chacun sait que ce n'est pas un autre roi qui nous serait ramené, mais le chef des soldats.

Page 1