‹ Souvenirs anecdotiques; médecine navale, saint-simonisme, chouannerieChapitre 23 sur 49 · XLIII. Séparation. — L'ancien Rhône et le nouveau · texte numérisé non relu

XLIII. Séparation. — L'ancien Rhône et le nouveau

Le temps d'embarquement du capitaine et de l' état-major du Rhône étant expiré, nous prîmes congé les uns des autres dans un dîner-gala, servi à l'hôtel de Provence. C'est à peine si, depuis ce jour-là, j'ai revu une ou deux fois quelques-uns de mes compagnons de bord. Sur une dizaine que nous étions au repas de corps d'adieu, tous échelonnés pour l^âge entre vingt-quatre et trente-huit ans, numéro du doyen de la table, combien sommes-nous de survivants aujourd'hui? Deux, si je suis bien informé, trois tout au plus.

Notre navire lui-même, le Rhône ^ se perdit en 1834 sur les côtes de

la Provence. Je ne lus pas sans quelque émotion, dans les journaux du temps, la mention de son naufrage, qui eut lieu toutefois avec cette heureuse chance que Téquipage entier fut sauf. L'ancien Bhône, qui avait été construit dans les chantiers de Gênes, sous le premier Empire, a été remplacé par un nouveau bâtiment du même nom, qui était employé naguère à ramener du Mexique la légion belge levée pour le compte de l'empereur Maximilien. Que n'a-t-il aussi ramené le malheureux prince!...

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