‹ Souvenirs anecdotiques; médecine navale, saint-simonisme, chouannerieChapitre 26 sur 49 · XLIX. Mouillage dans la baie de Sidi-Feruch et débarquement · texte numérisé non relu

XLIX. Mouillage dans la baie de Sidi-Feruch et débarquement

Après un long retard contre lequel on pestait généralement, surtout dans l'armée, la flotte reçut enfin Tordre de mettre de nouveau le cap sur l'Afrique. Le 13 juin, dans Taprès-midi, après avoir défilé devant Alger, elle mouillait sur la baie de Torre-Chica ou Sidi-Feruch, à huit lieues dans l'ouest de cette capitale des États barbaresques.

Les dispositions furent prises pour opérer le débarquement le lendemain dès le point du jour. Les soldats, pour s'y préparer, commencèrent par jeter à l'eau une partie des ustensiles dont on les avait pourvus et qu'ils jugeaient devoir être pour eux plus embarrassants qu'utiles.

Suivant les ordres donnés, dès minuit les embarcations de tous les bâtiments se rendirent autour du vaisseau amiral la Provence, et de là chacune d'elles était envoyée prendre le détachement de troupes qu'elle devait transporter à terre.

Le débarquement s'opéra sans pertes notables, sous le feu de quelques pièces de canon qui, mal établies et mal servies par les Turcs ou les Arabes, se trouvèrent après les premiers coups hors de service; la

mousquelerie de l'ennemi fut plus opiniâtre, mais il se trouva bientôt débusqué, de position en position par nos troupes dont l'élan éUit admirable.

À six heures du matin, nos premières embarcations revenaient de terre portant à la proue, en guise de trophées, des bouquets de verdure cueillis au rivage.

Le débarquement des divers corps de Tarmée continua pendant tout le jour. Des bâtiments on voyait nos colonnes gravir successivement les premières pentes au bruit d'une fusillade plus ou moins nourrie, suivant le degré de résistance de l'ennemi .elles disparaissaient par instants dans les ravins ou dans des nuages de fumée de poudre, pour reparaître un peu plus loin sur une crête, poussant devant elles la masse des Arabes.

Les jours suivants furent employés au débarquemeut de l'artillerie et du matériel en général. On avait formé sur le rivage un camp, mis par l'établissement d'un fossé à l'abri des surprises de l'ennemi.

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