‹ Souvenirs anecdotiques; médecine navale, saint-simonisme, chouannerieChapitre 35 sur 49 · LXXIV. Visite à Lamennais · texte numérisé non relu

LXXIV. Visite à Lamennais

Vers la fin d^août ou le commencement de septembre, je fus conduit un jour chez l'abbé Lamennais par un de mes anciens camarades de l'école de Brest, H. Romand, qui avait collaboré au journal I'Atenir. C'était le moment où Lamennais revenait de son voyage à Rome. J avais autrefois, étant au collège de Saint-Brieuc, entrevu le profil du célèbre écrivain chez son frère aîné, Tabbé Jean-Marie de la Mennais (je conservé aux deux frères la façon caractéristique dont chacun d'eux écrivait son nom). Grande était leur ressemblance physique : frêles de corps l'un et Tautre, avec un vaste crâne sur un petit visage maigre et osseux, portant l'empreinte de l'ascétisme, plus marquée encore chez l'aîné. Celui-ci, pendant les premières années de la Restauration, administrait, comme grand vicaire, le diocèse de Saint-Brieuc, .et quelque peu aussi le département, où tout obéissait à son influence. D'une activité dévorante, que surexcitait la double passion sacerdotale et politique, M. de ta Mennais, malgré la multiplicité de ses occupations, trouvait chaque jour quelques heures pour nous admettre à la confession dans son prie- Dieu, nous autres, la jeune génération à laquelle il importait tant d'in- . culquer les bons principes. C'est pendant que j'attendais, avec une demi-douzaine de condisciples, mon tour de confession, que passa devant nous celui qui ne s'était fait connaître encore que par VEssai sur Cindifférence en matière de religion : œuvre éloquente, regardée alors par le monde bien pensant comme une réfutation sans réplique de tous les adversaires de l'Eglise.

Lorsque je revoyais douze ans plus tard, à Paris, M. François Lamennais, bien des changements s'étaient déjà opérés dans ses opinions.

Le rédacteur en chef de l'ÀTin» avait pris une attitude qu'on n'aurait guère attendue de Fauteur de YEssai sur V indifférence. Lamennais venait en dernier lieu d'échouer complètement dans sa tentative auprès de la cour de Rome pour lui faire accepter Talliance de la liberté démocratique. Le dépit qu'il avait conçu du mauvais accueil fait à ses doctrines, il ne l'exhalait pas encore ouvertement et directement contre le chef de la hiérarchie catholique ; mais il se rejetait sur les menées policières et sur le régime oppressif des gouvernements de la Péninsule. 11 en voulait surtout à TAutriche, sur le compte de laquelle il s'exprimait avec la dernière virulence à propos des avanies que ses agents faisaient subir aux voyageurs. La colère, une colère concentrée, perçait, comme malgré lui, dans sa parole amère. Il rapportait au fond de son cœur la matière incendiaire qui devait servir à former le brûlot lancé deux ans plus tard, sous le nom de Paroles d'un croyant^ contre tous les trônes, y compris celui de saint Pierre.

Entre autres visiteurs qui étaient venus saluer le retour de Lamennais se trouvait là M. Sainte-Beuve. Je sortis en même temps que lui, et comme je savais qu'il avait témoigné de la sympathie pour les novateurs de l'école de Saint-Simon, je n'hésitai pas à l'entretenir de la doctrine de Fourier. Pendant que nous cheminions ensemble, M. Sainte- Beuve parut pr6ter attention aux quelques points que je lui exposais de la théorie sociétaire; il donnait de très-bonne grâce la réplique à mes propos; aussi je ne lâchai mon interlocuteur occasionnel qu'à la porte de son logement, dans le passage du Commerce. Indiscrète ardeur du prosélytisme des premiers jours ! Eh bien ! si le hasard me remettait aujourd'hui en présence de M. Sainte-Beuve, je ne répondrais pas, tout sénateur qu'on l'a fait, de ne pas recommencer à son égard la tentative. Ce ne serait pas, selon toute apparence, avec plus de succès qu'il y a trentercinq ans. Mais que voulez-vous? je n'ai depuis ce tempslà riQn trouvé de mieux que notre utopie phalanstérienne. J'ai eu beau chercher, je n'ai point aperçu non plus de bonne raison de perdre ma confiance dans la valeur de l'association des trois facultés, capital^ travail, talent^ et de l'organisation sérielle des travaux pour réaliser le bonheur des individus et le bien de la société.

LXXY . A la recherche da pritno vivere qui ne 80u£fre pas longtemps

qu'on l'oublie.

Mais si l'esprit se repaît avec délice de belles et généreuses illusions, le corps ne saurait s'en nourrir. Les nécessités matérielles de l'existence devenaient de jour en jour plus pénibles. Je n'avais rien perdu, j'avais beaucoup., gagné, au contraire, sous le rapport de la magnificence des

rêves d'avenir, car les perspectives ouvertes par Fourier sont bien autremenrt éblouissantes que les tableaux qu'ont tracés Saint-Simon et ses disciples de « cet âge d'or qui est devant nous.» Le roman du bonheur général resplendissait dans mon imagination avec toutes les féeries et tous les enivrements de la vie des Harmoniens ; mais la réalité présente était horriblement sombre : c'était le dénûment. J'eus à ce moment de ma vie un temps de bien rude épreuve à subir. Il m^arriva plus d'une fois de me coucher le soir, ayant mangé dans toute ma journée un petit pain de dix centimes. Le plus cruel tourment encore était l'incertitude du lendemain. Je cherchai à trouver des leçons à donner, soit de latin, soit de grammaire, de littérature ou même de mathématiques élémentaires. Courses perdues que toutes celles que je fis dans ce but. J'avais ouï dire à je ne sais plus qui que M. Ballanche avait besoin d'un secrétaire. Là-dessus, je m'en allai un jour au bout de la rue du Cherche-Midi offrir mes services à Fauteur de la Palingénésie sociale^ qui me dit, on ne peut plus poliment et du ton de la plus parfaite affabilité, que j'avais été induit en erreur. Si, avant de faire ma démarche, j'avais pris quelques renseignements, j'aurais appris que l'honnête Ballanche n'était guère en mesure de se donner le luxe d'un secrétaire, celui-ci fût-il disposé, comme je l'étais, à se contenter du plus modeste salaire.

L'idée me vint bien de chercher à retirer ma démission et à rentrer dans la marine, malgré la sotte figure qu'après mon équipée je ferais, dans les premiers instants, vis-à-vis de mes chefs et de mes camarades. Dans ce but, mon ami Maingon sonda le membre alors le plus influent du conseil de santé. Celui-ci déclara solennellement que, puisque j'avais fait profession de foi publique de saint-simonisme, il mettait pour condition à ma rentrée dans le corps que je ferais pareillement une rétractation publique. Ce mot, peut-être irréfléchi de la part de celui qui le prononçait, et qui depuis, comme inspecteur général, dans un document officiel, rendît sur mon compte un témoignage, non-seulement des plus honorables, mais encore quelque peu flatteur, ce mot, dès qu'il m'eut été transmis, coupa court à toute vue de rentrée dans la médecine navale.

La chose eût été pourtant bien facile : au lieu de faire parlementer à Bresi, rien n'était plus simple que d'aller trouver au ministère l'inspecteur lui-même, le père Kéraudren qui n'y eût pas mis tant de scrupule et qui m'aurait fait délivrer immédiatement une feuille de route pour mon port. Est-ce que des hommes qui ont joué un bien autre rôle que moi dans le saint-simonisme ne reprirent pas plus tard leurs carrières dans les mines, dans les ponts, dans l'armée sans qu'on leur imposât aucune formalité humiliante? La plupart n'ont jamais désavoué, si ce n'est peut-être par leur conduite, les doctrines qu'ils prêchèrent

avec éclat de 1830 à 1832 contre les privilèges de naissance et autres ; ce qui ne les a pas empêchés de parvenir aux plus hautes positions. Et c'est de moi, le dernier et le plus obscur parmi les fils de Saint-Simon, qu'on s'avisait d'exiger une rétractation publique! Éternelle histoire du pelé y du tondu d'où venait tout le mal...

En certains jours de détresse, je songeai à me rendre à la place de Grève pour me faire embaucher comme terrassier. Ce qui contribua le plus à m'arrêter lorsque j'étais sur le point de prendre ce parti, c'était la crainte que mes vêtements bourgeois ne m'attirassent les gouaillertes de ceux auxquels j'irais me môler.

LXXVL Jfa/MiMkla (omet.

Un spirituel écrivain très en vogue aujourd'hui , et qui était probablement au maillot à l'époque dont je parle, M. Taine, au scepticisme ironique duquel je souhaiterais seulement ce fond d'amour de l'humanité qui perce partout sous celui de l'auteur de Candide^ M. Taine a dit dans M. Graindorge : « Pour avoir une idée de l'homme et de la vie, il faut être allé soi-même jusqu'au bord du suicide ou jusqu'au seuil de la folie. »

De ces deux conditions j'ai peut-être, à mon insu, rempli la seconde, au point même de franchir le seuil (on n'est pas bon juge de son propre cas en matière semblable) ; mais pour ce qui est de la première, j'y ai satisfait, je Tavoue non sans un pénible sentiment de honte. Oui, dans un des jours de ce dénûment qu'avait amené mon imprudence et que je mettais de l'amour-propre à cacher, je formai le projet d'en finir avec les angoisses et les souffrances. Restait la question des moyens d'exécution ; tous n'étaient point à ma portée ; j'étais borné dans mon choix. Pour se procurer un pistolet, de la poudre et des balles, il fallait plus que je ne possédais. Il me restait bien dans mon outillage chirurgical un bistouri et un scalpel; mais en cherchant à frapper au cœur, on peut manquer son coup. S'ouvrir les carotides ou les crurales, cela ne m'allait pas; j'avais remarqué, notamment dans les combats de taureaux à Cadix, que les animaux qui meurent par de grandes hémorrhagies éprouvent des convulsions, en apparence d,u moins, très-douloureuses. L'achat et l'apport d'une provision de charbon qui pouvait être remarquée ne me convenait pas non plus, et puis ma chambre était si mal close! avec quoi en calfeutrer la fenêtre et la porte? La rivière? il n'y faut pas songer quand on nage comme un poisson depuis l'âge de sept ans. Donc, après mûre délibération, le moyen auquel je m'arrêtai, ce fut de me précipiter dans l'espace du haut d'un des monuments publics sur lesquels les curieux sont admis à monter. Je n'avais pas le

inérite de rinvention , le procédé est bien vieux , et il n'est pas encore tombé en désuétude : témoins les tristes événements auxquels servent de temps à autre la colonne Vendôme et celle de Juillet.

Je partis un matin, vers dix heures, pour Taccomplissement de cette dernière de toutes les sottises. J'avais tracé quelques lignes d'adieu sur un feuillet de papier que je mis dans une de mes poches ; j'^ affirmais encore ma foi inébranlable dans l'avenir heureux de Thumanité par l'association ; mais Vavenir, je ne pouvais l'attendre, le présent me faisait faute.

Un de mes camarades que je n'avais pas revu depuis quelque temps, se rencontra, par bonheur, au-devant de moi dans la rue ; il m'aborda si cordialement et m'engagea de si bonne façon à entrer déjeuner avec lui au café de l'Europe devant lequel nous nous trouvions, que je me laissai emmener sans résistance. *Un beefleack réconfortant, arrosé de quelques verres de bordeaux, une tasse de café et surtout une conversation qui remue quelques bons souvenirs et dispose le cœur à se rouvrir à l'espérance, il n'en faut pas davantage pour retourner un homme, cet être ondoyant et divers. Plus d'une existence, dans nos sociétés fécondes en déceptions cruelles et en poignantes douleurs, plus d'une existence a été de la sorte préservée par quelque circonstance fortuite contre une fatale inspiration du désespoir. Une fois manquée Texécution de ces résolutions violentes, on n'y revient plus guère, à moins d'être possédé de la manie du suicide. Or j'étais à cent lieues de là et parfaitement sain d'esprit, comme le sont d'ailleurs les neuf dixièmes de ceux qui se tuent, n'en déplaise à certains aliénistes, monomanes eux-mêmes de monomanie.

Cela n'empêche pas qu'ils fassent envers eux-mêmes et les autres un bien faux calcul, ceux-là surtout qui, à la fleur de l'âge, s'ôtent violemment la vie. Il m'est resté de cette approche de la mort volontaire une impression qui m'a, depuis, donné le frisson plus d'une fois et qui fait que je n'ai jamais pu me trouver en face du suicide de jeunes sujets sans qu'un retour sur moi-même attendrît mon cœur d'une sympathique pitié. C'est un sentiment de ce genre qui inspira, sans doute, à Béranger ses strophes touchantes sur Escousse et Lebras :

PanTres enfents! Técho mnimuie encore L'ail qm berça Totre premier sommeil.

Si quelque brume obscurcit yotre aurore, Leur disait-on, attendez le soleil.

Ils répondaient : Qu'importe que la séTe Monte enrichir les champs où nous passons, Nous n'ayons rien : arbres, fleurs ni moissons. Esi«ce pour nous que le soleU se lave?

Bt yers le ciel se frayant un chemin, Ils sont partis en se donnant la main.

Il y a quelque chose aussi du même sentiment daniTact^nt mélancolique de ces beaux vers de Virgile, à propos d'un deft tableaux qui frappèrent Enée pendant sa descente aux enfers :

Proxima deiode tenent mœsti loca, qui sibi lâfhnm Insontes peperere mann, Incemgne perosi, Projeoeie animas. Qaim Tellent athere in alto Nunc et pauperiem et dures perferre labores (i) I

Ainsi Virgile nqus représente [mœsti) tristes entre tous les habitants du sombre séjour les infortunés qui, sans y être poussés parle remords (insontes), se sont jetés spontanément dans le trépas. «Qu'ils voudraient maintenant, ajoute le poëte, dans Tair supérieur endurer la pauvreté et les rudes travaux ! » Ceci, pour être senti comme il faut, demande peutêtre qu'on soit allé, suivant l'expression de M. Taine, jusqu'au bord du suicide et qu'on ait ensuite repris goût à la vie : situation qui n'est pas absolument rare dans nos sociétés tourmentées. Le dernier vers du poète témoigne en outre que, dès l'antiquité, parmi ceux qui se donnaient la mort, beaucoup le faisaient pour échapper à la misère et à ses suites pénibles :' pauperiem et duros laborés.

Puisse un aveu qui me coûte et qui n'avait jamais eu de confident jusqu'ici, détourner du suicide quelqu*un de ceux qui seraient tentés d'y recourir!...

IiXXVII. Commencement de retour à la raison. /m'Mtim 9apitntias,

Un petit subside me vint de mon père, qui avait appris indirectement ma triste position.^ Je me mis à suivre quelques visites d'hôpital et quelques cours de médecine, entre autres le cours d'accouchement que faisait le soir, à TEcoIe pratique, le docteur Hatin. Là je portais les sentiments et les dispositions d'esprit qu'avait fait naître et développés en moi mon passage par le saintrsimonisme, ainsi que mon initiation aux vues plus larges encore de la doctrine de Fourier. Je retrouve la preuve de ceci dans le brouillon d'une lettre que j'avais adressée au journal ie Corsaire^ mais qui n'eut pas les honneurs de Tinsertion, Peut-être n'a-t-elle pas encore, malgré ses trente-cinq années de date, perdu tout à-propos. La voici à titre de document rétrospectif.

« Paris, le 20 septembre 1832.

'« Monsieur le rédacteur, « C'jc^st avec un pénible sentiment de surprise, la première fois que

(1) JEneidos, lib. VL

j'aiassisté aa cours d'accouchement fait par M. Hatin, que j*ai entendu des applaudissements ironiques et des sifflets accueillir, à leur entrée, les élèves sages-femmes qui suivent ce cours. Il est inconcevable qu'à Paris, en 1832, au milieu de jeunes hommes réputés à bon droit pour généreux et pour amis du progrès, il se produise de telles impertinences envers des femmes qui viennent se mettre en communauté d'études avec eux pour le soulagement de Thumanité. Ce fait que blâçae,j'en suis sûr, la majorité des étudiants et qui n'est imputable qu'à la légèreté de (juelques-uns, prouve combien on juge mal encore tout ce qui concerne les femmes et combien notre libéralisme est en défaut à leur égard. Tels qui là, dans un amphithéâtre, ont le courage de saluer par des clameurs et des risées indécentes de pauvres jeunes filles qui viennent s'instruire, seraient respectueux jusqu'à la servilité et timides peut-être jusqu'à la gaucherie devant des dames dans un salon.

a Cette injustice, d'ailleurs, n'est pas particulière aux hommes : les femmes du monde sont les premières à refuser la considération qui leur est due, aux personnes de leur sexe qui exercent les professions de sage-femme, d'institutrice, etc. Et cependant les femmes, à quelque rang de la société qu'elles appartiennent, n'arriveront à la liberté qui commence à être réclamée pour elles, que le jour où elles seront plus fières de se faire annoncer par leur titre fonctionnel que par le nom et le titré d'un mari.

a Vous trouverez étrange, monsieur, que je m'adresse à votre journal pour une semblable observation; mais, outre que le Corsaire est le très-bienvenu dans les eaux de l'École de médecine, ayant été moimême un peu homme de mer, j'ai compté sur sa bienveillance, et j'ai présumé que, bien différent en cela de ses confrères des côtes barbaresques, il prêterait volontiers aux droits des femmes l'abri de son pavillon.

« Ch. Pellarir. « £x-chirnrgieii de la nurine. »

Dans sa forme un peu maniérée, mon épître avait du bon ; ce n'était pas une banalité. Sans me proclamer chevalier de la femme^ ainsi que le firent un peu plus tard mes compagnons de Ménilmontant, je ne laissais pas échapper l'occasion de défendre la cause des femmes.

Je m'essayai aussi à écrire quelques articles pour le journal le Phalanstère, qui en publia deux ou trois. L'un d'eux, sur le battage des grains en Bretagne, eut dans la presse départementale un succès de reproduction extraordinaire; il fît véritablement son tour de France.

Au commencement de janvier 1833, celui des collaborateurs qui était le secrétaire de la rédaction et qui faisait^ comme on dit, le journal.

ayant tout à coup renoncé à cette fonction, J. Lechevalier et Considérant m'engagèrent à la prendre. Je me vis donc en possession d*une petite chambre dans les bureaux du journal, rue Joquelet n<> 5, et d'un appointement de 150 francs par mois : le vivre et le couvert. J'étais tiré de la plus mauvaise passe où je me sois trouvé de ma vie< Keussé-je au Phalanstère que cette obligation qu'il aurait encore un droit imprescriptible à ma gratitude. Ce n'est cependant pas pour ce motif que je le prône à tout venant depuis tant d'années et que je ne cesserai, s'il plaît à Dieu, de le prôner jusqu'à mon dernier jour; non, c'est par conviction de l'excellence de la chose elle-même, rÀssocuTiorr DOHESTiouE ET AGRICOLE, dégagée dos excentricités et de quelques malséantes fioritures dont l'a surchargée l'intempérante imagination de l'inventeur. Cette expurgation faite dans son œuvre, le nom de Fourier n'en restera pas moins glorieux par-dessus les plus illustres, s'il est vrai, comme l'a dit Herder, que « la couronne du genre humain soit destinée à celui qui aura découvert le meilleur ordre social. »

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