‹ Souvenirs. Avec une introd. et des notesChapitre 11 sur 38 · DONNÉE EN · texte numérisé non relu

DONNÉE EN

(PAU voltaire).

Cet ouvrage de mailaiiic de Caylus est un de ceux, qui Hjnt le mieux connoîti'e l'intérieur de la cour de Louis XTV. Plus le style en est simple et négligé, plus sa naïveté intéresse. On y trouve le ton de la conversation : elle n'a point tâché, comme disoit M. le duc d'Antin. Elle étoit du nombre des femmes qui ont de l'esprit et du sentiment sans en affecter jamais. C'est grand dommage qu'elle ail eu si peu de souvenir, et qu'elle quitte le lecteur lorsqu'il s'attend qu'on lui par-

leia (les dci uu'i'es années <li' I.ijiii:, XIV, et (!>: laRéycm^e. Peut-être mcine res|iril pliildsnpliifjLie qui i'èij;ne aujourd'lmi ne sera pas trop content des petites avenluies de cour, qui sont l'objet de ces mémoires. Oii veut savoir quels ont été les sujets des guerres; quelles ressources on avoil pour les finances; comment la, marine dépérit après avoir été portée au plus haut point où on l'eût jamais vue chez aucune nation; à quelles extrémités Louis XIV fut réduit; comment il soutint ses malheurs, et comment ils furent réparés; dans quelle confusion son confesseur Le Tellier jeta la France, et quelle part "madame de IMaintenon put avoir à ces troubles intestins, aussi tristes et aussi honteux que ceux de la Fronde avoient été vi( tiens et lidiculcs. 3laiï., tous CCS objets ayant été presque épuisée dans riiistoire du siècle de Louis XIV, on peut \rj]v a\cc plaisir dv [)ciil^ dt'lail^ ijui l'ont 'onnoilic plusieurs- personnages donton^ic souvient cm DTc.

Ces pailiciilaiitcs ménie servent, dans piuh d'une occasion, a jetei' de la liiinicrc sur les grands événemcns.

D'ordiiKiire les petits détails des cours, si

tlicih ;ui\ toiiU'm[)()iains, |)L'ii^bCuL avec la yciicration qui s'en est occupée; mais il y a des épocpies ce tics cuuis dont tout est longtemps précieux. Le ^iccle d'Auguste fut de ce genre. Louis XIV eut des jouis aussi brillans, quoique sur un théâtre beaucoup moins vaste et moins élevé. Louis XIV ne commandoit qu'à une province de lemiiire d'Auguste; mais la France acquit sous ce règne tant de réputation par les armes, parles lois, par de grands ctablissemens en tout genre, ])ar les beaux-ai'ts, parles plaisirs même, que cet éclat se répand jusque sur les plus légères anecdotes d'une cour qui étoit regardée comme le modèle de toutes les cours, et dont la mémoire est totijoius précieuse.

Tout ce que raconte madame la maicjuise de Cavlu.-. est vrai; on voit une femme qui parle loujoiiis avec caiideitr. St.-s Souvenirs serviioul îjurtoiit à (aire oublier cette foule de misérables éciits sur la cour de Louis XTV, dont l'Eun'iie a été inondée [)ar des aulcius laméliqucs (jui navoicnt jamais connu ni cette cour, ni i'aiis.

iMadauie de Caylus, nièce de madame de .Mamtenon, parle de ce ipi'elle a entendu dire et de ce qu'elle a vu, avec une véiilé qui doit ilelruii'e à

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