‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 10 sur 60 · LA PRISON, LE BAGNE, L'EXIL · texte numérisé non relu

LA PRISON, LE BAGNE, L'EXIL

lùi Janvier 1853, un individu vint Irouvor liane dans sa cliainbrc d’eludiant.

— Bonjour, citoyen, lui diLil dans son baragouin, va bene ?

— Oui êtes-vous ? demanda Banc, à qui ce \ isitcur n’inspirait pas coidiance.

— Je suis Carlo Pasqualini, l’ami de Blanqui. On nie nomme aussi Bartoloti !

— Mais M. Blanqui vous a remis une lettre ? un billet ?

— Ces Français ! Il vecchio (le vieux) a bien raison de dire que vous ne savez pas conspirer ! L ne lettre ! Un papier ! et puis le povei o Pasqualini est fouillé ! mis en prison ! Ces Français ne savent pas conspirer !

— Mais je ne consiiire pas, dit tranquillement Banc, se tenant sur la défensive.

— .Moi non plus, euro, mais Mazzini m’envoie. J’ai vu le grand Français, Drou-liolliiie, et je viens \-ons dire... nous avons une petite combinaison c.xcellenle, j’ai une petite machine... une jiiccolu (lorgnette...) alors nous entrons au théfdre, un soir... je mets la machine sur le rebord de la loge, en face de lui et je pars. -Tout d’un coup, à l’heure de la

hullevina, liouni ! il est tué !

— Et vous osez dire \enir de la part de Ledrullollin ! dit Banc qui alla à la porte de sa chambre.

RANG

i’ouvril et sans dire un mol, la montra du doigt à ritalien.

Pasqualini — qui devait témoigner conU*e Ranc en 1853 et 1855, et contre Ledru-Rollin deux ans plus lard, — voulut insister. Mais Ranc le regarda d’un tel air que ritalien, la lête basse, le regai'd mauvais, salua profondément en disant à Ranc avec rage :

— A rivederlo !

Ranc ne devait pas tarder à être arrêté. Il était constamment « filé » par la police. Il prévint Vallès des factions montées devant son domicile par l’agent Chiboust.

ün soir, Ranc s’en alla cependant au café Voltaire. A peine avait-il pénétré dans cet établissement qu’il aperçut trois clients attablés devant un piquet. Ces joueurs n’étaient autre que des agents de police venus pour attendre Ranc et pour l’arrêter.

L’arrestation eut lieu à minuit.

Ranc était bientôt renvoyé devant les assises. Voici d’ailleurs le texte de l’acte d’accusation dressé contre lui et ses complices ; Mercn, Ribault de Langardière, Laflize, etc.

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