‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 27 sur 60 · I.KTTnr.S DF, GAArnFTT.V A GANT · texte numérisé non relu

I.KTTnr.S DF, GAArnFTT.V A GANT

« plébiscitaire » qu’on a voulu faire sur son nom. J1 s est contenté de deux arrondissements dans Paris, il a pris le et le XI IP. Dans ce dernier arrondissement, c’était notre ami Louis Combes (jui était en ligne et qui avait les jdus grandes chances de réussir. Il a dû se retirer, vous devinez pourquoi, on l’y a contraint. 11 déplaisait fort à Louis Blanc, il ne plait pas du tout à M. Ernest Lefèvre du /?appc/, qu’il a eu le malbour de railler avec sa causticité parisienne. Louis Blanc accepte aussi une candidature dans le V®. (Lest la seule qu’il aurait dû prendre,, il y sera élu sans difficultés. Il s’est également placé a Saint-Denis, afin de faire juger la discussion du « suffrage restreint » par le suffrage universel.

Quoi qu il arrive, les malheurs ont maintenant leur prétexté, si tout ne marche pas bien, ce sera la faute à Ledru, comme c’était la faute à Barodet. Tout cela est fort misérable ; mais les hommes sont les hommes, et il faut les prendre tels qu’fis sont. M. Ledru-Rollin sera élu, mais que fera-t-il ? Bien de plus que les autres et je crois que nous n’aurons pas à attendre longtemps pour voir briser cette nouvelle idole. En tout cas, il a fort bien réjmndu aux impertinents trcmbleurs qui sont allé lui demander de se retirer. Il a jiarlé en homme de sens. Il se propose d ailleurs de tâter le terrain par son grand discours de rentrée. S’il réussit, il restera, s'il eclioue, il donnera sa démi.ssion. lîtait-ce donc la peine de faire tant de bruit ?

Cet incident facile à prévoir ne doit pas détourner notre attention de la politique générale.

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A cet égard, quelque lente que soit la marche des choses, il n’y a pas à contester que nous ne marchions à plus gi'ands pas que l’on ne pense, vers la dissolution du système actuel. Remarquez-vous que l’on ne s’occupe guère dans la Commission du 30, que de la loi électorale ? Cette loi sur laquelle la réaction concentre tous ses efforts sera le testament de l’Assemblée, on né parle plus des autres lois constitutionnelles que pour mémoire. On sent bien que la discussion de l’une quelconque de ces lois serait le signal et l’occasion de la dislocation que l’on redoute. A tout prix il faut conserver la majorité, parce qu’à tout prix il faut que la coalition soit au pouvoir pour faire les élections. Souvenez-vous que nous avons toujours pensé et dit que le cabinet de Broglie n’a jamais eu d’autre mission que de préparer la rentrée dans une Assemblée nouvelle du plus grand nombre possible des députés actuels. Peut-être si l’on trouve le moyen d’introduire dans une chambre toute une notable partie de l’état-major réactionnaire fera-t-on une loi sur la .seconde chambre ? Mais cela est douteux, on n’est d’accord sur rien, on n’en viendrait pas à bout. Observez d’autre part que la loi sur les maires n’a pas eu d’autre objet que de préparer des agents électoraux. A Versailles, on estime que la dislocation pourrait bien avoir lieu à l’improviste, par surprise ; on n’assigne pas d’époque précise, mais il devient de jour en jour plus évident que la majorité se désorganise. Si peu d’envie qu’ait la Droite extrême de se séparer, on ne doute pas dans ses rangs que le parti ne s’impose un beau jour. D’autre part.

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les bonapartistes crient que le moment est venu d’agir plus hardiment. La majorité va donc se déplacer, ün dit qu’elle est toute prête à se reformer sur la base de la conjonction des Centres. C’est ainsi que l'c-vplique la circulaire de M. de Broglie sur la manifestation de Chiselhurst. On assure que le duc ne l abandonne qu’après avoir acquis la certitude de reti'ouver les voix bonapartistes qu’il va perdre dans les rangs du Centre gaucbe. Ceux du Centre gauche (pii croient se ranger sous la bannière ministérielle diront que c’est l’élection de M. Ledru-Rollin cpii les a effrayés et le tour sera joué. Oui sait même si tout le bruit que l’on a fait autour de cette candidature n’est pas destiné à dissiimdei" cette manœuvre ? L’interpellation de nos amis va permettre d’observer les partis. On ne sait pas encore quel jour elle viendra. Ils sont prêts. C’est, je crois, Challemel-Lacour (pii portera la parole. Je connais le plan de son discours. S’il réussit à faire ce qu’il se propose, j’ose dire ([uc l’opinion publique tout entière en sera vivement frappée et que le parti républicain verra un peu plus clair dans l’impasse où nous sommes. Le cabinet est toujours fort perplexe. Vous n’ignorez pas que des divisions postérieures s’y sont produites. Le Maréchal est tiraillé en sens conlraire. Il est à peu près certain aujourd’hui qu’il \eut le pouvoir pour lui, et non pour d’autres. Les comservateurs s’habituent peu à jieu cà l'idée de perpétuer leur influence à l’abri de son pouvoir. On dit que des efforts seront faits pour abolir le litre de Président de la République, mais le Maréchal s’y refuse. Et ces efforts faits sans doute pour

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sauver l’honneur des partis monarchiques sont destinés à rester infructueux.

Léon Gambetta.

Paris, cé 20 août 1<S77.

Mon cher ami,

Voilà bien longtemps que je vous dois deux ou ■i trois réponses aux excellentes lettres que vous À m’avez adressées. Vous connaissez trop bien ^ l’écrasante besogne à laquelle je suis attelé et ^ aussi les appréhensions que m’inspire la poste | pour excuser cet involontaire retard. Aujour- -j d’hui, je profite de l’intermédiaire si sûr de Co- % quelin pour vous écrire et réparer d’un coup toutes mes omissions. a

Je ne reviens pas sur lés idées générales de la i politique, les discours et les journaux vous ont ^ amplement fixé à ce sujet. J’aime mieux vous 7 laire part de mes prévisions sur le lendemain du scrutin. Inutile de vous affirmer à noiweau le S succès des républicains. C’est bataille gagnée dès à présent, mais que feront nos adversaires, que ferons-nous nous-mêmes ? Je pense que ce sont là les deux ?? qui vous préoccupent. f

Nos adversaires sont de deux sortes, les Mini.strès, lé Maréchal. Les premiers s’en iront, ils le disent à leurs familiers, ils cherchent déjà à alténiier leur responsabilité personnelle dans la crise, rejettent tout sur le coup de tête du vieux militaire, font remarquer que la fameuse lettre d’où vient tout le mal n’a été contresignée par

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