‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 28 sur 60 · SI · texte numérisé non relu

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avicun d eux ; qu’ils oui subi la situation fausse dans la({uelle iis se sont précipités par pur héroïsme pour sauver la personne du chef de l’Rlat. Tout ceci, je le sais de source certaine cl les nombi-enx indices qu’on recueille dans leur entour ne font que confirmer ces renseignements domestiques.

Pour le Maréchal, c’est autre chose. Il voudrait bien ne pas s’en aller, se décharger sur eux de la terrible responsabilité encourue, subir à nouveau des conditions parlementaires et finir son septennat tant bien que mal. Les raisons les plus matérielles lui imposent cette conduite. Il a devant lui plusieurs expédients, je dis dans sa pensée et non dans les possibilités.

1“ Tenter un coup de force. — Je n’y crois pas pour les plus graves raisons que je trouve superflu de vous énumérer, mais dont la principale est celle-ci : l’armée est bonne et les c/ic|s sont très divisés, impossible de risquer une telle aventure sans la certitude d’élre obéi et par tous. Donc, on fera gronder ces rumeurs, mais les plus timides même ne s’y laissent pas prendre. Croyez bien que mieux encore f[u’en 1873, nos ])récantions sont sérieusement prises pour déjouer une telle tentative, si elle venait à se produire.

2° Tenter un replâtrage avec le Centre gauche et le Centre droit, sous un air dé repentir conslilutionnel. Cet expédient est plus inquiétant (pie le premier, mais grâce à l’animosité de M. Tbiérs, à son autorité sur la fraction des Gauches qui pourrait faiblir, il n’y a pas de crainte sérieuse à concevoir, par où il vous apparaît combien, en dehors d’autres et excellentes rai-

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sons, il importait de prendre M. Thiers pour candidat à la Présidence.

3“ Capilnler et subir tontes les conditions de la nouvelle majorité. Solution improbable, mais que certaines gens ne regardent pas comme impossible.

4° S’en aller. J’y crois, en dépit des apparences, parce que je suis convaincu que l’effet des élections sera foudroyant et menaçant pour lui, quand à nous, il nous faudra vigoureusement, dès la première heure, rappeler le message et signifier que le chef des coalisés ne peut rester au pouvoir puisque, comme il le dit lui-même, son honneur et sa conscience ne lui permettent pas de servir la politique que la France veut, et que notre sincérité et celle du pays ne peuvent s’accommoder de sa présence aux affaires, une bonne délégation chargée de lui signifier cet arrêt, le refus du budget, la demande des congrès, et tout peut être obtenu si on ne perd ni une heure ni une voix. Il faudra user par exemple de la réunion plénière, suprême instrument de discipline et de force.

Et puis ? organiser un fort ministère, comprenant des représentants des quatre nuances. Sans hésiter, balayer impitoyablement le dessus et le dessous des diverses administrations.

Et puis ? direz-vous, attendre et patienter sur les lois et les réformes, car M. Thiers est toujours M. Thiers. Mais on fera une légère amnistie, ce qui permettra de préparer les voies à la grande.

J’ai eu l’occasion de parler de vous, comme vous le pensez assez bien et je peux vous dire que

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