I.F.TTRFS DF GAMBFTTA A RANG
c’est avec le plus grand empressement qu'il m’a été dit par l’illuslre vieillard qu’il avait toujours considéré les poursuites dont vous avez été la victime comme une violente iniquité et qu’il mettrait avec joie sa puissance à les réparer. Donc, comme je ne cesse de le répéter, le 10 mai aura eu pour principal résultat d’abréger la durée de vos souffrances. Je compte bien vous voir ici avant Noël. J’ai donc confiance et désire que vous trouviez l’annonce d’une prochaine délivrance. A vous, je vous embrasse.
Lfon Gamrftta.
CHAMBRE DES DEPUTES
Versailles, le 27 février 1879.
Mon cher ami.
Voici quelque chose de positif :
Je viens de voir M.Le Royer, Garde des sceaux et je lui ai dit :
— Vous êtes bien décidé à inscrire notre ami Ranc en tête de vos décrets de grâce ?
— Pardieu, sans doute, cela est bien entendu.
— Alors, il pourra être ici sous peu de jours, lundi ou mardi ?
— Certainement ; la loi ne sera sans doute votée que samedi, car nous aurons au Sénat peut-être deux jours de discussion. Je tâcherai cependant que tout soit fini vendredi. Dimanche la promulgation, lundi le décret de grâce, et notification immédiate.
— Ah ! notification ! prenez donc note de
RANC
l'adresse de notre ami : rue du Gazomètre', 4, à ]3ruxelles.
Tirant alors un porte-crayon et un portefeuille de sa poche, il a pris cette note’ et après lui avoir serré la main avec un contentement que vous comprenez sans que je vous l’cxplicpie, je l’ai quitté pour venir vous écrire.
Ainsi avant sept jours, vous serez parmi nous. Nous vous attendons tous. Ne vous impatientez pas avant la dernière heure : Soyez doux (1). Comme je vais vous embrasser ! Enfin !
Léon Gambetta.
(]) Los arlùcles de Rnnc publiés dnns la Ilcpiibliqiir Française rerièlonl, C('.s conseils d(' Ganiholla.