‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 45 sur 60 · L’OFFENSIVE CLERICALE · texte numérisé non relu

L’OFFENSIVE CLERICALE

Notre ami Pichon disait l’autre jour avec beaucoup de raison, à propos dé la loi sur les Universités, qu’on pouvait remarquer, non sans tristesse, dans notre haut enseignement, dans ceux qui le donnent comme dans ceux qui le reçoivent, un mouvement contraire à notre bon génie français, gaulois, fait de liberté, d’indépendance et de clarté philosophique ; il ajoutait que les tentatives néo-chrétiennes, mystiques et religieuses, dont nous sommes témoins ne sont pas faites pour nous rassurer.

Cela n’est, hélas ! que trop vrai. Il y a un recul de l’esprit français, de l’esprit de la librepensée, au moins dans la haute bourgeoisie et peut-être, dans la bourgeoisie moyenne. Les grands penseurs qui ont préparé la Révolution de 1789 sont démodés. Le mot de Michelet ; « Le grand siècle, je parle du dix-huitième », étonnerait beaucoup dé jeunes gens.

Nous devons cela à la loi néfaste de 18.50. Au nom de la liberté, on a laissé l’Eglise mettre la main sur l’enseignement, on lui a livré une

(1) Le Paris, 15 mars 1892.

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