‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 47 sur 60 · C.\.siMm PéniFR · texte numérisé non relu

C.\.siMm PéniFR

RANG

Paris, 20 juin.

Mon cher Ranc,

Casimir Périer est très honnête, bien intentionné, mais il me produit l’effet d’un homme sur une balançoire. Ce n’est pas lui qui aura assez d’autorité pour nous sortir de là. Charles Dupuy n’a pas de programme défini. L’extérieur est gros de nuages. L’Allemagne nous surveille, nos tendances slavophiles l’exaspèrent, elle prépare un blocus formidable contre nous. A l’intérieur notre budget enfle à crever. Et vous approuvez. Vous restez maître de vous qui avez vu pourtant de près la Commune et l’incendie. Un dictateur sous roche peut apparaître et rétablir l’ordre.

Je me frotte les mains avant de vous les serrer en pensant à l’effet que va vous produire ma lettre.

Bien votre

Barthélemy Saint-Hilaire.

Dourdan, 15 septembre 1893.

Mon cher ami.

Au moment où je vois vaguement que Pelletan polémique avec vous, je tiens à vous remercier des mots si amicaux que vous m’avez consacré à diverses reprises pendant et depuis la dernière période électorale. Je tiens à vous dire aussi, que je considère comme vous le collectivisme révolutionnaire comme le danger de demain.

C’est avec lui qu’on va essayer d’effrayer les républicains timides et sans un vigoureux effort pour maintenir la République dans la voie des progrès réguliers et pacifiques, nous serons bien malades. Nous avons été, dans la dernière lutte, les dupes du parti ouvrier révolutionnaire qui nous a tranquillement lâchés. C’est une expérience que, pour ma part, je ne suis pas tenté de recommencer.

Merci donc encore .une fois, et croyez à mes sentiments cordialement dévoués.

S. PiCHON.

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