‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 7 sur 60 · LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET LE COUP D’ÉTAT DU DEUX-DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET LE COUP D’ÉTAT DU DEUX-DÉCEMBRE

Après 1848, le mouvement démocratique et socialiste avait été brusquement arrêté ; de temps à autre, quelque rapport signalait la plaie du paupérisme ou parlait vaguement d’amélioration du sort des classes laborieuses, mais les discussions n’osaient s’ouvrir.

Les journaux politiques étaient rares. Seuls, la Gazette de France, le Siècle, les Débats se hasardaient au péril de leur existence à juger le gouvernement. Tous les autres journaux s’occupaient de littérature, de science, d’industrie ou de finance.

Vers 1850, la jeunesse se toiuna en masse vers la littérature, Tart, le droit, le journalisme. Raiic va suivre à Paris les cours de l’École de Droit et ceux de l’École des Chartes. Il sera du groupe des jeunes républicains avec Magnin, Cazot, Arthur Arnould, de Sal, Hebrard, Vallès, Spuller, Castagnary et, plus tard, Léonce et Edmond Levraud, Brisson, Dusolier, Dubost, Isambert, Clemenceau et Gambetta.

Ils se réunissaient au café Génin, rue Neuve-Vavin. Les quatre murs du café étaient recouverts des chefs-d’œuvre de Pierre Bisson, de Bouchez, de Léopold Flameng. On y discutait ferme sur la politique et les écoles socialistes.

A la Sorbonne, au Collège de France, avant les

LA RÉPUBLIQUE DE l848 ET LE COUP d’ÉTAT 67

cours en atleiidant l’onlrée loujours ai)plaii(Iie de Michelet, les étudiants républicains cntonnaicnl les strophes de Béranger :

« Hommes noirs, d'où soi'tez-vous ? » ''

Jules Vallès était le clie! d'orchestre. Dans son liuchelier, il inonlra Banc président du « Comité (les Jeunes » s’amusant à parler en petits vers arehaïijues pour déi)ister la police :

« Ils lureiU lors rejoignis Par les csclioliers de Paris. »

De celle é])0(|ue rap|)elant sa jeunesse. Banc a fi'acé ce \ ivant tableau : (I)

Page 1