‹ Souvenirs -- correspondance, 1831-1908Chapitre 8 sur 60 · MICHELET · texte numérisé non relu

MICHELET

Je lisais celle semaine, clans la nouvelle édilion des Mémoii'es d’outi-e-loinbe cjue publie cbez rédileur Garnier, ]\1. Edmond Biré, le récit de la soirée chez la marcpiise de \’illeUe, nièce de \ oltaire, où Cbaleaubriand lui présenté à Mirabeau.

En sortant de noire dinei', écrit Chateaubriand, on discutait des ennemis de .Mirabeau. Je me trouvais à côté de lui et je n’avais jias prononcé un mot. Il me regarda en face avec des yeux d’orgueil, de vice' et de génie, el m’apjilicpianl la main sur l’épaule, il me dit : (c Ils ne me pardonneront jamais ma supériorité ». Je sens encore l’impression de celle main, comme si Satan m’eùt touché de sa griffe de feu.

Tout de suite, il m’esl revenu un mol de Mi-

(H !..• Malin, P> juilirl 189S.

RANG

chelel dans son cours de 1851, au collège de France, quelcjue temps avant que la réaction cléricale' triomphante l’eùt pour la seconde fois arraché à sa chaire.

Michelet, je ne me rappelle plus à quel propos, parlait de cette soirée chez la nièce de Voltaire, et il nous dit ; <( Mirabeau mit sa main sur l’épaule du jeune vicomte de Chateaubriand, et cette main, Messieurs, couvrait toute l’épaule. »

Il y eut une salve d’applaudissements.

J’étais justement à côté d’Edmond Biré, mon camarade du collège de Poitiers et du Quartier- Latin. Passionnément royaliste, il me grogna : « Tu applaudis ça, toi? Ça n’a pas de sens ; c’est stupide, ça ne veut rien dire ».

Je lui répondis : <( C’est possible, mais comme cela fait image ! comme cela fait tableau. Comme cette, phrase les ressuscite ! Comme on les voit bien, tous les deux, le jeune vicomte et le grand tribun ».

Nous ne sommes plus beaucoup des étudiants de 1851 ayant assisté au dernier cours de Michelet. Jules Vallès, qui a si drôlement raconté lés scènes qui suivirent la fermeture du cours, est mort. De notre groupe du Quartier, nous restons deux : Charles Louis Chassin et moi. Edmond Biré n’était pas des nôtres. Je viens de le dire, il était déjà enragé de royalisme.

Mais nous étions rapprochés de notre haine commune pour Bonaparte et pour le bonapartisme. Peut-être trouverait-on encore dans quelque coin de province un vieux médecin ou un notaire retraité, se' souvenant d’avoir entendu Michelet, de l’avoir applaudi. Chez ceux-là, j’en

i.\ i!t':i'ri!i,iori: di: [S'iS f.t t.f. corr d'ktat 00

suis sùi-, il ne serait pas diflicile de faire jaillir lies élineidles de leiii* eidhousiasine des jeunes années.

J-,e cours de Michelet avait lien Ions les jeudis à deu.x heures. Dès une heure, la foule des étudiants grouillait. A une heure cl demie, les porles s’ouvraieni et on se jirécipilait vers le grand ainphithéàlrc. C’était un assaut. Nous trouvions en bas des gradins les })laces réservé('s déjà occupées. Nous n’avions garde de jjrolcsier, car nous savions (pie ceux ([ui étaient là, c’étaient prcscpie tous des nobles proscrits, hongrois, roumains, polonais, allemands, ilalicns vmius là pour eidendre la |)arole consolalrice. Il y avait aussi des dames, (’ela ne nous choquaii pas et il ne nous semblait pas ([u’elles iisiirpaienl sur nos droits, comme l'ont pensé, il y a (piehjues années, à ce ([ii’on a pu voir, les modernes étudiants, jeunes gens très prati([ues. A ])eine assis, à peine empilés, tassés sur les bancs de l’amphithéàlre, nous nous mettions à chanler. Cela commençait invariablement par les Hcvcrcnds Pèref<, de Réranger :

Iloininf's noirs d’oii soiie7.-\nns ?

- Nous sortons do dessous terri*

.Moitié renards, moitié loups.

Notre règle est un mystère.

Vous savez pomapioi on nous exila.

Nous rentrons: songez à aous lairi*.

Ensuite, on passait à ces chants de Pierre Du- I)ont, ([ue le peuple ne sait plus. L(' chant des ouvriers d’abord :

Nous dont la lampe, le matin

RANG

Au clairon du coq se rallume,

Nous tous qu’un salaire incertain Ramène avant l’aube à l’enclume,

Nous qui des pieds, des bras, des mains,

1)0 tout le corps luttons sans cesse Pour abriter nos lendemains Contre le froid de la vieillesse.

Buvons

A l’indépendance du monde.

Et puis la République des Paysans :

Voilà des mille et des cents ans Que Jean Guêtré t’appelle République des pajsans.

A deux heures, le silence se faisail, nous savions que Michelet allait entrer.

L’auditoire était debout, frémissant, saluant le maître de longues acclamations. Michelet s’asseyait, élégant et svelte dans son hahit marron avec un gilet de couleur claire. Ses longs cheveux épais, presques hlancs, encadraient un visage jeune, coloré de rose. On a parlé (c’est Spuller, je crois, dans le magnifique ârticle qu’il écrivit au lendemain de la mort de Michelet) dé ses grands et beaux yeux noirs. Dans mes souvenirs, je vois plutôt un œil gris bleu avec un éclat d’acier, avec des reflets de diamant.

Michelet commençait, froissant entre ses doigts un petit papier sur lequel étaient quelques lignes de notes, qu’il consultait bien rarement. Il parlait d’une voix douce, tranquille, mélodieuse, sans l’ombre de phraséologie déclamatoire, sur le ton d’un entretien familier. Sa parole était lente, simple, entrécoupée de silences, dont il

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lirait parfois ses plus grands effets. Non pas qu’il recherchât les applaudissements de son auditoire enfièvre ; il s’en montrait au contraire dédaigneux, quelquefois impatient quand on se méprenait, quand on croyait voir dans une de ses échappées oratoires ipielque allusion vulgaire aux choses du moment.

Tous les jeunes qui l’écoutaient étaient tout de suite pris, dominés. Ils sentaient flamber dans ce corps frêle l’amour de la Patrie, l’amour de la Révolution avec la foi indestructible dans l’avenir de la Révolution.

Quel remueur d’idées et comme il excitait les cerveaux ! Quand on l’avait entendu une heure, on avait de quoi penser pendant de longues soirées.

C’est au début d’une de ses leçons de 1851, qu’il prononça le mot, si souvent répété : « Le grand siècle, je veux dire. Messieurs, le dix-huitième... ». II l’avait d’ailleurs déjà écrit dans l’introduction à son Hifiloire de la Révolution. Michelet revenait toujours à l’idée maîtresse de cette introduction, par où il a précédé Proudhon : <( Je définis la Révolution l’avènement de la loi, la résurrection du droit, la réaction de la justice ». Il montrait que la Révolution étant la justice et l’Église étant la grâce, l’arbitraire divin et humain, ces deux puissances étaient des ennemies irréductibles. Il ajoutait cette forte parole : <( Ne croyez pas que jamais les ennemis de la liberté religieuse puissent être les amis de la liberté politique ».

On célèbre le Centenaire de Michelet. C’est bien. De ces fêtes officielles, je ne veux dire

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qu’un mol. Je parie que' dans aucun des discours qui seront, prononcés au Panthéon, il ne sera fait allusion ni au livre sur les Jésuites, ni à cette admirable étude des procédés de la domination ecclésiaslique du Prêlre, de la Femme et de la Famille.

Je viens de relire le premier volume de VHifiloive de la llévolntion. J’y trouve ces lignes admirables : <( A toi ! A'Altaire, à toi, vieil athlète, la couronne. Les autres ont dit la justice, toi tu la feras. Tu défends Calas et La Barre, tu sauves Sirven, tu brises l’échafaud des protestanls. Tu as vaincu pour la liberté religieuse et lout à riieure pour la liberté civile, avocat des derniers serfs, pour la réforme de nos procédures barbares, de nos lois criminelles, qui elles-mêmes étaient des crimes ». Il sera peut-être permis de dire dans nos temps de lâcheté morale : Ab, si Michelet était là !

Banc.

Dans une loi Ire à Caslagnary (1), Ranc a précisé le lableau esquissé dans cel article de souvenirs.

Le discours que M. Jules Simon vient de prononcer jeudi au Sénat me rajeunit de trente ans.

M. Jules Simon a commencé ainsi : k Messieurs, il m’a été impossible de prendre la parole dans la première délibération de ce projet de loi.

(1) Sans indication de date, celte lettre fut sans doute écrite en Novembre 1880.

T.\ Tîi’’miiir,iorF, ni; i(S'|8 i;t i,t; ronr d’ktat 73

•le no suis inôinc [las alisolumenl ceiiain d'avoii’ assez (le voix |)onr aller jusqu’à la fin de ma diseiission ».

Jjorsijiie j’ens pour la première fois le Irès grand jilaisir, hélas ! il y a plus de trente ans de eida, vous le savez, mon cher Caslagnary, pnis- «■ (pie vous y (‘liez, d’enlcndre M. .Iules Simon, alors professeur de philosophie à la Sorhonne, il prononça exaclement, rappelez-vous, j’en ai le sfc ivenir Irès net, la même phrase : ■< Mes chers audilenrs, nous dit-il, soyez indulgents pour un jiauvre malade ; je ne suis pas hien sur d'avoir assez de voix jionr aller jusqu’à la fin de ma leçon ! »

;\(ms antres, auditeurs, étions hien tranqnilh's. IVous connaissions l\l. .Iules Simon et nous connaissions la formule. Nous savions (pTaii commencement de chaipie leçon, le doux professeur était toujours éteint, affaissé, aphone, qn il n’avait que le sotiffh'. Nous savions aussi (pie cela ne rempêchait jias de parler une heure durant, et quelquefois plus, avec des éclats de voix suffisants et des immvemenls d’élmpience très noliles.

Pourquoi M. .fuies Simon jonail-il cette petite comédie (pii ne trompait personne, une comédie hehdomadaire qui faisait sourire ses plus chauds admirateurs. C’est, je crois, qu’il lui est im])ossible de ne pas être comédien. La comédie est mêlée au tissu même de son action oratoire. Coton et soie. Il est comédien sans le vouloir, comédien jusque dans les moelles, comédien comme l’était son maître Victor Cousin. Seulement Cousin, c’était dans le genre fulgurant et

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lonitriiant. M. Jules Simon, dès l’âge le plus lendre, a cultivé le genre suave, il s’en est rendu inaitré, il se l’est assimilé ; il ne pourrait pas ne pas être suave.

Ne trouvez-vous pas, mon cher Castagnary, ffue c’est ce fond de comédianisme — et chez M. Jules Simon on ne touche jamais le tuf — qui explique l’action médiocre qu’avec un si prodigieux talent, il exerce sur l’auditoire. Il y a toujours dans ses belles harangues, quelque chose qui détonne, qui coupe l’effet, qui empêche le courant de s’établir entre l’orateur et le public. Jamais il n’a enlevé une foule, jam'ais il n’a dominé par sa parole, lui cet admirable parleur, une réunion d’hommes, fût-ce une réunion parlementaire, de toutes lés réunions la plus facile à l’emballement. Hobbes a dit qu’une démocratie ~ au point de vue purement politique — n’est qu’une aristocratie de harangueurs et quelquefois qu’une monarchie d’un seul orateur. M. Jules Simon n’a jamais été, ne sera jamais cet orateur.

Lamartine, Berryer, Michel de Bourges, Ledru-Rollin, — je ne parle que des contemporains et je ne parle pas de Gambetta qui, pendant des années, a été la voix même de la Patrie et de la République — tous ces grands orateurs ont eu un jour où leur parole a été l’incarnation de la pensée publique ou au moins des opinions de leur parti. M. Jules Simon, artiste incomparable, n’a jamais eu ce jour, cette heure glorieuse, où l’on règne par la parole, et cependant c’est mieux qu’un rhéteur, ou plutôt il n’est rhéteur que par intermittence. ’Vous souvenez-vous de sa leçon

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(l’ouverture à la Facultf* des Lettres, à la Sorbonne, quelques semaines apri's le Loup d’Ëtal, ((uelques jours avant le premier pkdiiscite où la b’rance était conviée par l’homme de Décembre. Le Ouartier-Latin était venu en masse'. Nous étouffions dans le grand amphitbéâtre de la Sorbonne. Nous savions tous que M. Jules Simon était résolu à refuser le serment et que par conséquent, la leçon d’ouverture serait la première et la dernière. Pas un étudiant républicain ne' manqua à l’appel. On venait à la Sorbonne pour manifester et en ce temps-là, nos manifestations n’étaient pas sans danger. On arrêtait dru dans Paris, et les gens arrêtés avaient toute chance d’aller faire une excursion de plaisance à bord du [kiguesclin en partance pour l’Algérie ; Cayenne était réservée pour les notabilités du parti.

Je vois encore M. Jules Simon faisant son entrée. Il fut accueilli par des tonnerres d’applaudissements et aux cris très nourris de Vive la République ! auxquels se mêlèrent quelques : à bas Badinguel ! M. Jules Simon était pâle, mais d’une attitude très ferme. Il fit un signe dé la main pour imposer silence et il commença. Son langage fut à la fois habile et courageux. Il parlait debout, il ne sombi'îiit pas volontairement le timbre de sa voix. Nous l’écoutions ardemment, lui renvoyant la passion plus que nous ne la recevions de lui. On cherchait les allusions, on les saisissait au vol. Les bravos créjiitaient. .•Vprès des développements qui durèrent peut-être une demi-heure, M. Jules Simon en vint à dire une phrase' que vous vous rappelé?, peut-être

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mieux que moi, quelque chose à peu près comme ceci : « Si jamais mon pays réuivi dans ses Comices, volait une loi qui révoltai ma conscience, voici l’homme qui ne s’y soumeilra pas ! » èh. il se frappa la poitrine.

Pour juger de l’effet, il faut songer que nous étions à quelques semaines de régorgemenl de la République et de la fusillade du boulevard. Dans peu de jours, la France allait voter sous les baïonnettes. M. Jules Simon fut acclamé par deux mille voix qui acclamaient en même temps la République et la liberté. Nous étions tons debout jurant de combattre le bon combat.

C’est une des grandes impressions de ma vie. Hélas ! elle ne dura pas longtemps. Peu à peu, les applaudissements, les cris cessèrent ; M. Jules Simon reprit son discours et savez-vous en quels termes, au prodigieux étonnement de tous ceux qui étaient là ?

(( Est-ce moi, nous chanta-t-il de sa voix la plus suave, est-ce moi qui dis cela ! est-ce moi qui prends contre la tyrannie la défense des droits de la conscience humaine ? Non, messieurs, ce n’est pas moi, c’est le divin Platon ! ».

lît il en avait plein les lèvres, du divin Platon, et il nous asséna sur le crâne une citation du divin Platon. Quel froid ! ^Quelle douche ! Quelle figure vous aviez, mon cher Castagnary ! Jules N'allès était assis à coté de moi. Exaspéré et préludant à ses futurs éreintemenis des grands hommes dé l’antiquité, il cria de son creux de bassetaille : <( A bas Platon ! ». C’était aller un peu loin. Ce philosophe n’était pas responsable.

Depuis ce temps, chaque fois que j’écoule ou

LA RÉPUBLIQUE DE l848 ET LE COUP d’ÉTAT 77

(jiie je lis M. Jules Simon, il m'esl impossible de ne ])as songer au (( divin Platon ».

Coniedianle !

Cordialemenl vùlre,

Rang.

Eu 1863, Cliairas, en déjeunant chez Henri Martin, contait à son ami Corbon que Jules Simon après s’èlre élevé véhémcniemcnl contre la prestation du serment, se ravisant à l’insu de tous les proscrits, , les traldssait. — Comédien ! Arriviste ! disait Charras.

Voici, d’ailleurs, le récit vécu par liane de la journée du 2 Décembre 1851.

Paris, 5 décembre 1851.

Mes cbers Parents,

Pouvez-vous vous douter de ce qui se passe ici ? L’autre matin du 2 décembre, le jardin du Luxembourg était occupé par plusieurs batteries d’artillerie. Dans l’avenue de l’Observatoire, les lantassins surveillaient la demeure du grand savant Arago, bien qu’il soit gravement malade. De nombreux étudiants républicains, suivis de quelques ouvriers, se sont alors dirigés vers le Pantliéon, vers la mairie et vers l’École de Droit que la troupe venait d’occuper. Castagnary, Vallès, Delescluze et moi parlons résistance et protestation. Nous sommes malmenés. Nous descendons la rue Saint-Jacques jusqu’à l’École de Médecine où un grand nombre d’étudiants républicains étaient aussi réunis et se joignent à nous pour élever une barricade et chercher des armes.

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Mais un escadron de cavalerie parcourt les rues et nous poursuit. Chacun des attroupements qui commençaient à se former est dispersé.

Les tambours de 1830 et de 1848 restent muets et les ouvriers surpris ne peuvent pas s’organiser pour la résistance.

Nous tentons un suprême effort vers la rive droite, mais le pont de la Concorde est gardé. On entend une fusillade. Lés arrestations se multiplient. Castagnary, V allés et Delescluze se rendent vers la Bastille dans l’espoir que les ouvriers comprendraient l’attentat fail à la souveraineté du peuple. Ils ne peuvent y arriver, la place est cernée. Je pense être arrêté sous peu. Ces messieurs de la société de Saint-Vincent-de- Paul viennent me huer constamment. Je finirai bien par casser la figure à quelqués-uns. Depuis les manifestations qui ont suivi la fermeture des cours de Michelet, je suis étroitement surveillé.

Depuis huit jours, des affiches apposées partout proclament l’appel au peuple et annoncent la dissolution de l’Assemblée.

A vous tendrement, mes chers Parents,

Arthur Rang.

Ranc devait plus lard réussir à faire voter pour les victimes du 2 Décembre, une indemnité qu’il refusa pour lui-même.

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