‹ Souvenirs d'Allemagne: LorelyChapitre 19 sur 66 · VIII. — MARGUERITE, FRANTZ · texte numérisé non relu

VIII. — MARGUERITE, FRANTZ

MARGUERITE. Ah I mou ami I FRANTZ. Marguerite I

MARGUERITE. Entre votre venue et votre retour, il s'est passé des cliores bien tristes t. ..

PRANTZ. Oui t MARGUERITE. YoUS SaveZ...

FRANTZ. Je viens d^un lieu où des hommes du peuple se réunissent, mais où i*on sait tout en même temps qu'aux palais des princes. Votre mari , Léo Burckart, est le même homme que le publiciste Cornélius...

MARGUERrrE. M'est-co pas une chose dangereuse à dire?

FRANTZ. Tout le monde le sait aujourd'hui. Votre mari est condamné à vingt mille florins d'amende, à cinq années de prison.

MARGUERITE. Nou, cc u'est pas lui qui est condamné, c'est le propriétaire du journal où il écrivait.

FRANTZ. J'ai bien dit : car votre mari est un honnête homme, et son devoir était tracé. Quand partezvous ?

MARGUERITE. Jc ne sais... demain...

FRANTZ. Sa marche sera un triomphe ; et le pays sera soulevé peut-être avant son arrivée.

MARGUERFTE. QuO diteS-VOUS?

FRANTZ. Je dis... que cet homme est gran^; ou du moins que le ciel lui a donné l'occasion de le paraître!

MARGUERITE. Oh I ce que vous m'apprenez-là 9^ Frantz, m'effraye... plus encore que tout le reste t

FRANTZ. Dites-lui...

MARGUERITE. Voulez-vous lo voir lui-même?

FRANTZ. Non... dites-lui que la Société des frères de la Jeune-Allemagne^ réunie en te moment dans la salle du consistoire, lui enverra trois députés pour

lui offrir, au nom de la patrie, de payer les frais de Tamende à laquelle il est condamné.

MARGUERITE. Frantz !•••

LE DOMESTIQUE. Il y a là encore une personne qui demande à voir monsieur.

MARGUERITE. Allcz Tavcrtir et faites entrer. Frantz, vous me quittez ainsi?

FRANTZ. Il le faut.' Adieu. (Frantz et le Prince se regardent avec attention en se rencontrant à la porte.)

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