‹ Souvenirs d'Amerique et de GreceChapitre 23 sur 33 · LA PRÉFACE UES JEUX OLYMPIQUES · texte numérisé non relu

LA PRÉFACE UES JEUX OLYMPIQUES

la plus importante de Grèce, j’exposai nos vues cl les moyens propres à les réaliser. Je sentais l'auditoire à la fois sympathique et ironique. Avec ce mélange d’ardeur et de sang-froid qui en fait Un peuple si primesaulicr et si réfléchi, le Grec se donno cl so reprend tour à tour, hésitant toujours devant In parole qui l'enchaînera, heureux des compliments qu’on lui apporte et se méfiant do celui qui les lui apporte.

Les éléments de succès n’étaient pourtant, ni assez nombreux ni assez apparents pour déterminer un do ces courants d’opinion qui entraînent les gouvernants, et, tout en continuant A négocier, j’cnlrclcnais une correspondance avec notre délégué hongrois, M. Franz Kcmény. Un 1890, la Hongrie devait fêler par une exposition le millième anniversaire do sa naissance à la vio politique. Si les Jeux Olympiques ne pouvaient avoir lieu A Athènes, on les célébrerait à Budapest. Mois avant d’en arriver IA, tout serait tenté en vue do donner A leur inauguration le cadre qui lui convenait par excellence. Je me souviens d’avoir erré souvent aux alentours du Stade, le rebâtissant en esprit tel qu’il était au temps de l’ériclès cl tel qu'il est maintenant, avec ses longs degrés de marbre, scs statues, son enceinte immense. Dix-huil mois ont suffi pour que le rêve devint réalité. Un nouvel 1 (érode Atlicus a voulu doter sa ville natale d’un monument qui commémorai dignement la réouverture des Olympiades.

Lorsque je quittai Athènes, j’étais parvenu A y constituer un Comité embryonnaire qui devait faire appel au pays, demander des subsides et préparer les

SOUVENIRS ll’AMKRIQUK ET DK GRÈCE.

hellénique, it faire de la diplomalio, à déposer des cartes, a interviewer les journalistes, l.o matin, il l’aube, en venant du Pilée, j'nvnîs aperçu dans un nuage d’or, sur son rocher rouge, lo divin Parthénon ; pendant trois jours, je ne le revis plus rju’cn fuite rapide aux croisements des rues; je roulais en landau , avec un ami , par les carrefours poussiéreux; le cocher, grand partisan des Jeux Olympiques, descendait parfois do son siège et nous tenait de longs discours, indiquant A mon ami « comment je devais m’y prendre avec Tricoupis ». Nos peines, du moins, n'étaient pas inutiles et nous avions conscience d’avoir fait de bonne besogne eu rentrant, le soir, fatigués dos paroles échangées, des idées ressassées. Le président du Conseil m'avait fait le grand honneur do ne pas attendre ma visite et do venir me chercher A l'Hôtel do la Grande-Bretagne. Je le vois encore assis sur un divan, son profil accentué se détachant sur la muraille blanche; joie regardais curieusement; il incarnait devant moi, en ce premier contact avec la Grèce moderne, l’œuvre athlétique, le merveilleux « rétablissement » accompli par ce peuple impérissable dont cinq cents ans de servitude n’ont pas eu raison,

M. Tricoupis no se laissa pas gagner. Jusqu’au bout il demeura ferme dans son refus do concours, Mais j'obtins do lui, après quinze jours, une promesse de « neutralité bienveillante ». Le commerce d’Athènes, les sociétés sportives, quelques personnages influents se prononçaient pour les Jeux. Dans une conférence nu « Parnasse », la société littéraire

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