LETTRES OLYMPIQUES
qui, potu' la dernière fois, pénétra dans un stade semblable, animée pourtant par des sentiments analogues, par une même sympathie pour la jeunesse, par un môme souci de la grandeur nalionalo.
Il y a place pour 50 000 spectateurs environ. Mais une partie des gradins est on bois, le temps ayant manqué pour tailler assez de blocs de marbre et les mettre en place. Après les jeux, la construction s'achèvera , grâce aux inépuisables largesses do M. Avorolï; des quadriges de bronze, des trophées, des colonnes viendront interrompre la monotonie un peu sévère dos lignes. La piste centrale n’est plus poussiéreuse, comme jadis; c’est une piste cendrée établie selon les dernières données de l’art moderne par un homme du métier venu d’Angleterre. Tout porte a croire qu’elle sera désormais jalousement entretenue par les Hellènes. Car — c’est un fait intéressant, — dans ce pays, où les exercices du corps no comptaient plus d’adeptes, où quelques Sociétés d’escrime et do gymnastique de formation récente avaient tant de peine à recruter des adhérents, il a suffi de parler des Jeux Olympiques pour créer des athlètes. Les jeunes gens ont, subitement, pris conscience de la vigueur et do la souplesse emmagasinées dans la race; leur ardeur a élé si généreuse, leur entrainement si persévérant que les concurrents étrangers trouveront on eux des rivaux improvisés aussi redoutables que des vétérans.
Déjà les Hongrois sont arrivés; on leur a fait une réception enthousiaste : des harangues ont élé échangées; la musique a joué. Ces jours-ci , les Aile-
H2 SOUVENIHS D'ANIKIIIOLT; ET DE GRÈCE, mands sont altcmtus, puis les Américains, les Suédois.... La nouvelle que le Conseil municipal de Paris a volé une subvention auxdélégués français nous est parvenue au moment mémo oit il y avait séance du comité des Jeux au palais du prince royal. Le prince s'est félicité do savoir que la participation de la France était désormais assurée. Nos représentants, malheureusement, 11e prononceront pas encore le grec à la moderne; M. Combes est venu trop tard!
Athènes, S avril tSÜO.
L'approche des Jeux Olympiques n'a fait, cette année, qu’ajouter à l'habituelle gaieté do la semaine sainte athénienne. Les drapeaux innombrables qui tombent des fenêtres, les guirlandes de feuillage qui s'entrelacent nu croisement des mes, semblent célébrer la fin du carême en même temps que la venue des étrangers cl, dès le soir du vendredi saint, il s'est trouvé quelques propriétaires impatients qui oui illuminé leurs façades.
Le vendredi saint donne ici l'impression des réjouissances prochaines bien plus que du funèbre mystère qu'il commémore citez nous. La foute, vêtue de noir, qui parcourt la ville, n’a rien d’allristé. On se demande pourquoi» sur les Inonumenls publics, le pavillon national est en berne, pourquoi la flotte el l’armée sont en deuil; les cloches dos églises emplis-