I.KTTIIFS OLVMI’IQl'KS. iS
pression ost celle que donne une usine immense avec le discordant concert des Icelles et des pistons. Tartnrin serait bien ici; on fait du bruit,... et je pense fi la grande valide qui est lit-bas, derrière ces monts, plongée dans le silence do la mort. Des touristes l’ont visitée celle après-midi; les clochettes des troupeaux ont retenti, comme d’habitude, sur la roule d’Arcadio cl le mont Kronion a vu, mélancolique, son ombre tourner à scs pieds. Oui sait pourtant si co soir, errant dans les ruines d'Olympic, les grands disparus no se redisent pas les uns aux autres, dans le langage muet des ombres, bétonnante nouvelle venue d’Alhèncsl... les Olympiades recommencent.
KERKYRA
Los barbares l’ont appelée Corfou.
Mois ceux qui connaissent l’tlo vaporeuse n'aiment pas qu’on la nomme ainsi. Ces deux syllabes dures et brèves sonnent comme le heurt d’un glaive sur quelque terre de granit perdue dans les bruines d’un océan septentrional, ou lieu que le doux nom grec de Kcrkyra semble le soupir harmonieux do la mer Ionienne nu pied des collines vertes. Quand vous venez d'Italie, ayant quitté sans regret l'ennuyeuse lJrindisi et les plates campagnes qui l'environnent, vous percevez sur l'horizon une liante muraille d’un gris rose, avec parfois de la neige sur les sommets. C'est la côte albanaise, une côte continentale très longue et très puissante, derrière laquelle on devine de vastes étendues do pays, des peuplades obstinées, des passés sanglants et ténébreux. Les monts sont abrupts, le sol stérile, les rives inhospitalières. Peu à pou so dresse dans le ciel une sorte do promontoire
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
hkiikyiia.
qui a la forme d’un bastion géant. Le navire se dirige vers l’angle terrible que ce promontoire fait avec la côte : on dirait qu'il va s’y briser. Les vagues ont l’air inquiet, le vent souffle plus fort; un étroit passage s’ouvre.... Le premier navigateur qui pénétra dans cette fente, ignorant des spectacles enchantés qui l'attendaient nu delà, recommanda sans doute sou Ame à Dieu et se prépara a tomber dans quelque sombre gouffre ou A heurter quelquo mortel écueil. Mais d’éeueil il n’y a point,' cl tandis que, sur la gauche, l’Albanie demeure farouche, A droite passent de jolis monticules lout vêtus do feuillage. La montagne en l’orme de bastion s'humanise cl s’égaie, et soudain, par delà un éperon de rocher contre lequel les Ilots se brisent en écuinant, une grande nappe d’eau s’étend, qui donne au regard charmé la sensation d’un apaisement. L’île entière apparaît comme un long croissant do verdure flottant sur la mer; toutes ses collines sont là, en amphithéâtre, attendant le voyageur pour lui souhaiter la bienvenue ; la forêt qui les couvre lui envoie le message grisant de ses senteurs parfumées, et sur le bord de l'onde la citadelle en pierres grises s’avance de l’airaimahlo des vieilles gens qui continuent d’apprécier la jeunesse et de sourire à la vio.
Pauvre citadelle! 1211e a bien grand air encore et porto vaillamment le poids de sa longue histoire : les arêtes do ses murailles ont perdu leur netteté primitive; des pierres cl des briques sc sont détachées çà et là; mais le lion de Saint-Marc s’incruste flère-
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1 02 SOUVENIHS D’AMKIÜQUE ET DE GRÈCE, meut sut les flancs do sa triple enceinte, et les petits soldats du roi Georges lui rappellent les grands jours d’autrefois. Ils habitent là dans des casernes trop vastes pour eux, adossées nu rocher sur lequel est bâti le second rempart. Car c'est toute une ville, cette citadelle : il y a des chemins do rondo, des couloirs voûtés, deux églises, un hôpital, des constructions en ruines et des jardins pleins do giroflées et des petits bouts de prairies où paissent dos agneaux. Le troisième rempart domino ces choses : il est étroit et conique et no contient que des canons, un phare minuscule cl le mftl où llolto le drapeau blanc et bleu de la Grèce émancipée.
Do lù-lmul le regard embrasse tout l'ensemble compliqué de la forteresse, le pont-levis qui ne se lève plus cl les canots inoffensifs que les mariniers altoclient aux anneaux de foV scellés dans la maçonnerie.
Il y a des ferres dont la géographie raeontcl’hisloire. Kerkyrn n'élait-cllc point destinée par sn situation à devenir la victime delà rivalité des Grecs et des Italiens, à subir le contre-coup do leurs infortunes? Mlle fut prise pal 1 les Domains avant l'èrc chrétienne, reprise plus lard par les Grecs, puis donnée aux Vénitiens par les croisés, lorsqu'ils démembrèrent l'empire byzantin ; passée, do 1207 à 1380, sous la domination des rois de Naples, elle redevint vénitienne pour quatre siècles. Deux fois les Turcs l'assiégèrent. Napoléon en fit un département français et les alliés, en 1813, l'érigèrent avec les autres tics, scs soeurs, en Étal indépendant sous le protectorat de l'Angleterre.... En ce temps-là les Ioniens furent heureux et riches;
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KERKYRA.