‹ Souvenirs d'Amerique et de GreceChapitre 8 sur 33 · I.K MOUVEMENT UNIVERSITAIRE AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

I.K MOUVEMENT UNIVERSITAIRE AUX ÉTATS-UNIS

Au premier abord loulos les grandes cités américaines so ressemblent; leurs tramways innombrables, leurs constructions géantes, l’animation do leurs rues, l'abondance et l'excentricité des réclames sollicitent l'attention. Le cadre apparaît toujours identique et aussi la vio sociale. On trouve partout les mêmes clubs, les mômes journaux, les mômes sujets do conversation, les môme types do politiciens ou do financiers, les mômes alternatives de richesse cl do gône. C’est pourquoi tant d'écrivains se sont persuadés qu’il suffisait de décrire l’aspect de New- York, la carrière do M. Joy Gould et l’organisation de Tammany Hall, pour donner aux européens une idéo exacte des Etats-Unis.

Si l’on voulait une prouve quo colle uniformité des hommes et des choses n’est qu’une trompeuse appa ronce, on la trouverait dans les universités. Sans doute, il y aurait, lii encore, matière h rapprochements. Les programmes pédagogiques sont plus ou moins semblables et la direction est toujours confiée h un « président», dont le rôle très actif et très per sonnet diffère autant do celui du chancelier d’Oxford que des attributions d’un recteur français. Mais co qui constitue une université vraiment digne do co nom, ce no sont ni la façade, ni le règlement, ce sont la manière dont le professeur distribue la science et dont l’etudiant la reçoit, l'action réciproque qu'ils exercent l’un sur l’autre cl l'atmosphère morale, l’esprit qui s'eu dégage et anime l'institution tout entière. Voilé co qui, aux Etats-Unis, est essentiellement variable, essentiellement instructif par couse-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque

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qucnl, nu point de vue de l’avenir du pays ci de sa mission dans le monde.

Celte, diversité cesse d'ailleurs d'être un .sujet d’étonnomenl, si l’on se remémore la manière dont renseignement supérieur s’implanta au nouveau monde. Un 1G3G, un peu plus de six nus après leur établissement dans la Nouvelle-Angleterre et alors que leur nombre n’atlcignait pas -4000, les puritains, qui l’année précédente avaient créé à Boston une « écolo latine » et allaient rédiger, six ans plus tard, ce fameux « acte du Massachusetts », dans lequel se trouve en germe toute la législation moderne en matière d’enseignement primaire, les puritains se préoccupaient déjà do fonder une université et, lions ce but, mettaient do côté la somme, considérable pour l'époque, do 400 livres. l’eu après, grâce à la générosité de John Harvard, leur vœu sc réalisait et Harvard college ouvrait ses portes à la jeunesse, lin Virginie, te mouvement qui devait aboutir à la .fondation du célèbre collège do William et Mary allait s’accentuant, lualgré l’opposition do sir William Berkeley cl de ses semblables. Franklin, dès 1743, faisait des efforts pour doter Philadelphie do quelque grande institution du mémo genre; il aboutit en 1733a'i la création de ce qui fut l’embryon do l'université de Pcnsylvanic. L’année suivante, New- York vit se fou-, der King’s college, qui est devenu la puissante université de Columbia. Dans l'intervalle, les presbytériens avaient fondé Princeton; Yalo existait depuis 1717. Quant à Jefferson, les circonstances adverses retardèrent jusqu’au début du présent siècle là réalisation

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