‹ Souvenirs d'aubergeChapitre 14 sur 31 · LA CINQUANTAINE · texte numérisé non relu

LA CINQUANTAINE

Trotte, chemine, ô ma Suzon Et montrons à tout le village Qu'il est des amours de tout âge Et des fleurs de toute saison.

Etale au vent ta robe blanche,

Jadis aussi fraîche que toi.

J'ai mis mon habit du dimancho,

Aujourd'hui flétri comme moi.

Si quelque passant fait risée

De nos vieux et simples atours,

Tant mieux ! c'est qu'avant nos amours,

Notre défroque s'est usée.

Laissons les rire, ma Suzon, Et montrons à tout le village Qu'il est des amours de tout <^ge Et des fleurs de toute saison.

Ce jour, reflet de notre aurore, N'aura peut-être qu'un printemps.

Qu'importe I Aitoons-nous plus encore î Il nous reste si peu de tetiips.

Mais de Dieu la bonté profonde Ne peut être prise en défaut.

Le droit de nous aimer là-haut Nous l'aVolis acquis en ce monde.

96 souvEiNiKS d'auberge

Courage, ô ma bonne Suzon, Et montrons à tout le village Qu'il est des amours de tout âge Et des fleurs de toute saison.

Comment cette jolie idylle se trouvait-elle môlée aux calembourgs A' Orphée aux Enfers ?

Pourquoi cette inspiration chrétienne dans ce tas d'ordures mythologiques? Je ne Tai pas demandéau joueur d'orgue de Tavenue Marceau, mais je demande une notice, un souvenir, une recherche sur Henri Boisseaux^ l'auteur de la Cinquantaine,

Le sonnet d'Arvers n'est pas d'une humanité plus haute que cette chanson et l'élégie de Millevoye qui, d'après Sainte-Beuve, « marque un moment de la poésie française » reste bien au-dessous.

Un de mes clients, qui habite Carpentras, eut le malheur d'être un jour bombardé Officier du Nicham et Commandeur du grand Eléphant d'Abyssinie. Deux crachats d'un coup.

Dans l'expansion de sa vanité, le Carpentrassien m'envoya la dépêche suivante :

Nommé Officier Nicham et Commandeur fjrand Eléphant,

Cascagnou.

Je répondis :

Vous envoie mes bien sincères condoléances,

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