I.\ (IhAI'KLLB
Mon flU partage avec courage mon infortune et ma misère 11 est Inin mais emport*', il ne supporte pas le-s repn**'»enlalions cl ne convient jamais »!•• ses torts» ce qui me fait trembler pour l'avenir. 11 a pour moy tou» le» ^^^ar»!»- J "Mt'-s les allcnlions que peut lui permettre son r. peu n^flt^chi l/(*coIe du malheur pourra lui estrc utile, il commence à sentir la nécessité de l'instruire, sa conduite est bonne.
Dans mvs moments de loisir et autant que 1 incommodité des lieux a pu me le perinettre. je me suis
% •• ** ^"^ire un petit nv'»»""i'Tii «pie j'ai déposé entre
de II Alary, - -saire des guerres dans
l'armée de Mgr le prince de Condé 11 est chargé de t« le remettre ou a quelqu'un de la famille Tu jugeras, au style, qu'il a esté fait à la hAte et qu'il ne peut •Yoir quelque intérêt que pour toy ou me» fVères
XXVI SOIIVKMHS hKhMK hK l,A CHAPKI.LK
L.i (ihapfllr tjuitta «Imir rarriH'tMio (Ion(J«'> \erH la fin ili* {!*.){ vl se roixiil m Anpiolrrro aver son lil.s 11 n't'st j)as rosl«^ ilc traces df» ce long el, sans «loiili», liicn «iifliciie voyage. On ignore (juaiui il prit le conniianilenient «le sa compagnie au régiment «rilervilly 11 faut aller juscju'au I" juin «le Tannée suivante pour trouver une nouvelle mention «le lui A celte «laie, une lettre à son (ils donne de bien curieuses indications sur le régiment et sur les hruits (|ui se conlirmaient «lune expédition {trochaine à la«|u«'lle l«;s corps émigrés devaient prendre part. Jeiin-Léonard «le la Chapelle était
à Guernesev.
A Lindhurst (i\ co i"juin 17W.
Tu es Men sûr, mon chos fils, de tout le plaisir que m'a fait ta lettrr^, j»' ne l'ay reçue que hier: j'avois osté la veille à Southampton pciur scavoir ^i M. de (iuillerague (2) avoit de tes nouvelles : il n'en avoit pas encore reçu; je n'estois pas sans in(|uiétude de quelques mauvaises rencontres ; je suis très aise de te scavoir arriva à hon port et de te voir content de ton ^tahlisseinent 11 est pnssihlr et me^me trf s probable qu^ tu ne nous auras prcrrdes, «lans c^s parafes ou tu es, que de peu de jours. Les régiments de Royal-Louis (Hervilly),
!) Villo pr •on. Dépôt de» h
(2)Jean-Hi ' ^ a j^tT. vicomte dt ^ .:,--•. lour-
rier-oiajor des g&rde» du corps du comte d'Artois, co 1789; Huu?-Iie:iicDant de U compagnie de Blangy. dana lea • c«dres
d'Oilli&m?c*n >, en i79&.
iMi(oiii;«:iio.\ \iTii
du DfMBoy et d'Hector, ont rr^u l'ordre de m* tenir pr^U à partir; met halot« «ont totu fait* M d Mer* villj, • ««oeore A Loodraa, notu mande que mm*
allodâ • «lu^rotMj ou à Jei^^' plu«iiruni ofllcirr» du r^ffffnrnt noua en mandri . \nt 11 faut meame qu t qu«* le départ «at trèa prochain « puia«|ue !•
eocnte de U- vutr rt t «{ui est auft»ià Ixmdren. m'écrit pour me pnrr df vriller à ce que toute» tra afTairm so> Mea, et qu' ' '<i«. A «on arrive^*, que de
le» iii'^iifx- dana ta Un^n ^. mon amy, il e»t po*-
aiUr que nou» ne tarde ^ t» à nou» revoir (.Niant aui limita d'une deacentt* pn>chaine dont tu me parlaa, je n'y croi« pai, et. d'âpre IVlat actuel Jra clio«e« et \m dispositions génërmlea. je ne voit rien qui me porte à Teap^rer.
C'xMnme je m'Imagine que tu M eonaultrf M d*- Wi|. Umcrm i . avant de te dMder aur le chou du cadrv daii I tu entr«*nti«, je ne pui» qu'appmuver ce
que tu a» fait et d<^kirer que ce toit de la manière la plus avantai;ruiM* p4>ur toy; je pen«e auaay que tu ea cooaulté ton k ! nr le ««nrice «î ' ' • J'ay
ea lenèaie, eii ' ••iiiiit au Mnri**- nlon
ner i ta r»ô%!tion ou j'e»toi<. i ' <1<* r*rh)iM' n*
ij.. Ifenre de » intquejemc
«4Tf»i» d^id«* À lanKiiir dan»l«*» grail«*i» nulMiltrmrc ; |«^ •n^tancr* ont rrndeu \r% movrn» rncorr nmindi
|> JoMpI» Man*^«a»-MldMl. eoMla. aliai SMiquit 4« foH. niiliini ■■jiTT «I •wtomâ as Nfiwt d'ilarvtlly.
cUtiii.r à Vftfia#* ^^c< ta rhA2»#ttr. U 3 ftOÉI tTM.
ifcofiifli piartuva 4a «oa m^m 4* fègM»a
xxvm SOUVENIRS DKOMK DK LA CIIAPKLLE
que les miens d'alors, (^'est à quoy lu dois réflf'cliir et <]ue, ne pouvant prévoir que tu nyes jamais les moyens d'acheter une compagnie de cavalerie, tu bornes ton anil»ilion à y estre, hors ^\v ruiracl»', toulr l/i \ io, li«^ut«'iiant.
Le régiment va toujours à l'ordinairr; jiIusi«*urH hasofliciers ont esté faits officiers. M. d Hervilly nous a fait payer nos logements, ce qui est arrivf^ fort à propos pour parer aux deptes pressées. 11 se donne beaucoup d«' mouvement pour nous faire obtenir les allouances, mais inutillement jusqu'icy et nuus n'y comptons pas. M. de (jraiiiunt (1 i et son fils le disent un million de choses; M. de Chièze (2; est à Londres avec une vingtaine de nos messieurs. M. de (jramont est venu me voir lundi et a passé vingt-quatre heures avec moy...
Aucune nouvelle de ton oncle, conséqucmnient aucune de ta pauvre mère qui doit estre dans une position bien malheureu.se. Cette réflexion, qui est pour moy de tous les instants, me déchire et me tue.
Le reste de la lettre contient des conseils à son fils. Il a mauvais caractère, il est entier dans ses idées. Qu'il soit bon camarade! (ju'il Fi'oublio pas
(\) Claude-Antonin ïiourdon de GraniiDonl. chevalier de Saint-Lazare, capitaine de canonniers garde-côtes, capitainemajor au régiment d'Hervilly. condamne & mort à Auray le 21» août 179o.
(i) Prohablnnont An<lré. chevalirr de Cliiesa de ^ ^«co,
capitaine au lOi* rugimenl d'infanterie en 1791. . : ue
Saint-Loui.>'. capitaine au régiment d'Hervilly; blês»é le 10 juillet 1795 À l'attaque den lignes d^ Sainte-Barbe, il mourut le 2b juillet.
i\TiionîrTîf»N xxix
non pluM i|u*il \ u un Ihi'U, ci t|u il \ a unr rchuion qui exii:v dr lui tien devoirs La r.hapelle ajoute il la Hn :
Il y a eu du tapage à TArti; le* Jacobins y ont eu un moment le des<k>U!t. on dit qu'il y a eu cinq mille hoiiimt*)* tuf(«... (Il On dit it\v aujounrhuy que S •• * ^* It) vimt d'irftre hurprin par les AoKlais. c*e«t
pi .cment le canon dont tu me parier» qui aura
donntî lieu à cette nouvelle. Je ne t'écriray poh «i noua nous rapprochons de loy ; ai, ce que je ne croy pas. notn* tlf«»tinatitm est chanf:»*e, je te le mand»' ray . etc Adh u. cUrr flU. je t'embraftae de tout mon cœur
Au dos .4 MoH^îifër #/<• la Chopelif, offcirr fruHçais aiiachf^ '*>* -'uire de M '" ^lontail'-* -î (lU^r-
Cr> n était p.iH aux Iles normandeM que Ton envoyait le régiment d'Hervilly. CVtait la dénaatreune expédition de (JuilxToii qui se préparait
La Cliapelle n'embarqua, le H\ juin, avec le premier convoi A l'exception des chef», tous croyaient qu'il s'agissait d'une descente h Jersev et à Guernesey ; le ni-rret a\ait été bien ^ardé Le véritable
(1; Jo.ifn.-«- 1 » f . r » III ^m. XI il a tuai 17»:» j
XXX SOL'VKMKS D'KDMK DK LA Cil A I» K LLK
objet de l'cx[)t'Mlition ne fut déclaré qu'en pleine mer (1).
II débarqua le 27, dans l'anse de Carnac, sur la plage appelée depuis « la Plage des Émigrés », entre Port-en-Drou et le Genès, assista, sans doute, à toutes les afl'aires où son régiment fut employé, à la prise du Fort Penthièvre, le 3 juillet, aux attaques désastreuses des lignes de Sainte- Barbe, le 7 et le 16 juillet, peut-être à la surprise par Hoche du Fort Penthièvre le 21, enfin à l'affaire du moulin de Kernovest ou de Saint-Julien, le même jour, dans laquelle les soldats d'Hervilly et du Dresnav passèrent à l'ennemi, après avoir massacré une partie de leurs officiers. Ces régiments avaient été formés partiellement d'anciens prisonniers de guerre républicains, incorporés en Angleterre, sur leur seule déclaration qu'ils étaient disposés à changer de drapeaux. Refoulé à Port- Haliguen avec les débris des troupes royales dont le comte de Sombreuil avait pris le commandement, après la fuite de Puisaye et l'embarquement d'Hervilly, blessé à mort, la Chapelle fut fait prisonnier, le même jour 21 juillet, au Fort-Neuf. Les quelques centaines de survivants mirent bas les armes, sur l'ordre de leur chef qui eut le mal-
(1) Dans les interrogatoires devant les commissioDS militaires et dans leurs lettres <i'adieu\ à leurs familles, beaucoup d'fmigrés déclarent qu'ils ignoraient où on les menait.
INTRODUCTION xxxi
licur «le LToiro à la siiioérité de la <'a|tituIatioii.
Iiilern»' <i'abord à Auray, la (Ihapelh* dut faire partie de la colonne de cent cinquante prisonniers dirij^és sur Vannes, le 'M juillet. Au moment do passer en juj^emenl» il put «crire à son frère Heaulieu, lui doiuïanl la triste mission de faire parvenir à sa feinine la lettre ({ui contenait ses derniers adieux
Ce n'est pas sans rniotion (juon lira ces lettres, pleines des sentiments les plus élevés de courageuse rési«rnation et do confiance dans la miséricorde de Dieu.
Nous venons d'estre conduits icy, mon cher Beaulieu; nous serons prol)al»lement jup<^s dans la journée et ex«*cutés l'instant d'après, ainsi cpif je W l'ay mandé d'Auray. d'où je t ay écrit avant-hier. Aucun des secours temporels et spirituels ne m'ont mampié et j'espère tout de la miséricorde de Dieu.
Nous avons trouvé des Ames charitables et compatissantes qui ont bien voulu adoucir la rigueur de notn* sort .l'ay éprouvé, d'ailleurs, tout ce que l'infurlune offre de plus alfreux, j'ay épuisé tous les genres de maux possibles, je les ay soufferts avec patience, j'espère qu'ils me seront de quelque mérite aux yeux de Dieu auquel je vais faire le sacrilire de ma vie. qui ne pouvoit plus estre hi'ureusedèsque j'estois destiné à vivre éloigné de ma famille, de mes amis, de ma malbeureu.se femme et de mes enfanU.
l'auvrc et chère épouse! (Juel est ton sort dans ce
XXXII SorVKMKS DKDMi: DK I. A T 11 \ P K I. I.K
iiioincnt, <|uels lieux hal»ite8-lu? Je n'ay pus in*^me la consolation, en mourant, de hçavoir rien de ce qui peut avoir trait à elle et au reste de ma famille Je ne sçache pas un sacrifice (jue je nayr à faire. Mon Dieu, je vous les olTrc tous!
I.a mesme résignation, mon cher Braulieu, se trouve dans les deux cents victimes, enfermées avec moy dans ce moment, et toutes destinées à périr avec moy dans la journée.
Je ne te dis rien des événements qui nous ont conduits icy: cela tient à la politique et je me tais sur cet article. Tu apprendras assés tost mes malheurs et ce qui les a amenés, tu ne m'en plaindras que davantage.
Adieu, mon cher frère; mon heure approche, je vais profiter d'un quart d'heure qui me reste pour dire un dernier mut à ma pauvre femme, que je te recommande de ne luy remettre (juavec la plus grande précaution.
Adieu, mon amy, adieu, tous mes parents; a<lieu, tous mes amys; adieu pour toujours! I*riez Dieu pour moy!
POI'R MA FKMIIK,
PnU à paroistre devant Dieu, ma bien chère et vertueuse amye, tu ne soupronnes pas que je veuille tromper ta confiance. Depuis l'instant de nostre union je n'ay cessé de t'adorer et je meurs sans reproche à cet égard- là.
Despuis le moment de nostre séparation, depuis ce moment où je m'arrachoy de tes bras, il n'en est pas un seul où je n'aye fait des vœux pour ton bonheur.
INTRODUCTION xxxiii
i'êy espéré, jusqu'à ce jour, que je pourniU encore le parUger. l^ Ciel en ordonne autrement, que ta •Ai' •• noit fAÏte*
iN. iiiH p^^ le reproche à ma m<<moiro il avtur suivi uni» autr.- r.,i!i.. .1.,.. celle que lu m'avoiii indtqu<^ . je oVn ftN , itaftre, tu \ttm en e«lre î*Ore
Ah! ma chère amie, que de maux j'ay éprouvés! LV»j>olr de te retrouver un jour m'avoit soutenu ; il nVn e^t plu* iM)ur moy que dans rétcrnit<*.
Tu appr<*ndra<» ma malheureuse fin el ce qui m'y a conduit. T.r;. ,,,111^, (j,.. . .^^ ahAndonné. trahi Mais Dieu leur i^ne nu- rJe, comme j»* tu- 1 . k**.
de le prier de me la faire k moy-mesmo
Conserve-toy |Kmr te» enfants, sois leur runsolation.
j'esp^^re (|u*il seront la tienne ; emhra.«i«(e-les ten-
M de* I vertueux el
-.... . ... j..- j. i... ,,i- «i lii"» re«*p«Mt .|M il-» ne n«^cli^e-
ront rien pour fain» le l>onheur de leur re«*pe<ial>le ««t tendre m«^re. que leur père, en mourant, la leur recommande
Je meurs p(^n<^tré des v«^ril<*s de la religion, je meurs plein de fuy ' M ux et n^pec-
tables camaruw !. , n,. *f,„ ,
sentiments 1^ <.i . , .: ., . • . .,
les secours dan» nos derniers n. 1,,
seront employés à le prier pour toy et fMiur moy
Mon dernier soupir sera pour toy, mon dernier vœu lera |K>ur qu'il |.' u je te réunir, un jour, à
moy dans Min m-,
J'etpère nti* t .. n» quittera pi"- n^i.t.«î..,.
vous quel , .i. lune rt l'autre, de v.
'^'^y» oc I i^- dan* Vil* pneres i^u'il eût esté
heureux de linir ses jours auprès de vous! i.Kiel tacri-
XXXIV SOUVENIRS D'KOME I)K LA CIÎAPKLLE
flcef Ah! ma j)auvrc amie, ah! mon Dieu, je vous
l'olTre !
Parle de moy à tous mes parents, à tous mes amys. J'espère qu'ils s'empresseront tous à te donner toutes les consolations qui df^pendront d'eux.
Mes pauvres parents, mes chers amys, ah! combien les sacrifices se multiplient pour moy! J'espère que celuy de ma vie, que je vais faire, ne sera que plus méritoire devant Dien.
Je t'avois écrit un mot à la hâte, il y a un moment, dans une seconde lettre à Beaulieu, que j'ay remise (1j. Je n'espérois pas avoir le temps de m'entretenir plus longtemps avec toy. Dieu a bien voulu me ménager encore un moment sur lequel je ne comptais pas.
Qu'il est bon! ma chère amye; mettons toute noslre confiance en luy et abandonnons-nous, sans murmurer, aux décrets de la Providence.
Nous venons, tous, de prier au pied des autels pour le bonheur et la tranquillité de nostre chère patrie. Nous ne nous permettons pas mesme de murmurer sur la sévérité avec laquelle on nous traite; rien ne se fait, dans ce bas monde, que par la volonté de Dieu.
Si quelque chose trouble mes derniers moments, c'est lincertitude ou je suis sur ton sort, sur ta position et sur celle de toute ma famille. Mon Dieu, ayez pitié de ma malheureuse épouse, répandez sur elle vos bénédictions!
J'ignore le sort de (iuillaume, j'espère quil pourra encore, un jour, se retrouver dans les bras de sa mère.
(1) Ces premières lettres se sont perdues, peut-être ne sontelles jajudis parvenues ?
INTIIOIIL'CTION xixv
Dieu Ycuille qu'il s'y r«trouTe, vertueux et digne dVlle* !
Adieu, chère amye. il faut nous H.'parrr U ID60 pauvrt^s enfanta, «h. r.- rt innlhtur<»iiîKépouse! je you« nerrc t<.UH .l.irjH m. ^ hr:iH, nîccvex, loui. iiiefl derniers et Uu Ir. s . mi.r.is-. m. uia. Adieu pour toujours? Prier Dieu pour moy!
Os lo(tr(*ji no «ont pas dater s La «hapelle dut les écrire à Vannes !i» 2 août L'avaiit-veillo, en effet, il avait adressé d'Auray, h .son frère, une première lettre qui s est inalheureuMement perdue. Or, la colonne de prisontiierH, envoyée d'Auray k Vannes, le 31 juillet, Heinhie avoir été la dcniière
Condamné à mort, le IH thennidor an iii (3 août 17ÎÏ5), par la seconde rommission de Vannes, prénidécpar le c\wï de hatailloii liouillon, sou.H le nom de « Jean Berney, âgé de rinijuantc^ trois ans, né k Herperar •, la Chapelle toinlia nous les halles du peloton d'exécution, prohahleiiient. le lendemain (1).
Le lieu de Texécution est incertain Pout-étro est-ee rKmiitage, k une demi-lieue au sud de Vannes, à l'endroit appelé depuis • la Pointe des finiiirrés •? peiii-.'fr. .^1.0 r\rmor, sur In rive
fVn^MA' . ^ ; u- : ur. «lu'll fu! lo^. à
'• i« W« àfO M roni|MM(i>i«. (Aniurti éé Ut Gutrre,)
XXXVI SOUVENIRS D'KDMK Dl' LA CHAPP:LLR
«raucho «lu canal? ("est à l'Ermitage et à l'Arnior (jiio furent fusillc^es les virtiines des 13 et 1 i thermidor. Peul-«Hrc est-ce au lieu dit Nazareth, (|ui fut ensanglante aussi.*
INTERKoGATOiriK d'kDMK DK LA CHAI'KLLK
La séance de ce jourd'hui, seize thermidor (an III), nous membres de la Commission extraordinairement appelés, a commencé à huit heures du matin et avons procédé de suite à l'interrogatoire des accusés prisonniers, cy après nommés, dans la forme ordinaire.
Savoir :
Interrogé Jean Berney, lils de Simon et de M. ihihaud, âgé de cinquante trois ans, né [en Suisse, Principauté de Neufchàtcl, à Landron] (1). — Ces moU smit biffés et remp/firés jmr : en France, à Bergeracque, département de la Dordogne.
Interrogé où il habitait ordinairement avant rt après la Révolution.
(1> Il avait essayt- de se réclaimT do sa qualité de sujot ncuTciiâtelois, en vertu des lettres de naturalisation accordées à jion grand-pèrp. Jean de la Chapelle, chevalier. ir de
Biarnrs. pour lui ft sa descendarne, par l'Ktat de .^ 1. le
7 octohrt- 1720, et dos lettre.-^ de hourgeoisie de» villes de Valengin et Landeron, accordées au m»^nii' le i\ a\ ril \'it. — La qualité de sujets de l'Ktat de NeufchAtel avait été reconnue, en faveur d'Kdnje di* la Chapelle et de ses frères, par le conseil d'btal de la prin« ipaut»', en i794.
IMIlOiaCTIO.N XXXVII
A répondu, à Farts.
Inlern)^»* *'il a «nri en Kranc»
A r ' Mt (l'un iii lie lruUp€ii
pnivii - I liiirliiir MiMif iinri
Inl» rr..^. .1 .j.. . ^ ,.. il a quittt^ la France
A T* j lui 11. en quatre- Tin^-quatorte
Interrugé *>'il a pris du S4*rvice chez len puisnances coalisées.
A r in, ofBci
lut* ; - «'il fais'jii j>.u li»tiniMr«« jin*» a Klbe-
ron
A n^|K>nilu que oui, dans le Fort.
IDMI Dr. LA CNAfILLt USBMTft Jl'ftTtCK IM^ASTlAUTt
Niiiu rr:tfi<iii<* ILtiiill.in «Miiitaine au (Ictixième l>.
JuImmi Taqûn, Ignace Hisc4>p. Jean Jourdan, tous trois officiers audit bataillon. Ik*njaroin huhem. officier au -ne régiment - k cheval, iiietnV~ rnmiftAion : ir à Vannes tjflr 1. • lîii !.. 11!.' 1.1 tli«*riMi(l<)r, p. . , '. et ce. rniant à la loi du riq hnimaire l'an troi!«, et à Duus joint le citoyen Antoine Tllloy. quarticr-maftre
xxxviii SOUVENIRS D*EDME DE LA CHAPELLE
au deuxième bataillon de tirailleurs, secrétaire greffier nommé, nous sommes assemblés au club de Vannes, ce jour, seize thermidor, troisième année républicaine, à deux heures de relevée, et avons procédé à la lecture des interrogatoires des cy-apr(^s nommés, fait prisonniers à la Presque-Isle de Kibéron.
Sçavoir :
Jean Berney, Agé de cinquante- trois ans, né à Bergerac.
Lesquels, après avoir comparu et interrogés, ont signé leurs réponses.
Desquels interrogatoires et réponses il résulte qu'ils sont tous convaincus d'émigration, d'avoir été dans les divers rassemblements d'émigrés et autres ennemis de la France, d'avoir porté les armes contre la Uépu- ]»lique française, et notamment lors de la décente à Kibéron, où ils ont été pris armés dans la presquile, dans la journée du trois thermidor.
La commission militaire, vu Tarticle sept, titre cinq, de la loi du vingt-cinci brumaire Tan troisième de la République française, une. indivisible, dont la teneur suit :
« Tous les françois émigrés, qui seront pris, foisant partie de rassemblements armés ou non armés, ou ayant fait partie desdits rassemblements, ceux qui ont été ou seront pris, soit sur les frontières, soit en pays ennemis, ou dans celui occupé par les troupes de la République; s'ils ont été précédament dans les armées ennemies ou dans les rassemblements d'émigrés; ceux qui auront été on se trouveront saisis de congés ou passeports délivrés par les clubs français
INTHOnUCTION xxxix
ëmigrës ou parles commandants militaires des armées ennemies, seront réputés avuir st-rvi contre la France, en consé(|iience jugés dans les vinu't-(|ualre lieurcs, par une commission militaire composée de cinq personnes, nommé par TÉtat-major de Parmëe, dans l'étendue de laquelle ils auront été arnUés.
Condamne les dénommés ci-dessus à la peine de mort.
Ordonne qu'ils srront conduit, dans les vingt-quatre heures, au iifu df leurs exécutions pour subir leur jugement, conformément à l'article huit du titre 4 de la loi du vingt-cinq brumaire.
Déclare leurs biens acquis et confisqués au profit de la Uépuldique, en vertu de la loi du vingt-cinq brumaire article 1, titre quatre.
Ordonne que l'expédition du présent jugement sera adressé à qui droit, ««t sera impriinr il aflifb»', partout où besoin sera
Fait et prononcé à la sale d'Audience, au ('lub de Vannes, ce jourd'hui seize thermidor, 3' année républicaine.
Et (tut stijnr Duluni. .1 (!.irpin. .1 liisc hop, Jourdan dit Bolirpointr. P llouillon, président \ Tilluy, secrétaire greflirr.
{Archimt dèpariemrniaieê du ètQrb%kan.)
XL SOUVF.MHS D'KhMi: DE LA CHAPKLI.K
Voici les noms «les comparerions de supplirc de la Chapello, conclamni's nwc lui \v 3 aoftl 1795 :
I)*Arl»la«Io (Jeaii-Lonis I^MKjuel), capitaine dans Hervilly, 30 ans.
D'Avaray (Armand-Lonis-Tlirophilo do lirziadc, vicomte), chevalier do M.ilt«', major dans H<Tvillv, 29 ans.
Boauvalon (Gabriel,) clore tonsurr^, soreront dans Rohan, 26 ans.
Boaufort fJosoph-Marie-Jean-Michol de), capitaine dans Hervilly, 48 ans.
Bonneville (Horiri-Jacques le Fauconnier do la), capitaine dans du Dresnay, 60 ans
Briges (Jean-Christophe de Malhcc de Montjonc, comte de), major dans Horvilly, 3i ans.
Chevière (Benjaniin-Ronô-.Michel de la), lieutenant dans du Drosnay, 33 ans.
Chevière (Jean-Baptiste-Germain de la), frère du précédent, volontaire dans Damas, 46 ans.
Cillart de la Villeneuve (Ktionne de), sous-lieutenant dans du Dresnay, 40 ans.
Iliidohert (Jacques-François d'), émig^ré, 37 ans.
Irnhort (Joseph), émigré, 35 ans (I).
Korvasdoué (Charles de Kerguisiau de), 46 ans (2)
(1) Serait-< »> m> m* me linlt^-rt que celui que nous trouvons à Lyon, avec la Cliap»^ll«\ en 179:î"»
(i) M de Kervasd'jur av en 1793. au siège de Lyoa
où il avait reçu de graves : .
INTHODUCTIOK XLi
M y (Loui^-Ktifiine le liouchcr, mAn]ui8
dej, émigré. 3H an»
IVrdn^auville (Jean I)avi<l de), 36 ans.
Reyranpiade (Henri de Fa»C4d apilaine
dan.H ilervilly, 3(> una.
VajiMl do Pecholirr (Aiitoin . souf^-âide-
inajor daiiH ller\illy, 3H ans.
Vaimal de Sainl-Gily (Aniiaml-Auguiitiii de)» lieutf*nant dana ller\illy, 3*J ann
Vaaay (Aloxandn* do», ômij^rô, 38 ans.
Le» refîtes d'Kdmc do la (Uiapelle doivent r4|M .^. i aujourd'hui dann Tô^lino rathôdralc de Vannen. En 1814, on n?cuoillit Ioh OH^onienta de» %'iotimeH dans neuf cercueil» qui furent d«*poM'*s, lo 7 novembre, dan.H un caveau t\o la cha|N*llc de SaintBonaventure, aujourd'hui chapelle Saint-Loui;». Une lar^e pierre (ond»alo recou\re les rcatea de Mgr de tierce, de >unihreuil et d'environ quatre cents autres victimoH. Pas une croix, pas une inscription, ne ra|>- {M-lle l'emplacement de ce funèbre d«*pôl ( I » et no demande au |>assant une prièn* ou un souvonir |>our coux doi't lâM» ri'*»i'«» reposent ^"'(*' '•••"•• «î «îl«« anon\nio.
I I tli* filt l.i (ifi itf* Ji*:i ii> r*iliiii' itr t.| ( *li.iiii<lti< ifi»
XLli SOUVKNIKS D'KDMi: DK I. A CIIAPKLLK
Béarn^sl l)<''noueinenl tragicjuo d'uno draniatiquc existence dont il va nous raconter les poignantes péripéties.
Chose étrange! il périt sous un nom (jni n'a permis à aucun de ceux qui ont écrit sur la lugubre tragédie de Quihoron didentilier « Jean Berney ». C'est sous ce nom méconnais.sahle (ju'il est inscrit sur le monument élevé k la mémoire des victimes, dans la Chartreuse d'Auray, bien qu'il ait signé son interrogatoire sous celui de « Béarm'' ».
S'il voulut juscpi'à la fin cacher son identité, comme il l'avait fait à Lyon, il faut avouer que ses désirs furent pleinement exaucés.
C'est justice de lui rendre, aujourd'hui, dans la phalange des malheureuses victimes de Quiberon, la place qu'il mérite. Il l'a bien gagnée, car il l'a payée de son sang.
Dans les pages qui vont suivre, le lecteur trouvera plus que la simple autobiographie d'un brave officier emporté par la tourmente dans de tragiques aventures. 11 verra surtout se détacher en relief, dans l'émouvant tableau de grands faits d'histoire, la figure attachante de l'homme énergique et droit, rigide dans ses convictions, dévoué jusqu'au sacrifice à ce qu'il juge être son devoir, du soldat loyal, fidèle serviteur de son roi, et du chrétien résigné k la volonté de Dieu.
Toute sa pohtique fut de sacrifier sa vie k la
INTRODUCTION xliii
cause <1«* U monarchie et k celle de Tonlre, sou» le» drapeaux ()ui avaient rc^*u «es preniier» serments
V»* G. DK GKRAiin nr Hahry
J« loi» U» rrrnrmrnier ' li
OOt (•trii vi i!u in'aidvr * ■■".■. s dan* 1«« Somttntrt dé la Ckmptilê, mai* je tient A «ipamer tpè"
aalrmeot l't'.uda é M .s Ch;- ' " |ui a min a r ' .->-
•lUoo. a«« .re libéralité. 1p> «e» noie». : t p*r lui. fiir U* oilicier* eo acUvitr dv Mr^ice vu I7SV.
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HKHCiEHAi
r AIMS
(nSîMTUi)
J'avois lu avec quelque attention l'histoire des différentes re'volutions; je sçavois qu'elles ne s'opèrent pas, dans un grand empire surtout, sans de très fortes secousses; je sçavois que TintértH du peuple en estoit toujours le prétexte et les passions de quelques ambitieux, nés pour le malheur de leur siècle, la vraye cause. Pénétré de ces vérités, je ne pus voir sans effroy la convocation des États -généraux, quoyque bien loin alors de prévoir dans quels abymes de maux ils alloient plonger ce malheureux royaume.
J'estois dans ma province, en Périgord, quand les trois ordres s'assemblèrent dans chaque bailliage. iNommé commissaire par celuy de la noblesse, je fus chargé d'envoyer les billets d'invitation auxquels se rendit la majeure partie des gentilshommes du bailliage de Bergerac 11 y eut peu de débats dans cette première assemblée qui se tint dans la salle des
(l) Le manuscrit des Souvenirs de la Cliapolle porto. o[»in^lée à la première pa^e. la note suivante
Je pne monsieur Alary, ou celuy entre les mains de qui pourrait tomber ce manuscrit, qui ne peut avoir i/uf/t/uf mtfrct que pour
4 sorvr\ii:s n'rnMr in* t \ cnvrriîF
(*nrini>s(l. a licrf;(Tac tl a la«{uolh- |>rt->iauil M. le comlr de S«\i;iir-I*ilray (i». Ohaciin |»r«''scnta sei» %'Uoii; aprez les avoir discutées, on Itîs rcMigea en forme de cahier; j«» fus rharp»» de le porter à l*«Tipueux. rhrflit»ii de In province, où dévoient se réunir les trois bailliages pour y élire leurs députés.
Avant de clore nos séances à Bergerac, je proposoy â Messieurs les gentilshommes, comme mesure sage, de déiiigner celuy d'entre eux «pi'ils jugeroient le plus propre à remplir les pénibles et honorables fonctions de député, mais que malheureusement tant de gens ont déshonorées. .Pavois en cela deux vues, celles d'assurer un bon clioix et de le faire porter sur quelqu'un du bailliage de Bergerac. Ma proposition fut goiUée, mais le choix embarrassoit. M. de Laroque (3) estoit
ma famille, de vouloir bien 1$ luy faire parrenir à Bergerac, en Prrtyoïd^ Ueu de ma naittance.
À HattaU, et 2 •Mi7/r( 1794.
L \ *.// \rrtJE.
Li*ut*nanl<^hnfl i'mfaMtrrit, cktutmr noble imns tarm^t m%M 0rért* 4e ilonui§n*ur U frinte et Cemâi.
(1) Le rouvent des CariiuM de Beri^prac D'exi»t« plus. 8ar son emplacement a éU* construit, en 1860. lo palais de justice. Son jardin e*t «l(^vi i public
(2) Le conitr de v. appel*- aussi le vicomte de Scgur et le vicomte de Bouiély. Simon-lsaac de Sî^^fur. vicomte de Ségu.. . i^...ar de Saint- •"• f^nce. lieute» oant-colonel. commandant le hataillon de . du Perche.
( ■ - - d»> la
Mo; * . i' comte
«le U Hoque de M<»n.H, ne A I vrier t73f. marié en
177u à Marie Sirven de la i ij/< . m'irt à IVrigueua. le
S5 janvier ittOb.
BFIir.RItAC — PARIS (I7t»-I79r
alors ftbMot. J« le dMirnoy : Il ettolt aTmlitgo^^ment connu, il T rul |m»u d m ri il fût ronTrnn que
tooln k« voit tt »ient A IVrisurui |iour por-
l#r à U clApaUtion M àe |jinM|ui*, en «uppoMnl UM* lrfoi« qu'arriva à Prr \. t| ne •« trouverait |»M
dami le* drui tutrr» !*.. ' "l'un qui p^HIt
réunir à un plu« haut ' < <'«^' n!i> tlet A
un cli^put^ Ainfti chaitm i'^i^n ionj-ui^ luniu^ de M
llan* U vur d'un !• i. nous aurinn^ diHfré
que Im ordre* du et du Tiers, uta-i i-
rément a llcrf(rrar. n^unii* d'opinion. n'euMent |H>rté qu'un meAme Ytru .\ Vérigueux avec nouA Pour y parvenir, nous propiMâmea A cas Maatleuni de nommer dea comminaalres pour venir prendre lecture de notre cmhler Kn rendant ju«lire au motif qui nous di'trrmiiK»il, iU ne l qu'éln* fM*nsil»le« A l'offre que
nuu» leur faij»iun*. li^ a''*' plurent U proposition et leur* cororoinaaire* n • •• . ■» lU" rendirent fhei H le |.-.f..i^ .1.. <-'ffurl'itr.»> Il r«»n l«*ur Ht leclurr du r «Ire travail l.*- •-•)trit« n'e«toient paM
ri. .f. 4 ce point de rejeter toute |>r«*t^>^ition raison* oable et, «an* l'article où nou« «! m formelle-
Il ttc vouloir pas «oujM*rire A voter |»ar tMe, i\ «si Ulile que nou« «erion* |>arvenuii au but que nous
Peu de Jour* apfe« n<' --X.
î maame eoér de mon »r ^ \ m» ' la
QoUlOtaa du bailliage dr ^irn " uiitii-
qoAmca let ar»* »- - «luo n»»*?- ., j.,,.j^.,.r. la
fi SOI VKMRS h'KD.Mi: hl! 1. A CIIAPKLI.K
cause esloit commune, nous firmes bientôt d'accord. Ces Messieurs nie demandèrent si nous avions jflé des vues sur (|upl<|u'un pour la deputation, je leur rf^pondis que nous nous estions occujx'S un moment de cet objet et que nous estions convenus que, si «'lie pou voit regarder quelqu'un de nous, M. de Larorpie estoit celuy qui nous paroissoit le plus propre à bien remplir cette mission honorable. M. de Laroque estoit connu de la plupart de ces Messieurs qui parurent applaudir à nostre choix. Deux jours aprez, M. le comte de Verteillac (i), grand sénéchal de la province, réunit les trois ordres dans une églize, ouvrit l'assemblée et, aprez quelques discours prononcés, chaque ordre se retira séparément dans un lieu indiqué pour s'y occuper de la nomination de ses députés.
Les d«'l»at> commencèrent alors; il y en eut de vifs dans la chambre de la noblesse au sujet de la nomination de .'ion président; elle prétendit avoir le droit d'en nommer un autre (|ue celuy envoyé par le roy et. |».'ir suite de cette délibération, elle nomma par acclamation M. le prince de Chalais (2) pour la prési-
(!) C«'sar Pierre Tliihaud île la Brousse, mar<jiiis de Vt-rteillac, comte (le Saint-Mayme. né le 8 orlobre 17iî>, mort a I)ourdaneo 1805 Maréchal de camp le 5 dérembre 1781. émigré, commandait eu 1792, à l'arni. e des Princes, un escadron form^ d'offlciers du régimenl de CharlreR-Drairons et de gentilshommes du Péri^ord II r» •^ida à Hambourg de i79.S a 1800.
a) Ilelie-Charles de Tallcyrand. prince de Chalais. puis duc de Périgord. etc. Mestre de camp de Royal-Normandie en 1785, maréchal de camp le 1*' mars 1791. lieut«>nant-Keneral le SI ft vrier 18i6, pair de France le 4 juin 1814. j^rand d'}->paf;ne de 1" classe, < hevalicr du Saint-Esprit ii octobre iSH. mort le 31 janvier 1859.
ltKli<;RUA(: — PAIIIS »l7Hy-l7M> 7
lier KIU* uc |H>uToit Msnrémaol |mu faire un oiaiitoiir cboii. en iup|H>«uiiit toujoum qu'elle en eût le droiU ce qui ne ma jamai* paru bien prouva M. le comte de Vertrillac. que celte affaire reitanlutt plu» particulièrement que I • •*. eut le kion esprit de no \ui» «'arréter à ce qu .. ; ' .voit avoir de mortinant (>«>ur luy et, aaiu perdr< an- .u <!'*«i droitii de ta place, trouva le moyen de tout con ili< r 11 y en avoit un bien simple qui fut propose par l'un des membreu de no<itn* a<^M>mi>l« •-. celuy de nou<* retirer et de ne point envoyer de d<<pulation Ot advis ne prit pas. il eut cependant des |>artizans et je convienti que je fus du nombro
(hi pr^cëda enfin A la nomination dc*s d(*put<^?i M de ljut>que, qui avoit déjà et^ié nommé premier scrutateur, obtint la frrande majorité des suffra^t** pour la députation; M. de Foucauld (I » fut nomm*' après luy et eut M*pt voix de plus que M lo comte de Péngord. i^on concurrent Ia^ nominations faites, nous nous occupAmes dt* la rédaction di* nostre cabicr. dont l«>ii principaux article» avoicnt est^ préalablement di^i^utés, convenus et arr«^téii .\|r«»«ieurs les |rentiUbnmine<, avant de se st^parer, nomin«Trnt A cet effet un bureau d<* cioi| commiegaires du nombre deiupieU je fus. Ce •T de voit r«»tre rrmit A nos députés pour leur tervir de liouMMile. pour réf(l«*r U conduite qu'ils avoient
- 69 Ma » . :r. aa.
« SorVKNIHS hKhMi: hi: 1. A MIM'Kl.u:
à tenir et dont ilF prirent rengagement de ne jamais s'dcarter. Que de maux un auroit évitt's à la France si tous avaient est<^ aussi fidèles à leurs engagements que MM le comte de Koucauld et de Laroque!
De retour à Bergerac, nous élaMimes un l>ur<-.iu pour correspondre avec nos députés. Otte correî^pondunce, dont nous ne faisions un secret à personne, parut estre vue sans peine dans les premiers moments, mais nous ne tardâmes pas à nous apercevoir qu'elle olTusquoit et ipi'on commençoit à regarder suspecte toute assemblée de gentilshommes.
A peu près à cette époque, deux mois aprez mon retour de Périgueux, quelques affaires m'api»elant à Paris, je m'y rendis et ramenoy en Flandres une de mes cousines, dont la famille y est establie, et qui estoit venue passer fjuelque temps avec nous en province.
Mes affaires à Paris n'e^loienl pas de nature à me distraire de toute autre occupation: j'en avois une principale, celle de me tenir au courant de ce qui se passoit aux États-généraux. .Je faisois de fréquents voyages à Versailles dont je revenois toujours plus mécontent. Dans les lieux publics, dans les cafés, dans les sociétés mesme à Paris, je cherchois à dénuîler les différentes opinions, je ne pou vois tirer de mes observations que des indices fâcheux. La suite ne l'a que tro|) vérifié
M. le comte d»* i'uységur d; csloit alors ministre de la guerre et m'honoroit de ses bontés, je le voyois
(1) LouiH-Pierro de Ctiastenct, mar(]iii.« de l*uvségur. ininintre de la guerre, du JO novembre 178« au ii juillrl 1789.
BKItr.KR\r — PAIIIS <I7II»-I70S •
qtielquefoU à \>i>aille« l)an« len premkrs Joiirt âê ; . Ilrt. e^Utit À ton tudirncr. il me dit que IVUt de « .•tnin.xiii.int d*un baUillon que j'a%*oii ne dr%'oit paji mo convenir, qu'il m'en de?»tinui( un plu» actif, que je drvois le déftirer ainsi et de revenir It* dimanche «uivant J'eiu l'honneur de dfner, ce jour-U. chex luy avec M. I« nian^chal d<* Brof;lie qui venoit d'entre nomm^ commaiKUnt de l'arrof^e qui te rend«nt dant let enviruot de Parit Je iNuwoy |»arti(* de crtt^* temaine k la campn^nr et n't-n parti* i|ti(* U* dinianche matin, li itiitttt iv. r un dr nit^H amin. (Mjur me rendre à N - j* deiurendlmett chex le cheva-
lier de (iourtac «i*. <^cuyer du roy. Nous i^monons tout ce qui t'estoU paaté depuis deux joun». main, à ton air ahattu en l'ahordânt* noua pdmes juger que l(*« alTaireii prenoient une mauvaise tournure et, en elTet. il d<^huta par nous dire que le d(^|Mirt de M. Necker (i). qne nous ignorions, cautoit la plus grAude fermentation, que les niiniKlren all«>ient estre renvoyés, et qu\)n ne |M)UV(»it paH calculer les i«uit«*s qu<* cela pouvoit avuir. Je le quittny et montoy au chAteau ou en arrivant je r»*" ""'roy M le comte de Piiy»êgur
sortant de l'apimi l du roy \}èn qu'il m'aperrut,
il me flt signe de la main de le suivre H mr dit, en l'ahoniant • Je vf«*n4 de donner mn d n, let
ctrconfttanc4^ Ve\ it; j'en suis (XcUé fuir nifq>ort
à vous, venex avec moT chex Mme de l*i Je
(ti L<- hc<*i.*r 'if . X « « «pptriMiir à la
{tt Lr <irp*H 40 timkm eul it««i l« Il juilM ITtt.
10 SOrVKNFMS r)'F:F)MK DK I. A CHAPKI.KK
l'y suivis, mais, ayant appris, avant d'entrer, (pie M. le prince de Condé (i) estoit chez elle, je me retiroy.
Jamais je n'ay esté moins occupé de mon avancement qu'à cette époque; j'estois content de mon état et de mon sort, ma seule ambition estoit de me retirer auprez de ma femme qui le (hfsiroit elle-mesme et dont je n'aurois peut-estre jamais d\\ me séparer, sij'avois sçu estre heureux. Ainsi je ne fus du tout pas sensible à la perte que je faisois d'un avancement prochain : il estoit, je crois, question pour moy d'un bataillon de chasseurs.
Kn quittant M. de Puységur je fus chez M. le comte d'Angiviller (2); j'y trouvoy M. le baron de Batz (^), député cà l'Assemblée et qui avoit été envoyé dans la nuit précédente chez M. le baron de Breteuil (i), retiré depuis quelque temps dans une de ses terres, que le roy rappeloit au ministère. Il fut fort question des événements du jour; je vis chez quelques personnes beaucoup de confiance dans l'issue des événe-
(1) Louis-IIenri-Josrph, prioce de Condo. puis duc de Bourbon en 1818. (17h6 f 183i))
(2) Charle.^-Claudo de la Hillanlerie, comte d'Angivilliors. directeur général dos bâtiments du roi. membre don Académies des scieoccs, peinture et sculpture. Emigré, mort à Altona eD
(3) Jean- Pierre de Batz d'Armanthieu, appelé le baron de Batz de Sainle-Croix, (l'.ïi | iSii). — SénOrbal de la ducljé d'Albrel, déput»'; de la noble"«se de Nrrac aux Ktals gtnéraux t'Q 178y. Il 8e si^'nala, pendant la Révolution. i»ar son dévouement a la famille royale, tenta, le ii janvier 1793. de sauver le roi. puis de faire évader la reine. — Maréchal de camp en 1815.
(4) Louis-Auguste le Tonnelier, baron de Brrteiiil. (1733 f 1807). président du consiil des finanros du 11 au 16 juillet 1789 II avait été ministre de la ;<uerre en 178".
BRUr.FRAC — PARIS <l78»-n9î) Il
menU; je ne la |mrtafceois \ui» et. ftur quelquM n^dexions que je me permis à ce sujt-l. M. le t>aron de balx me dit qu' « en matière de vouvernoment. le petit nombre qui tenait le timon den afTairr«i avuit toujours fait la loy au grand ». — « Oui, luy n^pondis-je, quand \v grand nombre recoonolt la loy et la respecte, main quand, secouant le joug, il la foule aux pied^, on a tout À craindre, et peut-entre toucbons-nous au moment d'en faire la cruelle expérience. » Nous vîmes dan*« le m«^ino in^Uint l'abbr Sicyes (I) |)asser, venant du cbÂteau avec l'air fort agité. < Il ressemble l»ien à un conjuré, dit quelqu'un, il roule dans sa tète (|uelques sanguinaires projets. » On ne tarda pas à les Toir se réaliser.
Je montoy au cliAtcau avec le baron de Batz; la galerie ostoit pleine de monde, le roy alloit à la messe» on ne voyoit aucune altération sur son visage; M. le comte d'Artois (2; me parut mesme plus gay qu'à l'ordinaire, ainsi qu<* les |>ersotiiics qui estoient A sa suite.
M le mar(|uis de Saint.Vstier (3). ofticier des gardes
(I) Emmanuel -Joftrph 8i«yèi. (1717 f «^) — ChtnoiM et Tieaire néo^nU de Charlre*. dèpuU tôt Jr.VUê génér- -t : tu à la CoaveoUoo, régicide, membre du comité de Sain*. ro
fTM. mambre du coos«il •ic* Cio<|(>ntt. Dlrertetir U l'. mai IT9f. •••lela Boaaparte le 18 bruniAirr. pr^ttdcnt du 5< o«(. • nie de l'Kmplre. eo IS08. Pair aui Onl Jour», eiilé »out la II. »• . r ' ^^^^ rAgleide. reotri en Kr4orr . •"'-
î , pa de France, comte d divpuit
c; %!.**, \ r .7 I isM)
. i'f \ 'or comte Saint Al tmr inar«|oit (!<■• R<>ri«s. etc., (lT:>o 7 iartH. tou» «nt aui ^ i rorpe.
. ' .«1. ITtS. f. i >.!.
'. .<■- mu: ■'.' « gardée ''.-. ".'i*' l • . .......
li SOI vi.Miis i»i;i)Mi: i)i: la ni \îm:i.i,l
(lu corps, que je vis au chAtoau, me demanda si j'avois le projet de retourner à Paris dans le jour. Sur ce que je luy dis que c'estoit mon projet, il me conseilla de le remettre au l«*n(lemain, en m'adjoutant qu'il y auroit des coups de fusil dans la nuit à Paris, mais que qucl(]ues piquets de ravalerif monteroient à cheval et que les rassemblements seroient l)ient<*)t (lis^ipds. Nous ne fûmes pas d'accord sur ce dernier article. Je partis potir l'aris d'a.ssés bonne heure, j'y avois un rendez-vous d'affaire le lendemain de très grand matin ; la journée estoit superbe, je n'aperçus rien d'extraordinaire sur la route de Versailles à Paris où, en arrivant, je mis pied à terre aux Champs- Elysées pour profiter du plaisir de la promenade et du coup d'oeil qu'elle oiTroit, ce jour-là, par la quantité de monde qu'il y avoit, entre autres beaucoup de femmes parées. A peine fus-je entré aux Tuileries que j'y fus témoin de ce prétendu assassinat tant reproché à M. le prince de Lainbesc (\); il estoit tout naturel que, poursuivi dans sa retraite, il «'UiployAt les moyens propres à se débarrasser de ceux (jui vouloient s'y opposer, ce qui luy fit donner un coup de sabre à un homme i\u\ voulut saisir la bride de son cheval.
Dès (|ue je pus sortir des Thuilleries, je crus prudent de me retirer chez moy, rue Poissonnière ; j'avois ren-
(l^ r.liarlos-nr»'«oiri' d»- Loiraine, <l«ic «IKlbonl. pnrxe de Laiiib»>c. (lT5i f i«2;»). roltinel du r»i.'imenl Koyal-Alleinand A«*«u>«*. par lo oomité des rerliorclies do l'Assemblée nalioDale. d'avoir charge des citoyens, au pont tournant des Tuileries, le M juillet 1^89, il fut acquitlé par le CliAtelet. Retin* en Aulrirlie, avec kuii régiment, il y mourut fcld-marcctial.
nKlir.RBAC — PAIll^ !7«9 1795 13
voyë ma vuilurr. j f«tow à |ii«*d en liAliit noir. j'avoU mon éiH'c et ma rmix de Saint-lAïutii. En |)a>«ani tlant la rue du Mail, j'aperçus Tenir à rooy une vingtaine de irens ëÊêez mal vètun. dont une partie me parut avoir des arme«, criant à tue-t^te en me d<fiiii;nant de la main ; • 11 faut faire jut^tice de ce« artstucraten ! » Je me jetiiy dann la |»orted'un htMel qui m* trou%'a ouverte et In f(*rm<>y liruj^pirint'nt Hur niny J*ai nubli** le nom du maître de cet liôtri. il e<t(oit à la raiii|Mk'ni*. maii« je n'ouhlieniy jamais que je dui probaMi'meiit la vie, ce jour-là. Àceluy qui en ettiiit le ^anlien. par l<* refun olt^tin^ qu'il lit d'ouvrir à cette troupe de hri^andt qui, à coup» redouble*, demandoient à entrer. Knliii, de fTuerrc lanse. ils me laianèrent libre de gainer ma demeure d'où je me rendin nur le boulevard vtii<»iii. chejt Mme la comb^tiHe de l«a Far6, où je tavoiH que je trouveroin du monde et ou j'e)(|M*roi» eaitre inHtruit de ce qui avoil donné lieu aux (W(^n«*mentjt dont j'avoit éié le ti^moin et dont. |>ar nuiti*. j'avoit failli t^iitre la virtime. Il y avoil en effet pludieunt |M»rMinneii chea Miur de 1^ Fare < I ). nouH y pai^Ame» une |>artie de la nuit, sur les balcon», à obi«erver lei« niouvenienU du peuple sur let boulevardi 1^ neul dont nouH fûmes les truioms fut raataatinat d'un jeune ofllcier de dragons que nous suppotâme* ^tre |M>rteur de quelque onlre. il |>aroiiuioit venir de la |H>rte Saint- Antoine. Je retour* noy le 1 vin cbex Mme de 1^ Fart% d*oà nous en-
d ••• ■» » Gibrtei Jtss|>.
MMuto «U la fart. UtjaiiiT «U« tmém ém rel.
ii Sdi vi:mi;s h'KDMi: ru-: la ciiaitj.iJ':
lendfmes les canons de la Bastille; nous ne tardâmes pas à en apprendre la prise et la mort tragique de MM. de Flesselles (i) et de Launay (2j.
.l'cstois engagé à dfner le lendemain, avec plusieurs autres personnes, chez M. Texier, riche banquier et fort mon amy. Je n'avois que le boulevard à traverser, je fus le seul des convives qui put s'y rendre, presque personne n'ayant osé paroistre dans les rues. Un tocsin général adjoutait encore à l'horreur de ce jour, sombre par luy-mesme et atîreux par les propos allarmants et les menaces du peuple qui s'armoit de tout ce qu'il pouvoit trouver d'armes meurtrières. Sur les trois heures après-midy, nous eûmes l'horrible spectacle de l'incendie et du pillage de la maison des Lazaristes (3).
.l'avois par commission quelques emplettes de livres à faire chez un libraire près de la place de Grève, le temps estoit beau, je proposoy à un de mes amis, le lendemain, d'y venir avec moy. Pendant que j'estois occupé chez le libraire à faire le choix des livres, je crus entendre plus de mouvement qu'à l'ordinaire dans le peuple, je me retournoy pour demander ce que c'estoit, quelques personnes me respondirent que je pouvois m'apercevoir moy-mesme, que c'estoit M. Fou-
(1) Jarques de Flesselles, prévôt des marchands de Paris, (ITol 7 1769).
(2; Bernard-René Jourdan, dit de Launay, (1740 f 1789.) Souslieutennt aux gardes du corps, retiré en 1767; chevalier de Saint-Louis, 1773; gouverneur de la Bastille, 1776.
(3) Le pillage de Saint-Lazare eut lieu le 13 juillet et non le 15, comme l'indique par erreur la Chapello.
lon(l (lont«»n raii!»oilju>tK*o J'avoih vuM Foulon h \ erhailles la seinainf d'auparavant; le bruit de sa mort avoit couru et j'estois dans la ferme persuasion que ce bruit estoit fondé Je ne me permis aucune observation sur cet horrible assassinat dont je fus. mak'rr moy, le t(^moin, mais mon indif;natiun fut trop manfuér sur mon visaiçe pour échapper à quelques personnes qui. en m'entourant. me d«'mandèrent si j'oserois blAmer la juste punition d'un homme qui avoit voulu fairi> manger du foin au peuple. Le corps de M. Foulon passoit dans le mesme moment, traîné dans la rue et précédé de la t«Ue portée sur une pique. La barbare curiosité de ceux qui m'enlouroient ne leur permit pas d'attendre ma réponse. La personne avec laquelle j'estois venu et moy saisîmes cet instant pour nous |>erdre dans la foule, où nous attendîmes <pi*elle fiM assez dissipée pour rejoindre nostre voiture.
En nous retirant par le Pont-Neuf, nous y firmes encore arrêtés par une foule immense (|ui venoit de ilélivrer, d'autorité, des prisonniers des (lardes-Francoises et les conduis4)it en triomphe au Palais-Koyal. Kn passant sur le boulevard, nous nous y arrestAmes pour y faire un tour. Il estoit écrit que les scènes de cet affreux jour nous suivroient partout. A peine estions-nous descendus de voiture près de la porte .'^aint-l)enis que nou.s a|>erçûme8la bUe du malheureux Foulon, toujours por-
il j JotephPrtnçoii Fu '''<9). contrôleur génrrâl
<tM Ûiuaie*. r«fuplaç4i ^ Fendu à uo rvver-
bèrt àê U pUrt de Grève. l« it juillet, et ooo le i6. comme l'iodlque par erreur U Chapelle.
Kl SOIVKMKS D'Kh.Mi: DK LA CWWVAA.K
lëe sur une pique : on iivuil mis dans la l)ouche une poignée de foin et, dans cet état, on la présenta, l'instant d'aprèz, à M. Herthierd), son ^^endre, qu'on avoit arresté à (lompièiîne et [qu'on] remmcnuit à l*aris ou le même soir il lut égoriré par le peuple.
(Jue n'avoit-on pas à craindre d'un peuple ])Oussé par des factieux, livré a luy-mesme, et dont la rage augmentoit à mesure qu'il immoloit! Je pensoy alors que le devoir de tous les vrays royalistes les appelait à Versailles, auprès du Koyl mais comment sortir de Paris? Toutes les avenues en estoient soigneusement fermées. Je communiquoy mon projet à M. le comte de la Fare qui luy-mesme s'occupoit du mesme projet. Nous fîmes faire des démarches auprès des sections pour avoir des billets de sortie. N'ayant pu en obtenir, nous convinmes de nous déguiser et de tenter de sortir de Paris.
A l'ayde de notre déguisement, nous commençâmes nos tentatives le lendemain matin, à trois heures. Repoussés de partout, nous ne pûmes sortir que sur les onze heures par la porte Saint-Denis. Deux charretées de foin, à coté desquelles nous nous tinmes, protégèrent nostre sortie. Nous avions encore à nous garantir des nombreuses patrouilles qui se faisoient dans les environs de Paris; nous les évitâmes, en nous cachant dans les bleds à mesure que nous en appercevions quelques-unes.
(1) Louis-Btiiignc-Fran(;ois Berlliier do Sauvigo} , (1742 f 1789), inlcndaat de Paris, iiiai>sacré par la populace le 2'6 juillet, et DOQ le 16.
La chaleur **lait •'xce>sive, iimu» arnvimo .i xiiiil- Denis, accablés de lassitude et hors tIVtal de poursuivre k pied nostre voyage ù Versailles. Nous nous adressâmes au maftre de poste pour avoir de luy une voiture et des chevaux. Nostre demande fut accueillie, mais seulement pour nous conduire à Saint-(îermain, d'où, nous dit-il. il nuus seroit facile de nous rendre à Versailles. 11 nousadjouta que. depuis truis jours, il avolt fait conduire plus de trois cenU militaires à Saint-(îermain, «pii .se rendoient à Versailles auprès du roy. Nous convinmes du prix, nous filmes rançonnt^s sous le prétexte du détour qu'il fallait nous faire prendre pour nous conduire sans accident .Mais il est des circonstances où Ton n'y ref^ard»* p:is de si près; nous payAmes d'avance et partlme-^
Nous fûmes arn^tés dans un chennn de traverse,  demy-lieue de Saint-Denis, par cinq uu six soldats dont aucun ne paroissoit A jeun. L'un d'eux saisit la hride du cheval du postillon, tandis qu'un autre le couchait en joue en supposant qu'il voulût avancer. Les autres s'adre.sssnt à nous demandèrent qui nous étions, d'où nous venions et où nous allions. Peu préparés  ces (piestions, encore moins au ton dont elles nous estoient faites, nous respondfmes que nous venions de Saint-Denis et que nous allions à Saint-(iermain (Juant  nos noms, nous donnâmes ceux (|ue nous estions convenus de prendre en partant de Paris, l'n d'eux, s'avançant alors et passant sa baïonnette dans la portière de la vtiiture, nous enjoifcnit de luy remettre nos papiers, en nous adjoutant que nous devions en
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exïfié que .M «le la Fare luy rcmil mi cocarde
Kn nrriTAnt nu Imn ilv la monlée de SuinMieriiiAin, nouH enlrndtmes les crin confus de la mulliludc el. un momenl aprèy. nou!» aperçûmes, d'as»*'/, loin pour n'en pouvoir enln» di^tin^u^^s, Iwauroup de gen» anii#*ii. i«orlanl de Sainl-ticrninin el se diri^ranl de no^tr** c6U. Le poslillon ne larda pa» à nouK dire que c'eslotl le peuple de Sainl-iiermain (jui se melluil en insurreclion, que nous n'avions pas de lemps à jierdre pour sortir de la voilure el, par les vignes el les champs. Ucherde gaigner la furesl, ce que nous fFmes en n«'Ujetant au plus vile dans une pièce de bled, dans laquelle passa cette troupe de brigands. la plupart ivres et dont nous avions tant d'inti^réls à éviter la rencontre. Nous y demeurâmes jusqu'à ce que nous pûmes juger. par IVloignement des cris, que nous pouvions en sortir sans danger.
De quelque côte nous enlr.i- n- i S uni <it'rmain. nous n«* pouvions le faire -v . di* quelqu'un
M de 1^ Fare n'avoil plu> .i tr.l» . * e qui pouvoil
luy attirer quebpic mauvois compliment . je ne vis à cela d'autre expédient que de partager la mienne avec luy, mais nons n'avions entre nous deux ny ciseaux ny couteau, ce qui nous détermina à aller prier un payzao, que nous apervûmes coupant de l'orge, de faire