Ballanclio
320 LETTRES DE M. DE Cil ATEAUBIUAISD
glantem'a distrait. Si Ton propose quelque loi conlrc la liberté de la presse, je serai obligé d'éerire : voilà ma grande peine. La clialeur est aflVeuse ici, et bien qu'il m'en coûte, avec votre santé, je suis pres(|U(' bien aise que vous receviez ces bonnes brises dimer qui vous font respirer ; et comme je vis de votre \i\ il me send)l(^ ({u'elles me font du bien à cinquante lieues de distance. — Voilà riieure passée, il n'y a point de lettres; peut-être en aurai-je une demain. Mais vous m'avez déjà écrit deux Ibis, et (•'<'st un grand effort. Mille cboses à M. Ampère et à tous les amis.
Pjiris, 2 aûiit i83.j.
Vous me demandez des détails; je n'en saispa< ])liis que les journaux. Je ne suis guère en train d'aller à Maintenon, mais j'irai })uisquevousy serez, .le suis bien tiiste ici; j'erre sur mon boulevard solitaire, pour passer mes beures de r.Vbbaye; je 'entre; je soigne madame de Cbateaubriand, qui
A MADAME RÉCAMIEIÎ. S:2I
f>[ malade, et jr nu^ conclu^ et j(3 ne dors point, <t piiisji' lais du Milton. L'IiiL'i'ophante est venu liii'r an soir; ni' vons efliayez pas de sa tristesse. Il est I01I aniniT' de sa gloire et se passe di' vons à merveille, toute réserve faite à son altaclif'uienl pour vous. Je suppose que vous partirez jeudi on vendredi prochain de Dieppe, si vous voulez être à Maintenon le 10. Mandez-moi bien votre marche, linliii il n'y aura de bonheur pour moi que quan<l \ous serez revenue, ([uoique vous en puissiez penser dans vos jours d'ingratitude et de calomnie. On pourrions-nous donc aller mourir en paix.? Je ne 1 n'intéresse plus à une sociét('' apathique et légère, qui s'en va au milieu des crimes qu'elle prend pour de purs accidents ; elle se joue dans les abîmes qu'elle ouvre et où elle tombe. Elle ne sera pas demain, ou sera tout autrement qu'elle est : ce lui est égal comme le procès la Pioncière. 11 faut vous aimer et ne jiîus penser à rien.