‹ Souvenirs d'enfance et de jeunesseChapitre 24 sur 36 · LETTRES DE M. DE C H ATEaU HP. 1 A^i D · texte numérisé non relu

LETTRES DE M. DE C H ATEaU HP. 1 A^i D

Paris, 5 auùt 1833

Vous êtes une personne intraitable, on ne sait (|iie laire avec vous. Vous ne dites pas un mot d<^ vos plans, de votre départ, de votre arrivée. Je ne sais plus où aller et quand aller vous chercher. Le grand meurtre de Paris n'a donc changé rien à vos plans et à ceux de M. le duc de Noailles? Je Tespérais presque. Voici des lois contre la presse carliste et r<'M)uhlicainc, présentées avec un grand luxe de jiaroles outrageantes par le brave auditeur du conseil d'état de Bonaparte et grand ami des Ubertés publiques. Tout cela n'est guère champêtre à Maintenon. Mais enfin, si vous y allez, j'irai. Dans mes calculs, vous devez partir demain ou aprèsdemain, et vous aurez encore le temps de recevoir ma lettre. J'ai vu monsieur et madame*'*, ils sont tout joyeux, et la France qui a lait la révolution pour la liberté de la presse, va crier à bas cette liberté, et nous nous en allons ainsi en ignominie et en massacre, tantôt pour un parti, tantôt pour un

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autre, nous disant toujours la première nation du moHde. Le relVain éternel de tout cela est de vivre pour vous aimer et d'oublier ce temps de décomposition et de misère.

Samedi 'J inneinbre 1835.

On laisse tout chez vous cpiand on y va, cœur, Hhcrté, etc. Voilà, j'espère, un tour bien ijalantpour vous redemander deux cravates, que j'ai achetées hier en courant et que j'ai posées, enveloppées dans ime feuille de papier, sur la table de votre antichambre; avant-hier, c'est un mouchoir de soie que j'ai laissé chez vous. Renvoyez-moi, je vous prie, fout cela, ot faites-moi dire de vos nouvelles. A notie heure ! Je ris en pensant que vous aurez cru à quelque grande nouvelle à l'aspect de ce grand billet.

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