LES CARAVELLES DE CHRISTOPHE COLOMB
Rien n'est devenu plus facile que de reconstituer les célèbres navires à l'aide desquels Christophe Colomb accomplit la découverte du Nouveau Monde. Grâce aux superbes travaux de l'érudition espagnole, la question a été vidée à un tel point, que les savants et les archéologues de la péninsule se sont cru assez sûrs d'eux-mêmes et de leur antique construction navale, pour refaire de toutes pièces les vaisseaux qui emportèrent l'aventureux Génois sur ces mers inconnues qu'il brûlait de parcourir.
J'ai eu la satisfaction de voir par moi-même la nao Santa- Maria, reproduction exacte du navire que montait l'illustre amiral. Elle était amarrée à quelques mètres du quai de ce splendide port de Séville qui jouit, à juste titre, d'une réputation si vantée.
Le proverbe populaire, qui dit que : Quien no ha visto à Sevilla, no ha visto à maravilla, ne m'a pas paru ici s'éloigner beaucoup de la vérité, et pour ne parler que de ce large Guadalquivir, sur lequel étaient ancrés des centaines de navi-
res, de ces maisons du pittoresque faubourg de Triana, qui découpent leurs terrasses sur un ciel d*azur, à tout cela il faut joindre le sentiment d'émotion profonde qui me saisit tout à coup lorsque j'aperçus, entre les forêts de mâts élancés, les larges hunes de la Santa Mariât dont l'étrange construction attirait la foule des curieux.
Quoique nous fussions arrivés à la fin d'octobre, le soleil était encore très chaud, et dans cette magnifique et large promenade de las Delicias, soulignée à droite par les sombres verdures des jardins de San Telmo, la foule pressée, car c'était un jour de fête, s'écoulait rapidement en se dirigeant vers le superbe navire qui, ancré è peu de distance du yacht royal le Conde de Venadito, offrait avec ce dernier le plus heureux contraste.
Une barque faisait le service du bord du quai monumental jusqu'à la caravelle, et, quelques instants après, j'étais sur son bord. Je visitai dans tous ses détails cet essai si bien réussi d'architecture navale d'une autre époque, spécimen d'autant plus intéressant pour moi que la construction de ce genre de navire fut pendant longtemps en grand honneur sur nos chantiers bayonnais, et que nos vieilles archives mentionnent à tout instant les caravelles comme les vaisseaux de prédilection de nos anciens commerçants. C'est en recueillant des souvenirs personnels, des notes prises à la hâte, et surtout à l'aide des inestimables travaux du savant capitaine 4e vaisseau Fernandez Duro, que j'ai cru pouvoir intéresser en donnant quelques détails sur ce navire, heureuse reconstitution de celui sur lequel l'illustre Génois accomplit son immortelle navigation.
Il faut lire, dans les nombreux ouvrages et opuscules publiés par les soins du gouvernement espagnol, les travaux extraordinaires auxquels ont donné lieu la préparation des plans et des devis de la Santa Maria, dus au talent de Don Raphaël Monleon, restaurateur du Musée Naval.
Ce fut dans l'arsenal de la Carraque, à Carthagène. que la
quille dti vaisseau fut posée, le 23 avril ; la coque était terminée et lancée le 26 juin, après soixante-trois jours de travail incessant.
La caravelle mesurait 18 mètres 50 de longueur de quille, 21 mètres 70 à la flottaison, et sa plus grande longueur était de 39 mètres 10, sa largeur extrême de 10 mètres 30; elle calait, en moyenne, 2 mètres 60. La longueur du grand mât était de 27 mètres 65, le trinquet avait 18 mètres 60, la misaine 13 mètres 73, et Je beaupré 14 mètres 02. Sur ce dernier se trouvait une civadière de 6 mètres 25, et, détail curieux à noter, l'antenne de la trinquette avait 19 mètres 50.
Tout en écartant ce que les termes nautiques peuvent avoir de trop technique, j'ajouterai que la carène est courte, large et très élevée. De longues ceintures courent de la poupe à la proue, liant solidement la membrure ; la proue est pleine et ronde, la poupe plate et formant un large tableau sur lequel est peinte une figure de la Vierge, patronne du navire ; au dessous, une grande ouverture par laquelle passe la barre du gouvernail.
La Santa Maria n'a qu'un pont avec deux châteaux d'avant et d'arrière très élevés et terminés en terrasse. Elle porte trois mâts verticaux, la misaine, le grand mât et la trinquette, avec un beaupré garni d'une civadière. Elle est armée de deux embarcations : la première et la plus grande, la chaloupe, qui la suivait très souvent à la remorque, et qui n'était définitivement embarquée que lorsque le vaisseau mettait à la voile pour une assez longue traversée, et le canot avec cinq bancs de rameurs.
Le pont était encore encombré par le fougon dans lequel se faisait la cuisine de l'équipage, des barils contenant l'eau potable, les bombardes et autres engins nécessaires à la manœuvre.
Mais je vais abandonner ces détails, d'une lecture trop aride, pour suivre les écrivains espagnols dans leurs études plus amusantes sur le navire qui porta Christophe Colomb et sa fortune.
Et, toiit d'abord, le nom même de caravelle doit être abandonné, car oe terme ne saurait être appliqué qu'à la Nina et à la Plnta. Le vaisseau amiral fut toujours appelé nao, vocable fort employé dans noë pays jusqu'à la fin du XV© siècle pour désigner un navire d^assez fort tonnage, à poupe et à proue relevée. Afin d'offrir des preuves absolues de ce qu'ils avancent, nos archéologues ont extrait d'anciens documents les citations suivantes :
« Dans un de ses mémoires, Tamiral Colomb a écrit les lignes suivantes : t Je vins à la ville de Palos, qui est un port t de mer, et alors j'y armai trois navios très aptes pour une « semblable navigation ». Et dans un journal du P. Las Casas, il distingue deux espèces parmi ces navires, qu'il désigne de la manière suivante : « Dimanche, 14 octobre : Au lever du « jour je fis armer la chaloupe de la nao et les barques des « caravelles, et fus alors vers l'île ».
J'arrête ici ces mentions, suffisantes pour prouver que la nao Santa Maria n'était pas une caravelle, mais un vaisseau plus fort et plus puissant.
Jetons maintenant un coup d'œil sur l'arlillerie qui armait le vaisseau amiral, et dont la reconstitution exacte a coûté tant de peines et d'efforts. Il n'a guère été possible de savoir le nombre des pièces, mais on sait que c'étaient des bombardes, qui étaient généralement usitées dans les marines castillane, aragonaise et italienne. D'après des études et des recherches incessantes, en procédant surtout par comparaison, on est arrivé enfin à être convaincu que la Santa Maria pprlait deux bombardes lançant chacune des pierres de 60 Uvres; elles étaient en fer forgé, formées de douelles de fer retenues et réunies par des renforts : quelques-unes de ces pièces se chargeaient par la culasse. Les deux bombardes de Christophe Colomb étaient en batterie à travers des sabords, un peu avant du château, mais sur le pont. Elles étaient montées sur des affûts munis de palans de côté pour diminuer le recul et les mettre en batterie. Cette primitive artillerie était com-
plétée par quatre fauconneaux montés sui* ciiandeliers et placés sur les bastingages.
Je puis encore citer, parmi les armes que contenait le vaisseau, des espingardes, sorte d'arquebuse dans son enfance, et qui étaient appelées, en France, couleuvrines à main, des arcs turquois, des arbalètes, mais celles-ci en petit nombre, des lances, des hallebardes, des piques, romagnoles, guadafias, etc. Gomme armes défensives, il emportait des corps de cuirasse composés du plastron et des épaulières, cabassets, gorgerins et autres pièces de harnais, rondaches avec la devise royale peinte et larges pavois portant les mêmes insignes. Ces derniers servaient d'ornements et étaient placés le long des bastingages en guise de créneaux; c'est même d'un effet décoratif très réussi à bord de la nouvelle Santa Maria, où ils prennent le nom de pavesades (l).
Comparez maintenant de semblables éléments de défense avec les terribles engins de destruction que possède aujourd'hui la marine militaire; ceux qui furent mis à la disposition de Colomb paraissent bien peu de chose, et cependant il faut voir, d'après les comptes de l'époque, à quelle somme considérable ils s'élevaient.
On. n'est guère d'accord sur le nombre des personnes qui Bionlaient les trois navires qui accompagnèrent Colomb. Don Fernando Colomb et le Père Las Casas disent qu'il y avait en tout ÎK) hommes, Oviedo élève ce nombre à 120, Pedro Martin de Angleria le fait montera 200; mais d'après les œuvres de
(i) Dans les comptes fournis par Don Diego Ruiz et Juan Ferez de Tolosa, pour des achats d'armures faits en Biscaye en 1502, je puis signaler des armes portatives intéressantes à mentionner ; elles comprennent des armures suisses : chacune d'elles, avec plastron et garniture du bras gauche, salade et barbute, coûtait 610 maravédis ; des cuirasses en cuir de Cordoue, frappées et trempées à l'épreuve des traits d'arbalète et revenant à 485 maravédis, des arbalètes avec leurs mouffles et leur ceinture d'armement, à 480 maravédis, des lances à main, avec leurs fers d'acier, à 250 maravédis la douzaine, dards à ço maravédis la douzaine, javelines, flèches, etc.
la plus saine critique, il semble qu'il n'a pas dépassé 120 environ. Grâce à la découverte de documents du plus haut intérêt, ce chiflFre monte à 60 pour la nao Santa Maria, de laquelle seulement je veux m'occuper ici. Il se divisait de la manière suivante :
Christophe Colomb, capitaine, Juan de la Cosa, maître, natif de Santona, Sancho Ruiz, pilote, Alonso Ferez Roldan, pilote, maître Alonso, physicien, maître Diego, contre- maître, Rodrigo Sanchez, de Ségovie, inspecteur, Pedro Gutierres, trésorier du roi, Rodrigo de Escobedo, commissaire de la flotte, Diego de Arana, alguazil mayor, natif de Cordoue, Diego Lorenzo, alguazil. Luis de Torrès, juif converti, interprète, Domingo de Lequeitio, Lope, calfats, Jacome el Rico, génois, Pedro Tareros, maître de salle, Rodrigo de Jerez de Ayamonte, Ruiz Garcia de Santona, Rodrigo de Escobar, Francisco de Huelva, Pedro de Floria, Pedro de Bilbao, de Larraberua, Pedro de Villa, del Puerto, Diégp de Salcedo, domestique de Colomb, Pedro de Acevedo, page.
Parmi les grades et dignités mentionnés dans les journaux de navigation, on peut citer les capitaines, maîtres, premier pilote, inspecteur, commissaire, physicien, alguazils, contremaîtres, marins, écuyers, gourmettes et pages, et comme officiers mariniers, des charpentiers, calfats, tonnelier^ dépensiers, bombardiers et trompettes.
Il ne faut pas oublier ici que les restes mortels de l'illustre amiral furent embarqués et firent deux fois le voyage de l'Atlantique et de la mer des Antilles. Lorsque la vice-reine doua Maria de Tolède se rendit pour la dernière fois dans l'île d'Hispaniola, en 1544, elle emporta avec elle les restes de son gendre et de son mari, et leur donna la sépulture dans la chapelle principale de la cathédrale de Saint-Domingue. Là, ils reposèrent on paix jusqu'à ce que, par suite du traité de Basilea, Tile cessa d'être espagnole. Les nouvelles autorités furent d'accord pour rendre des honneurs extraordinaires aux restes du grand amiral; ils furent accompagnés jusqu'au
navire, qui portait le nom de Découvreur, et enfin conduits à la Havane, en 1795.
Voyons maintenant (fuels étaient les instruments usités à bord du vaisseau pour (lu'il fût possible d'estimer la rapidité de sa marcbe. Il paraît absolument démontré que ce travail était exécuté à l'aide d'une connaissance absolue des propriétés de l'embarcation que Ton montait et du jugement des pilotes qui la conduisaient; c'est ce que prouve le journal de navigation même de Christophe Colomb. Mais la chose essentielle, la fameuse aiguille aimantée flottante des navigateurs du XlVe siècle, avait été fixée à l'aide d'un point d'appui vertical. Ils ont déjà la rose composée des 38 vents, que l'on trouve dessinée un peu plus tard sur la carte de Juan de la Cosa, et portant l'image de la Vierge délicatement peinte au milieu. Enfin» ils ont encore à leur disposition le quadrant et la balestrille, et des heures marquées par des horloges do sable (jui sont piquées sur la cloche du bord. Les pages d'auli'cfois, à qui revenait le soin de retourner l'ampoulette, chantaient, en se livrant à ces offices, les mots suivants :
Biiena es la que vdy
Mejor es la que viene ;
Una (6 las que fueren) es pasada y en dos muele :
Mas 771 oie ra si Dios quisiere :
Cuenla t/ pdsa, que buen viaje faza,
Ah de proa! Alerta; bue7ia guardia.
Mais je vais terminer cette étude rapide sur cet intéressant vaisseau par quelques notes sur la vie des marins à bord des caravelles.
La carte ou mappemonde du célèbre Juan de la Cosa, de qui je m'occuperai quelque jour, et qui était maître et propriétaire de la Tiao Santa Mariât représente les caravelles, sur les mers nouvellement découvertes, portant au grand mât l'étendard royal de Castille qui était de forme rectangulaire avec les pointes extérieures arrondies en forme d'écu : il était
écartelé de blanc et de rouge avec les lions de gueules et les châteaux d'or. Le journal de navigation de Tamiral signale, en effet, à différentes reprises, la bannière royale et les étendards à croix, ornés chacun d'un F et d'un I couronné, qu'arboraient la Santa Maria et les caravelles. Enfin, je signalerai le guidon, insigne particulier des capitaines généraux de terre et de mer, formant un carré de damas cramoisi placé sur un fût de lance; au milieu était peint un crucifix.
Pendant toute l'étendue du XVe siècle, il paraît n'y avoir à bord des vaisseaux qu'une seule chambre destinée aux capitaines, non point pour servir à son repos, mais afin d'y établir leurs calculs sans crainte d'être dérangés. Le journal de Colomb, qui, ici encore, me sert de guide, indique que la cliambre de l'amiral possédait une table pour deux personnes, un fauteuil, une chaise d'osier, un lit et une armoire ou arche dans laquelle il enfermait ses papiers et les objets lui appartenant.
D'ailleurs, il faut arriver presque au milieu du XVI® siècle pour trouver une cabine destinée au pilote dans le haut du château d'arrière; les autres officiers dormaient pêle-mêle et là où ils pouvaient. Quant aux lits, il ne fallait pas en parler : dans la nao Santa Maria, il n'y avait que l'amiral qui en eût un placé dans son appartement; ce fut par les Indiens que les Espagnols apprirent l'usage des hamacs, qui ne tardèrent pas à être répandus dans toutes Jes marines de l'époque.
Ainsi, avec l'aide de Dieu, écrivait Fernand Colomb dans l'histoire de son père, j'en ai vu beaucoup qui attendaient la nuit pour consommer leur repas, et cela afin de ne pas voir les vers qui fourmillaient dans les biscuits. La relation du voyage de Jaime Rasquin, au Rio de la Plata, assure qu'ils avaient l'eau rationnée à un demi-verre par jour. Pendant Texpédilion de Mendafiao, la ration accordée était une maigre demi-livre de farine dont on faisait une sorte d'omelette à peine cuite sur les braises et un demi-verre d'eau remplie d'insectes.
Ce précieux liquide était conservé dflns des barriques en bois où il se corrompait rapidement; le biscuit, qui était la base principale de l'alimentation, fermentait par TeiTet de la chaleur et de l'humidité, auxquels ne résistaient pas beaucoup mieux le lard, le poisson salé, les garbanzos et le fromage, qui formaient l'échelle de la nourriture à bord des vaisseaux. Ces aliments étaient cuits plus ou moins bien dans le fougon, sorte de grande caisse doublée de fer et qui, garni d'un lit de sable, était placé sur le pont des caravelles; au-dessus on faisait une sorle de toiture afin de garantir ces cuisines en plein vent des pluies diluviennes des tropiques.
Comme insigne du commandement, les chefs d'escadre se distinguaient encore par le feu de poupe, grande lanterne montée sur un pied et dont la lumière était protégée du vent par des feuilles de talc. Le journal de route de l'amiral indique que, lorsqu'il perdit la Pinta, sur les côtes du Cuba, il alluma, toutes les nuits, non-seulement son fanal de poupe, mais encore d'autres feux hissés aux boute-dehors des vergues. 11 n'y avait pas, à bord, d'autre lumière que celle qui éclairait le compas de navigation du limonier, et on brûlait de grosses chandelles de suif. Les pompes étaient d'invention espagnole et considérées comme meilleures que les ilaliennea et les flamandes.
Il, était passé en coutume que tous ceux qui accomplissaient le voyage des Indes fissent leur testament avant de se mettre en route. Ce fut pour obéir à des considérations toutes particulières que Christophe Colomb, avant de mettre à la voile, conduisit ses équipages, en une longue procession, à l'église de Palos, afin qu'ils fussent préparée à bien mourir. Le pieux amiral raconte ensuite dans son journal que, dans Paprès-midi du 11 octobre, veille de la découverte do cette terre si désirée, les équipages aVaionl rhanlé lo Salve arroutumé. Lorsqu'arriva le moment suprêmo, l'amiral tomba à genoux, le bonnet à la main, pour rendre grâce au Très Haut, et il fut imité par tout son monde qui entonna, avec une indicible émotion, (rloria in eoocelùs Deo, Te Deum laudamus.
Les pages chantaient, au lever de l'aurore, le bon jour, et, à la fin de la journée, la bonne nuit. Puis ils récitaient un Pater Noster et un Ave Maria, Un des écrivains de celte époque nous a même conservé un de leurs refrains accoutumés :
Bendita sea la luz
Y la santa veracnu
Y el Senor de la verdad
Y la Santa Trinidad :
Bendita sea el aima
Y el Senor que nos lo manda ; Bendita sea el dia
Y el Sefior que nos lo envia.
Le samedi soir on dressait un petit autel avec images saintes et cierges allumés.
Il ne faudrait pas croire que pendant les XVe et XVIe siècles les équipages eussent des uniformes : cliacun s'habillait à son goût, et ce n'était que lorsque le vaisseau avait à son bord des passagers royaux, que les capitaines et les principaux officiers recevaient des robes de gala.
Le journal de navigation de Colomb mentionne des bonnets de forme conique, mais ses marins portaient aussi des capuchons excellents pour les préserver de la pluie : ils couvraient à la fois la tête, le cou et les épaules. Ce costume était com* piété par des hauts-de-chausses en étoffe très solide. Les trompettes, qui faisaient parfois l'office de hérauts, étaient obligés de s'habiller avec plus de recherche, c'est-à-dire des chausses rouges, des manches tailladées, l'écusson royal brodé sur la poitrine et un bonnet de drap.
Voilà, en quelques lignes, un résumé aussi serré que possible de ce qui a été écrit de plus important sur ce grave sujet. Bien des livres ont été publiés, bien des documents nouveaux ont été arrachés à la poussière des archives, mais si tout cela n'a guère été utile qu'à confirmer ce que l'on
savait déjà, cet immense effort aura du moins servi à la restitution exacte et scrupuleuse de ce curieux vaisseau, monu> ment d'un autre âge, à Taide duquel le grand navigateur a découvert un nouveau monde. La nao Santa Maria, admirée de tous, sera sans doute conservée dans un des arsenaux de l'Espagne comme une véritable relique et un objet de pieuse vénération.