LE GOLFE DE NAPLES
oàge, quel moiDent qhe celui où je découvris tet asile révéré ! En songeant à tant d'hommes illustres qui avant moi l'ont visité ^ en me Rappelant qu'un poète, que l'on peut citer , méine quand il est question de Virgile , s'écriait d'une voix touchante et harmonieuse :
Hélas , je n*ai point vu ce séjour enchanté ^ Ces beaux Keux où Virgile « tant de fois chanté ; Mais j'en jure et Virgile et ses accords Mblimea^ J'irai, de rApeUnin je franchirai les cimes; J'irai, plein de son nom, plein de ses vers sacrés. Les lire aux mêmes lieux qui les ont inpil'és (x)^..*
En redisant ces vers, je me trouvais peu digne de mon bonheur. J'étais seul ; dans un mouvement aussi prompt que la pensée, j'osai dérober un rameau dd laurier sacré ; fliiis àus* sitât je le cachai dans mon sein , Comme si j'eusse été cotlfk^ de nda fraude pieuse.
O puissance d'un gfaild noni! dé quel charme ^drel, de que) intérêt magique tu sais tout embellir! Lé tombeau de Virgile n'est pas un monument fastueux : c'est une ruine Informe, où rampe le lierre; l'humble tombe est elle-même ensevelie sous des buissons de
(i) DthtttE , Les jardins , cbant II.
fSS LE GOLFE DE KAPLES.
plantes parasites; maïs k cendre du cygne de* Mantoue a reposé là (i), dans Ténceinte d'une possession qu'il aimait, et où il composa ses douces Géorgiques^ ainsi qu'il nous l'apprend lui-même dans les vers qui terniinent ce poëme
immortel :
Ulo Virgilium me tempore dalcis alebat Parthenope , studiis floreotem ignobilis oti ; Garmina qui lùsi pastoruiii, audaxque juventa, Tityre , te patuUe cecini sub tegmine fagi.
Là surtout on aime à relire ce distique fa-' meux :
Mantua me genuit, Calabri rapiiere, tenet nunc Parthenope. Cecini pascua, rura, duces.
On se rappelle, on répète avec transport quel-» ques vers du poète fc'est le plus digne homT mage qu'on puisse rendre à s^ mémoire) , Fat* trait du lieu leur prête encore un coloris nouveau , et cet amas de pierres , qui occupe si peu de place, s'agrandissant au gré de l'i-^
' (i) L'intérieur du sépulcre est une cellule construite dans ce genre de maçonnerie que les Romains appelaient opits reiiouiaium. L'urifie cinéraire du poète y demeura intacte jusqu'au commencement du XIV* siècle. Depuis cette époque elle a échappe à toutes les recherches.