‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 12 sur 38 · LETTRE A MADAME · texte numérisé non relu

LETTRE A MADAME

Naphs t janvier x-Sa^«

Tout ce qni.eDtourcic Tulcan rappelle l*CDfer , et les descriptioDs des poètes soDt sans doute eni-' pnintées de ces lieux : crest là «(uc l'oo confit comment les hommes odI cru à rexistçnce d*un gcoic malfkisaDt qui coatrafiaiC les deaseioa de U Providence.

Madame dk Staël, Corinne,

Lorsque je qi^itlai Paris ^ il y si maintenant dix mois, vous me fîtes promettre, madame et amie^ que je vous enverrais, de INaples^ le récit détaillé de mon ascension au Vésuve r vous daignâtes joindre àiCçtte deixiandè les avis les. plus affectueux, pour ra'iijviter à restreindre, ma cyriosité. dans Içs. limites de la> prudence. .Je n'ai point oublié ma promesse ,t car c'est pour la'remplir que je vousiécrisau*. jaurd'hui ; miiis , il ,fa,ut qqe je l'avoue , je n'ai pas été aussi fidèle, à vos sages conseils , et j ai

aoa LE visuvE.

failli payer de ma vie nn essor un peu téméraire. Cependàfat que ce début ne vous cause pas Irop de frayeur ; cette lettre vous prouve que je suis saifl et sauf, et je votts prie en grâce de me pardonner le péril que j'ai couru.

Nous partîmes le ^3 au matin pour la conquête du yésuve , après un déjeuner substantiel , indispensable préliminaire d'une entreprise de cette nature. Nous formions une joyeuse caravane de dix personnes, dont deux jeunes demoiselles de Lyon avec leur père y et deux domestiques : tout ce monde fut réparti dans cinq corricoli; mais il faut au préalable que Vous? sachiez de que c'est qu'un ùàrfitotô.

Dé mèttié 4ae léà goiïdoleâ figit^etit par Mi lej^ curiosités de Venise, le côrricolô peut édùïpter pôut- uùe défs âihgularrtés de TTapféS, Si Vbus tf avez pas: vu le jolî destin' qUe tïàxià éû a doïiné ïe ci^orn spirituel de Câtlie Yèi'rfèt, f épréséiitéz-vous uhe' sorte de tilbury en formée de côqfûille, d'appai^encé si légère et si fragife, 4n'H semble devoir v^et eh éolat^ au moindre* chht. Cet esquif roulant est enjoftvé de do»

LE visuv£« ao3

rures qui lut donnent une certaine élégance ; le petit chévâl qui le traîne a des harnais tout couverts de clous dorés; il porte sur la tête un panache de plumes ou de feuillage. A voir Tencolure chétivè de ce coursier,' si bièti as-* sorti à la voiture , et ÈrôUrri dWdinaire avec kl plus stricte parcimonie , vous jugeriez que àott itiince équipage est encore trop pesant pour ]ui< Il part : dans son ardeur il dévore l'espace ; l'œil a peine à le suivre sur les larges dalleâ^ de lave dont Naple^ esrt pi^vee. Le ôon** ducteur,- gfimpé derrière \sL frêle ndâchine, d'une tôtfiii tient les rênes an^dess^iis dé ta têw de çenx qu'il conduit, ef de l'autre agite un long fauel. La coquille Sn corricolo eonti^rit à peiné déixiù personnes; ri rfest pas rare pour-' t^Mt de veir jusqu'à cinq el sfîis làaÀs^roni j^^ cités stfr ces phaétons, dedans, derrière, oui àkème mit les brancards^, sans pitié pour le pdkvtt^ chevai Le corricolef m'amuse^^ et sou-* ^eM je n^'e» sers; ce plaisir peu dispenfdîeutt e^ raÉaireide quelqiied carlîns' (i). Je teux

(i.) Le carlin équivaut à 43ceaiiines de notre inonoaie«

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