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chéris dont la présence eût adouci Tamertume de tes derniers momens! Quelle dut être l'angoisse de ton agonie ! Oui , il est des épreuves trop fortes^ . contre lesquelles toute résignation échoue. £t peut-être une main criminelle?... O mystère que je voudrais et que je tremble d'approfondir!
<K Ne pouvant supporter davantage l'aspect de cette chambre homicide , je me hâtai d'en sortir , et je me fis conduire au cimetière. Sur la montagne de Radicofani est le village du même nom , misérable bourgade s'il en fut jamais. On y trouve un viebx fort ruineux qui sert de limite entre la Toscane et les états romains, un poste de douaniers, et une petite chapelle isolée. Ce lieu élevé ^ est sans cesse battu par les vents; la vue se porte au loin sur un chaos de montagnes d'un effet triste et sauvage.^ Une grossière croix de bois , plantée sur une terre fraîchement remuée,. m'indiqua la place où gisaient les restes du malheureux Eugène. Que vous dirai-je ? Je consultai les autorités du pays ; mais j'eus affaire à des ignorans, et, qui pis est, à des indifférens. Je i^'eus
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aucun édairdftsemeat sur les ciroonstatictt de la mort àé mon frère ! je n'obtins qùd là permission de faire transporter son corps tdans k chapelle. Il y repoàe sous une simple pierre« I^s une larme n'esi versée, ^n ne )K)a65e point de sonpirs sur cette sépulture modeste et ignorée, que le voyageur fotde auic pieds sans Tapercevoir : seulement, dans les nuits pluviôses de l'hiver, quand l'aquilon gémitsourdement autour de la chapelle, j'aime à me figurer que ce sont les gémissemens de la nauire elle-même sur la tombe d'un homme
de bien.
« La nouvelle de ce trépas funeste, répandit une horrible consternation dans les deux familles. Il n'y a pas d'expression pour peindre le désespoir d'Amélie. On craignit pour ses jours , on craignit pour sa raison. Si elle n'eût pas été mère, nous ne l'eussions pas conservée. Le sentiment de l'amour maternel a pu isenl la rattacher à la vie; mais elle n'est plus que Tombre d'elle-même; cette tendre fleur de beauté a passé sans retour.
« IVous sûmes depuis que le banquier de
florenoe airaît donné àeiatt tmlte'fr&ncs kittcni fr^, lors de son départ ^w Rome. Le tnédecia qui Tavait soigné témoigna en outre beaucoup desnrprise en apprenant eetteinov^.
Il FaTatt préirUe en effet ^ mais non pour une époque aussi rapprochée. Si je n'eus pas la conviction que la ¥le d'Eugène arait été abrégée, j'eus, vous ie Toyez, plus d'un motif pour le croire. Je fus certain , du moins , qull avait été volé, et en Italie le toI et Tassa ssinat se touchent de près ; mais cela était difficile à prouver dans un pays oii malheureusement la loi impuissante laisse trop souvent l'impunité au crime .
Ici le Français termina son pénible récit. Il vit que nous étions sincèrement touchés, et nous en remercia avec effusion. Cet événement déplorable me fit une impression vive :
son souvenir mêla quelques teintes mélancoliques aux charmans tableaux que la nature présente siu* la route que nous parcourions.
J'y songeais le lendemain , quand*nous traver<sâmes dans un esquif le lac mémorable de
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Trasimène , et Annibal et les Romains y pei> dirent la déclamation obUj^ée ; j'y pensais encore quelques jours après j à Florence , en faisant ma promenade solitaire dans les ravissans jardins du palais Pitti. Je ne sais si je m'abuse sur l'intérêt touchant de cette anecdote; mais je voudrais bien , en la rapportant ici, avoir communiqué à mon lecteur une par* tie des sensations que me fit éprouver le récit de mon compagnon de voyage.
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